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Gardienne de l?excellence

21 juin 2008, 00:00

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Le Mauritian Quality Institute (MQI) n?a de ronflant que son nom puisqu?il n?occupe qu?un bureau de deux pièces au bâtiment Jade Court à Port-Louis. Et question personnel, c?est assez mince. En effet, Mohinee Napaul, la directrice du MQI, n?est épaulée que par une secrétaire et un homme à tout faire. Cette quadragénaire habitant Bambous reconnaît qu?elle a des journées plus que remplies et qu?elle ramène du travail à la maison en soirée. Elle s?y met même les jours fériés. «C?est vrai qu?il y a un manque de ressources ici. Que c?est un peu un one and only concept. Que le nom de l?institut paraît bien grand pour trois employés. Que mon rôle dépasse largement le descriptif de l?emploi qui est any cognate duties. Ce qui veut dire tout et rien (rires). ça, c?est une façon de voir les choses.»

Sa seule parade à cet état des choses est un amour démesuré pour la gestion. «D?un autre côté, j?adore mes responsabilités. Je suis la maîtresse des lieux. Je suis écoutée par le conseil d?administration et la majeure partie du temps, on approuve ce que je fais. Il n?y a pas de quoi se plaindre.»

Cette cadette de quatre enfants dont le père a été président du conseil de village, se destinait à une carrière d?avocate en terminant sa Form VI au Collège Lorette de Port-Louis. «Dans la famille, nous avons toujours eu la parole facile.» Ce sont les finances qui l?orientent vers une autre filière ? le business management ? qu?elle étudiera en Grande-Bretagne.

<I>« J?avais entrevu les problèmes qui allaient survenir dans le textile et le MQI m?apparaissait plus prometteur du fait qu?il allait s?occuper d?un plus grand nombre de secteurs.»</I>

«Mes parents ont bien trimé pour m?envoyer étudier à l?université de North East London.» Pour subvenir en partie à ses besoins, Mohinee travaille dans des supermarchés. Très intéressée par la gestion, elle décroche sans peine sa licence, en peaufinant ses aptitudes en relations publiques par un cours à mi-temps dans la même université.

Ne voulant pas s?arrêter en si bon chemin, elle opte pour un cours en Advanced Management à l?université d?Oxford cette fois. «La licence était plus académique alors que le cours intensif était la mise en pratique des concepts du management que nous avions appris.» C?est, dit-elle, par patriotisme et du fait que sa famille lui manquait, qu?elle regagne le pays. On est à la fin des années 80. En 1991, elle trouve un emploi dans l?équipe de management d?une usine de textile.

Un an plus tard, elle fait son entrée à la défunte Mauritius Export Processing Zone Association devenue la Mauritius Export Authority. Censée être responsable de l?administration et des ressources humaines, elle est vite incitée par Danièle Wong, la directrice, à assumer d?autres responsabilités. Je dois beaucoup à Danièle Wong qui m?a propulsée en m?impliquant dans les projets de la MEPZA.» C?est ainsi qu?elle prête main forte dans l?organisation de conférences et de séminaires et qu?elle effectue de nombreux déplacements à l?étranger

À partir de 1992, la MEPZA, dont le conseil d?administration est présidé par Lindsay Descombes, innove avec les Oscars de la Qualité pour le secteur textile, qu?elle ouvre ensuite aux autres secteurs. Les bases de l?Institut de la Qualité sont ainsi jetées. En 2003, il devient impératif de séparer les deux entités et les employés ont alors le choix de rester à la MEPZA ou d?aller au MQI. Mohinee préfère la seconde option. « J?avais entrevu les problèmes qui allaient survenir dans le textile et le MQI m?apparaissait plus prometteur du fait qu?il allait s?occuper d?un plus grand nombre de secteurs.»

C?est ainsi qu?elle est nommée directrice du MQI, organisation privée avec 150 affiliés. Son rôle est de proposer des normes d?excellence aux entreprises pour qu?elles améliorent leur gestion et leur efficience. «On ne dit plus qualité, on dit excellence. On a évolué avec le modèle américain. C?est mieux d?être calqué sur l?international car cela nous permet d?être plus performants. Et il faut choisir les meilleurs modèles. L?excellence brasse tout, les systèmes qui doivent être transparents au sein de l?entreprise, l?attitude des employés, de même que le concept de responsabilité sociale.»

Mohinee a vu les normes du MQI acceptées par plusieurs ministères dans la Fonction publique et à l?Independent Commission against Corruption. «Et plusieurs corps para-étatiques sont intéressés par les prochains Oscars de la Qualité. C?est une reconnaissance des entreprises qui amènent de la valeur ajoutée à l?économie et une motivation pour les autres entreprises.»

Mohinee est agréablement surprise de voir qu?avec la pression de la globalisation et de la compétitivité, il y a un intérêt plus accru pour l?amélioration des systèmes dans le privé. «C?est progressif mais ça vient. Cela dit, il y a encore du chemin à faire. L?orientation marketing doit être plus poussée mais l?intérêt est là. Nous au MQI, nous ne pouvons venir imposer tout à la fois. Il faut fixer des objectifs et voir les résultats.»

Ce qui lui plaît le plus dans ses responsabilités, c?est l?aspect recherche. «Avant de m?atteler à une évaluation d?entreprise, je surfe beaucoup. Et puis, il y a un côté relations publiques que cette responsabilité génère et qui est très intéressant. Finalement, partout où je passe, on me déroule presque le tapis rouge», ajoute-t-elle en riant. Vu l?étendue de ses connaissances, elle aurait pu se mettre à son compte en tant que consultante. «En brassant large, c?est-à-dire en m?occupant de différents secteurs, j?ai l?impression de contribuer au développement du pays. De plus, je trouve très créatif et innovateur d?être dans le privé. Mais si je compare au PRB? (rires) »

Malgré sa somme de travail, Mohinee fait de gros efforts pour équilibrer sa vie professionnelle et sa vie familiale sans négliger la famille élargie. « La source de ma force est l?enracinement familial. Je crois réussir à harmoniser travail et famille ». En voilà une qui a bien de la chance?

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