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Le fiasco tricolore

19 juin 2008, 00:00

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De Benzema à la berezina, ainsi pourrait-on résumer le parcours des Bleus à l?Euro 2008. L?équipe de France était arrivée en Suisse pleine d?espoirs et nombreux guettaient l?explosion internationale de Benzema ? comparé un peu vite à Zidane et Ronaldo en même temps, mais elle est rentrée chez elle avec un statut écorné et une valise pleine de buts.

Six marqués, un encaissé, aucune victoire, c?est le bilan famélique des Bleus. Pourtant, tout le monde est persuadé qu?il y avait bien mieux à faire avec autant de joueurs de classe internationale pour constituer un onze compétitif.

Trezeguet, Ben Harfa, Mexès, Flamini, Clichy, la liste des bannis est longue. Encore fallait-il que le principal intéressé daigne les voir, mais ce dernier a préféré cultiver une image antipathique, provoquant sans arrêt les médias allant jusqu?à demander sa future femme en mariage mardi soir au lieu de faire son auto-critique, tournant décidément tout en dérision, comme pour mieux masquer ses erreurs?

Mais, au fond, tous ces joueurs auraient-ils pu suffire contre l?Italie ? Pas sûr. Il semble que le mal est plus profond au sein du onze tricolore. La France patauge depuis trois ans au niveau du jeu. Il lui manquait un vrai guide, quelqu?un qui fasse jouer la France sur ses qualités offensives au lieu d?être obsédé par le fait de ne pas prendre de buts. La recette de 2006 n?allait pas marché à tous les coups. Il fallait résister à l?envie de bétonner derrière en pensant aux vieux souvenirs de 1998.

Le visage actuel de l?équipe de France dans cet Euro confirme que le Mondial 2006 était surtout le baroud d?honneur des anciens bleus Zidane, Makelele et Thuram, revenus de leur retraite pour arracher la qualification et conduire leur équipe jusqu?en finale. Depuis 2005, on n?a rien vu, ou presque, de nouveau. Les éliminatoires de l?Euro furent poussives dans un groupe peu relevé.

L?usure physique et la dure saison de cadres comme Henry, Coupet, Gallas, Thuram et Makelele, ainsi que la baisse de forme de Malouda et Anelka ont constitué une vraie bombe à retardement. Le sélectionneur n?a pas su prévenir ces défaillances. Même s?il est facile d?être ?wise after the event? aujourd?hui, il ressort que le niveau du groupe C était trop élevé pour le groupe constitué par Domenech. Il n?y avait pas de Togo pour se racheter cette fois-ci?

Mais le palmarès des Bleus, qui restaient sur trois finales en cinq grandes compétitions ( !) avait fait miroiter un nouveau miracle chez les supporters. Espoir rapidement balayé par l?insipide 0-0 contre la Roumanie et la démonstration batave. Le feu d?artifice italien ne faisant que conclure le fiasco tricolore.

Le meilleur joueur actuel, Franck Ribery, est plus un Giresse qu?un Platini. Les autres jeunes pousses n?ont pas encore atteint la maturité. Depuis 1978, il faut savoir que la France n?a jamais évolué sans un vrai meneur de jeu (Platini ou Zidane) sauf en 1992 (Euro en Suède) et en 2008, avec deux éliminations au premier tour à la clé. Sans numéro 10, la France n?avance pas. Ce n?est pas nous qui le disons, c?est l?histoire qui l?a confirmé mardi dernier à Berne.

Le moral des Français est justement en berne lui aussi. La défaite contre l?Italie était tellement cauchemardesque qu?il n?y a presque rien à expliquer. La Squadra Azzurra a parfaitement joué le coup et a su profiter de tous les coups de pouce du destin, elle qui n?avait pas été vernie jusque-là (but hors-jeu de Van Nistelrooy et but refusé injustement contre la Roumanie).

Mais depuis 2006, le vent a tourné entre Azzurri et ?Francesi?. Les nostalgiques de l?époque Zizou doivent se réveiller, même si c?est dur. Il ne sert à rien de ressasser le passé. Il faut préparer la Coupe du monde 2010 et il y a un important vivier tricolore qui ne demande qu?à être exploité. Pour cela, il est urgent de se débarrasser du passé. C?est plus dans les cordes d?un Didier Deschamps que d?un Raymond Domenech. A la FFF de trancher sans plus tarder.

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