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La Turquie est immortelle
<B>Par Yannick GUITON</B>
La Turquie est décidément bénie des dieux ! Après la Suisse (de 0-1 à 2-1) et la République tchèque (de 0-2 à 3-2), les Turcs ont réalisé un nouveau miracle vendredi face à la Croatie. Menés 0-1 à la 119e minute durant les prolongations, ils ont égalisé à la dernière seconde avant de remporter la mise aux tirs au but (3-1). Ils confirment, du coup, leur légende naissante d?équipe qui ne meurt jamais.
Il ne faut pas accorder trop d?importance aux impressions du premier tour. Le passage en quarts de finale est une toute autre paire de manches. L?Allemagne l?avait rappelé jeudi en renvoyant à la maison des Portugais trop sûrs d?eux (3-2). Vendredi, la Croatie, l?une des révélations de la phase initiale, l?a appris à ses dépens.
Les Croates étaient bien loin de leur démonstration face à la Mannschaft (2-1). Trop brouillons et timides offensivement. Comme si le costume de favori était trop grand pour eux. Au final, ils n?ont plus que leurs yeux pour pleurer.
Les Turcs, eux, n?ont pas changé, avec leur caractère et leur conviction que chaque seconde vaut une autre seconde, fût-elle la dernière. Et cela malgré les absences de plusieurs cadres : Volkan, Aurelio, Servet. C?est cette constance qui leur a permis de revenir de l?enfer par trois fois. Une performance qui présage des lendemains qui chantent pour les hommes de Fatih Terim. La Grèce n?en disait-elle pas autant en 2004 avec ses certitudes défensives et ses scenarii invariables ?
La Turquie intègre ainsi donc le dernier carré d?une compétition internationale pour la deuxième fois de son histoire, après sa demi-finale au mondial 2002 contre le Brésil. Elle affrontera l?Allemagne et son réalisme glacial mercredi. Une formation avec un passé de briseuse d?équipes romantiques (Hongrie 1954 ou encore Pays-Bas 1974).
Mais est-ce que les Turcs pourront ajouter une nouvelle ligne à leur formidable odyssée ? Pas sûr.
Car, primo, les Allemands ont trop bien maîtrisé leur quart de finale contre les Lusitaniens. Secundo, il ne doit pas rester beaucoup d?énergie dans le moteur turc. Enfin, tertio, la théorie du miracle permanent n?existe pas en soi. Reste maintenant à savoir quand.
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