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Documents accablants et vil chantage anglais

19 juin 2008, 00:00

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LE comité parlementaire restreint, chargé de faire la lumière sur l?excision arbitraire des Chagos du territoire mauricien, rejette la thèse de Seewoosagur Ramgoolam et de Veerasamy Ringadoo, selon laquelle ils n?ont jamais été en présence d?un document faisant état de cela. De même, ils allèguent l?absence de tout procès-verbal à ce sujet.Il se trouve que le comité restreint parvient à mettre la main sur le procès-verbal d?une réunion, tenue à Lancaster House, le 23 septembre 1965, en présence d?Anthony Greenwood, le secrétaire d?Etat aux Colonies de l?époque. Participent à cette réunion Ramgoolam, Mohamed et Bissoondoyal. S?ajoute à ce procès-verbal un communiqué du Bureau des Colonies, en date du 6 octobre suivant. Ce document précise que ces ministres approuvent le procès-verbal du 23 septembre précédent et qu?ils donnent leur consentement à l?excision des Chagos. Le troisième document est l?irréfutable procès-verbal de la réunion du conseil des ministres du 5 novembre 1965. Le comité restreint condamne, par conséquent, l?attitude de senior ministers travaillistes niant l?existence de tout document écrit relatif à l?excision arbitraire des Chagos du territoire mauricien. Il est incontestable que le Conseil des ministres de cette date consent au vil démembrement du territoire mauricien.

De même, il rejette la thèse de dirigeants travaillistes et de l?IFB à l?effet qu?ils ignoraient tout d?une quelconque participation des Etats-Unis au détachement des Chagos. Il paraît évident à ses membres qu?on savait, dès novembre 1964, les Américains concernés par cette magouille. La lettre de Tom Vickers en fait foi. Il existe, en outre, plusieurs indications très précises quant à cette implication américaine. Le comité restreint condamne véhémentement cette volonté délibérée d?induire en erreur l?opinion publique mauricienne.

Le comité restreint arrive ensuite à l?odieux chantage exercé par les Anglais pour forcer la main aux travaillistes à ratifier l?excision des Chagos du territoire mauricien. Seewoosagur Ramgoolam soutient qu?à Lancaster House, les Anglais lui ont bien fait comprendre que sans cette excision il n?y aurait pas d?accession de Maurice à l?indépendance. Il refuse cependant de parler à ce propos de chantage (L?on peut se demander pourquoi).

La thèse de Gaëtan Duval diffère quelque peu de celle de Ramgoolam. Au dire du leader du PMSD, les Anglais menaçaient Ramgoolam d?organiser un référendum sur le projet d?Indépendance en cas de refus de consentir à l?excision. Il se peut que les résultats d?un référendum pour ou contre l?indépendance n?auraient pas été les mêmes que ceux des législatives du 6 août 1967. On peut supposer, en effet, la probabilité d?un pourcentage de votants travaillistes, à ce scrutin, opposés à l?Indépendance mais peu désireux de donner le pouvoir politique à un PMSD, défendant surtout les minorités et ayant prôné le « malbar nous pas lé », en 1963.

Interrogé à ce propos, Harold Walter se contente d?avancer qu?en cas de refus de céder les Chagos aux colonialistes anglais l?octroi de l?Indépendance à Maurice aurait simplement pris du retard (N.B. : C?est oublier également que, depuis les rapports Titmuss et Meade, prédisant la faillite inéluctable de l?économie mauricienne, les Anglais souhaitaient se débarrasser au plus vite de sa colonie indocéanique de Mauritius, aux habitants si peu anglophones, majoritairement créolophones et francophones et originaires de l?Inde. D?où l?indifférence totale sinon ironique avec laquelle les Anglais accueillent, entre 1965 et 1967, la revendication du PMSD d?une intégration de Maurice à la Grande-Bretagne pour contrer le projet travailliste en faveur de l?indépendance de Maurice. Il faut se souvenir qu?à l?époque, et aux Nations unies, l?Union Soviétique accuse l?Angleterre de colonialisme. Elle la presse de rendre Maurice à ses premiers...habitants. Les dodos, sans doute).

C?est donc en connaissance de cause que le comité parlementaire restreint, se reposant principalement sur le procès-verbal du Conseil des ministres du 5 novembre 1965, conclut que les îles Chagos furent arbitrairement excisées du territoire mauricien, avec le plein accord des ministres de la coalition de l?époque, composée du Parti travailliste, du PMSD, du CAM et de l?IFB. Il est donc faux de soutenir que nos dirigeants politiques de 1965 ne sont pour rien dans cette flagrante trahison à l?égard de la population mauricienne et de nos frères et s?urs chagossiens, lâchement sacrifiés sur l?autel de notre Indépendance et qui attendent toujours des excuses officielles à ce sujet. Il est peut-être temps encore de réparer l?ignominie commise à leur égard, tant avant qu?après l?Indépendance. Ils n?ont jamais mérité le sort peu enviable d?être abandonnés sur un quai après leur douloureux déracinement de leurs îles natales et ancestrales. Même les réfugiés juifs, pendant la guerre 1939-45, eurent droit à une prise en charge, déniée aux Chagossiens.

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