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Avec un sucre ou deux ?
C?est un métier aussi vieux que couper la canne à sucre ou cueillir le thé. Mais on en parle peu. La cueillette du café existe depuis l?occupation coloniale dans les vastes plaines de Chamarel où la compagnie La Flèche Limitée cultive les caféiers sur plusieurs hectares. C?est de là-bas que vient le fameux café Chamarel.
Un vent glacial balaie la plantation. Mais les rayons de soleil caressent heureusement la peau et réchauffent l?atmosphère. Quelques voix féminines semblent sortir de nulle part. Mais Renéa L?intelligent et sa copine, Marie-France Ramday, sont bien présentes Elles sont quelque part dans les caféiers qui arrivent à hauteur d?homme.
La cueillette se fait dans une bonne ambiance. Les grains écarlates remplissent tous les arbrisseaux, mais faut avoir le doigté. Seules les baies rouges sont cueillies. «La cerise», disent-elles, dans leur jargon. La concentration est de mise, mais ce n?est pas pour autant qu?on ne peut pas bavarder entre copines. C?est pour faire passer le temps, c?est-à-dire la journée, qui commence à 4 heures du matin et qui se termine vers 11 heures.
Ces dames, protégées d?un fichu ou d?une casquette semblent avoir pratiqué la cueillette toute leur vie. Les grains sont détachés des tiges avec dextérité pour remplir un sac attaché à même la ceinture. «C?est une question de patience», dit Marie-France Ramday. Il en faut pour récolter 40 kilos de café quotidiennement. C?est le début de la récolte, mais dans quelques semaines ce sera plus facile au moment du triage. Mario Coiffic, le responsable de la société, est d?avis que cette année la récolte sera moyenne, c?est-à-dire, dans les 30 tonnes, mais normalement c?est 70 tonnes de café que la compagnie récolte chaque année.
Un arôme spécial
Dans la plantation, les femmes comme les hommes connaissent bien leur métier. Il faut bien compter sur Roger Lecordier pour élaguer les caféiers sinon ils deviendraient immenses. C?est aussi un moyen d?augmenter la production et d?éviter de mauvaises surprises à ces dames. «Ou kone kouma gagn dimal kan mouzonn pike? En hiver li pa enfle me li senye». Renéa L?Intelligent a eu de mauvaises surprises dans ces champs où poussent trois variétés de café : la libérica, la robusta et la fameuse arabica. C?est cette dernière qui est la plus répandue à Chamarel car le goût est meilleur.
La nature fait bien son travail. Les grains ne mûrissent pas tous en même temps. C?est pourquoi, si, au début de la récolte ils ne sont qu?une dizaine d?employés, à un moment donné, ils seront une bonne cinquantaine dans la plantation. Et le travail ira plus vite. L?ambiance sera plus chaude. Ce breuvage local ira au fond d?un filtre à café mais fera quand même le bonheur de ceux qui le cueillent et de ceux qui ont bien besoin d?une bonne tasse de café pour se réveiller le matin ou qui travaillent tard le soir. Sans oublier ceux qui adorent cet arôme qui chatouille agréablement leurs narines...
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