Publicité

Rama Sithanen répond aux critiques

22 juin 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

D?humeur malicieuse, Rama Sithanen, s?est adressé à la presse pour revenir sur son discours budgétaire. Et il en a profité pour répondre aux critiques et autres points soulevés par ses détracteurs, avec une teinte d?ironie à chaque fois. Rama Sithanen a, dans la foulée, énuméré les prochains défis auxquels le pays aura à faire face dans un proche avenir. En précisant toutefois : « Je ne suis ni magicien ni illusionniste, encore moins un savant ou un sauveur. »

Mais avant de répondre à ses détracteurs, Rama Sithanen a mis les points sur les « i » : « Toutes les personnes qui suivent la politique, de même que les observateurs indépendants sont unanimes : c?est un excellent budget qui a su trouver un équilibre entre l?économique et le social. » Facétieux, il en a profité pour évoquer ces syndicalistes qui ont tenu à se faire photographier, trinquant en sa compagnie, après le discours budgétaire. « D?habitude ils boudent cette réception. Je pense que cette image veut tout dire. »

<B>Des décisions judicieuses</B>

Puis, Rama Sithanen s?est embarqué dans une séance de contre-attaques, « de bonne guerre ». « D?abord, la réflexion selon laquelle j?étais obligé de lâcher du lest. Notre économie était malade. Et comme tout patient, il faut une séquence avant la guérison. Ce traitement nous a permis d?avoir un early harvest et aujourd?hui un bumper crop. » En conclusion à ce volet, Rama Sithanen a tenu à rappeler que les élections ne se feront pas avant 24 mois, contredisant ainsi les déclarations du leader de l?opposition.

Le ministre des Finances s?en est ensuite pris à ceux qui évoquent les « oubliés du budget », comme la question de l?insécurité ou encore celle de la santé. « La première ébauche de mon discours budgétaire faisait 25 000 mots, soit trois heures. C?est un choix que j?ai fait de livrer un discours plus concis. Mais tout y est », a-t-il déclaré en citant à profusion des mesures concernant la police ou la santé.

Autre critique à laquelle le ministre des Finances a tenu à répondre, la déclaration selon laquelle il avait une marge de man?uvre. « Bien sûr que je l?ai ! Mais nous avons travaillé dur pour y arriver. Et ce, malgré le fait que nous ayons obtenu Rs 2 milliards en moins de l?Union européenne. Sans compter les Rs 750 millions de la Campement Tax dont l?affaire est en cour. » Cette performance, Rama Sithanen l?attribue à des décisions judicieuses prises au bon moment, et par le biais de la réforme.

Quant à la décision d?investir Rs 3 milliards dans trois fonds, soit pour l?éducation, la sécurité alimentaire et le développement durable, Rama Sithanen défend cette initiative comme étant une idée tournée vers l?avenir. « C?est l?investissement d?aujourd?hui qui déterminera la croissance de demain », a-t-il tenu à souligner.

Et c?est ce genre d?approche qui a permis d?inverser la tendance des indicateurs économiques, auparavant dans le rouge, a-t-il rappelé. Toutefois, Sithanen a quand même concédé qu?un des indicateurs est difficilement contrôlable : la question des prix et de l?inflation.

Les ambitions du gouvernement</B>

D?ailleurs, le ministre des Finance a identifié ce sujet comme étant un des défis auxquels le pays sera confronté bientôt, de même que les effets de la récession menaçante au niveau mondial. « Grâce aux mesures que nous avons prises, la Food Price Inflation n?est que de 15 % à Maurice, alors qu?elle gravite autour de 30 % ailleurs dans le monde. » Et de mentionner aussi les ambitions du gouvernement de diminuer notre dépendance sur les sources fossiles d?énergie.

Finalement, Rama Sithanen a annoncé une conférence de presse uniquement axée sur la question du combat contre la pauvreté extrême, notamment dans la foulée de l?identification des 7 000 familles composant les différentes poches de pauvreté à travers l?île. Citant le magazine The Economist, il a rappelé, en conclusion, que « définir la pauvreté est difficile. La combattre l?est encore plus ».

Publicité