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Ile Maurice indépendante mais moins les Chagos
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Ile Maurice indépendante mais moins les Chagos
Une étude plus approfondie du rapport du comité parlementaire restreint, chargé de faire la lumière sur l?excision des Chagos du territoire mauricien et sur la connivence des ministres du PTr, du PMSD, du CAM et de l?IFB, ayant participé au Conseil des ministres du 5 novembre 1965, officiellement acceptant cet ignoble démembrement territorial, imposé par chantage par l?Angleterre colonialiste, permet de se rendre compte que l?ampleur de la trahison de ces ministres est encore plus grande que ce qu?on pense généralement.
Il se trouve que dans leur souci apparent de ne déplaire en rien aux exciseurs colonialistes au pouvoir, à Londres comme à Washington, les ministres de novembre 1965, tous partis politiques confondus, n?ont même pas songé à préserver nos intérêts économiques, notamment en termes de droits de pêche et d?exploitation d?éventuelles nappes pétrolifères. Le communiqué du 19 novembre 1965, transmis par Londres au gouvernement mauricien, sous la rubrique UK/US Defence, précise, en effet, qu?il ne saurait être question de permettre aux autorités mauriciens de procéder à des travaux de prospection pétrolière ou minérale aux Chagos ou au large des îles de cet archipel. Aucune question d?ordre économique ne peut, par conséquent, être soulevée tant que les Anglais, ou plus exactement les Etats-uniens, auront besoin des Chagos pour la défense de leur impérialisme planétaire.
En septembre 1965, les trois leaders politiques Ramgoolam (PTr), Razack Mohamed (CAM) et Sookdeo Bissoondoyal (IFB) ont seulement et humblement réclamé en échange de leur plein consentement (i) un accord de défense avec l?Angleterre, accord ayant servi une seule et unique fois, après les bagarres raciales de janvier 1968 ; (ii) des négociations anglo-mauriciennes si jamais la situation intérieure d?une île Maurice indépendante (mais moins les Chagos) l?exigent ; (iii) une compensation de £3 millions à l?Etat mauricien en sus de toute compensation à accorder individuellement par Londres à tout Chagossien ignominieusement déraciné et expulsé de son île natale et ancestrale ; (iv) Londres userait ses bons offices auprès de Washington pour faciliter l?entrée de produits mauriciens, dont le sucre, sur l?immense marché Etats-unien ; (v) les Mauriciens auront préférence sur les autres peuples quand il s?agira de recruter des travailleurs pour construire une base militaire américaine à Diego Garcia ; (vi) les Etats-uniens installés à Diego Garcia accorderont, dans la mesure du possible, aux autorités mauriciennes, des facilités d?ordre météorologique, de navigation aérienne et maritime, de droits de pêche, d?utilisation de la piste d?atterrissage de Diego Garcia par des avions en détresse, (vii) le retour des Chagos à Maurice si Londres et Washington n?ont plus besoin de cet archipel et (viii) la restitution à Maurice des bénéfices de toutes découvertes minérales pétrole compris.
Ces conditions sont formulées du bout des lèvres, à Lancaster House, en septembre 1965, par les ministres Ramgoolam, Duval et Mohamed. Mais Londres se garde bien de les ratifier, dans son communiqué du 19 novembre 1965. Cet oubli ne soulève pas la moindre protestation de la part des autorités mauriciennes. L?indignation du comité parlementaire restreint est telle qu?il n?hésite pas à parler alors de collusion directe et même de complaisance. Son indignation couvre, bien sûr, les quinze années de mensonges répétés, à l?effet que les ministres de 1965 n?étaient au courant de rien, que tout s?est tramé, à Londres, à leur insu et qu?ils ont été mis devant le fait accompli, alors qu?ils ont trahi en connaissance de cause, les Mauriciens en général et les Chagossiens en particulier.
Il va de soi que l?absence totale de réactions mauriciennes vingt-cinq après la déposition officielle à l?Assemblée législative du rapport du comité parlementaire restreint de juillet 1982-juin 1983, présidé par Jean-Claude de l?Estrac, prouve une seule et triste chose : nous, Mauriciens de 2008, ne valons guère mieux que ces traîtres de ministres de 1965 qui ont sciemment et volontairement consenti à céder à des colonialistes Anglais et Américains l?archipel des Chagos et n?ont pas hésité à sacrifier sur l?autel de notre Indépendance politique nos frères et s?urs chagossiens. Ce seul fait suffit à transformer la date annuelle du 12 mars en un jour de deuil national, en attendant que les Chagossiens puissent retourner vivre sur leurs îles ancestrales, si tel est toujours leur désir.
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