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Ecrivain en herbe
L?amour n?a pas d?âge, dit-on. Le talent non plus. A en juger par les écrits des participants au concours de nouvelles organisé par le British Council et le ministère de l?Education. La gagnante de la catégorie senior est Ayman Peeroo, 17 ans, étudiante en Lower VI au Rajcoomar Gujadhur State Secondary School.
Les participants au concours venant d?une cinquantaine de collèges de l?île devaient écrire une histoire poignante, en anglais. La nouvelle devait tenir en environ 2 000 mots? Poignante, l?histoire imaginée par Ayman l?est certainement. Son histoire est celle d?une fille de seize ans qui a perdu son frère dans un accident. Celui-ci était allé rapporter le porte-monnaie que sa mère avait oublié en quittant la maison. Dès lors, les parents du jeune homme ne cessent de se blâmer. Au point d?oublier qu?ils ont une fille. Pour eux, la vie s?est arrêtée quand leur fils est décédé.
En réalité, son histoire n?est pas toute neuve. Il s?agit de l?extrait amélioré d?une histoire qu?elle a commencé à écrire il y a quelques années de cela. A l?époque, elle ambitionnait d?en faire un roman.
Ayman ? dont le nom signifie unique ? s?est découvert un goût? a été contrainte plutôt, à prendre goût à l?écriture en cinquième. Depuis cette époque, son père lui faisait faire un résumé quotidien du déroulement de chacune de ses journées. Dans le but de développer son écriture et pour mettre un frein aux «reproches» de ses enseignants à l?époque. «Regarde où cela t?a menée aujourd?hui », commente son père. Aujourd?hui, cela donne ce qui suit. «A knock on my bedroom door cut the trail of my thoughts and brought me back to the stark reality. It was my mum? She has lost her smile. There is no more the same love, the same affection, the same concern that used to be in her eyes. They are now full of guilt?»
«Il ne faut pas que les films prennent complètement le dessus sur les livres. Il faut les deux. En tout cas, un livre nous marque plus qu?un film.» </i
C?est presque tout ce que nous pourrons arracher de la jeune fille. Elle ne veut pas tout dévoiler. Souhaitant se baser sur cette histoire pour en faire une plus grande. Ce sera «sûrement après ses examens Higher School Certificate», dit son père. «Ou pendant. C?est normalement quand j?ai des examens que j?ai une plus grande envie d?écrire», rectifie la demoiselle. Ce faisant, elle réalisera un de ses rêves les plus chers. Etant sûre que «les écrivains ont un don spécial : créer une personne uniquement à travers des mots. Un livre, c?est plus que des pages. C?est un long voyage.» D?où son encouragement aux jeunes pour qu?ils prennent goût à la lecture. «Il ne faut pas que les films prennent complètement le dessus sur les livres. Il faut les deux. En tout cas, un livre nous marque plus qu?un film.»
S?agissant du futur, Ayman n?est pas encore fixée sur ce qu?elle fera comme métier. Avocate, enseignante, reporter international, guide touristique, photographe, psychologue?.
L?histoire qui a été primée, Ayman a décidé de l?appeler Black. «Parce que tout y est noir.» Non pas que ce soit son état d?esprit à elle. Ayman, c?est le genre jovial. Spontanée aussi. De cela, démonstration nous est faite très vite. «Eh ! Je vais avoir un prix en français pour la Form V.» Information qu?on apprend en même temps que ses parents. Et oui, la jeune fille est autant à l?aise avec la langue de Shakespeare qu?avec celle de Molière.
Un autre de ses rêves serait de faire «un très beau discours sur un sujet où tout le monde serait contre moi au début, mais je réussirais à les convaincre tous à la fin.» Une occasion de le faire semble se profiler à l?horizon. En août, Ayman fera partie du Conseil de Sécurité des Nations unies. La version miniaturisée du moins. Puisqu?il s?agit du Model United Nations.
Que reste-t-il à une fille de 17 ans quand elle a fini «d?écrire, de dormir, de coze riye, et d?agas mo bann kamarad? La lecture». Evidemment. Elle ne se met pas de barrières en matière de style de lecture. Tout y passe. Aventure, suspense, roman d?amour, fiction? Ce qui donne L.J.Smith, Sidney Sheldon ou Danielle Steele? Bien qu?elle ne comprenne pas pourquoi cette dernière «se sent obligée de tuer un des personnages dans chacun de ses livres.» Quant à Harry Potter, le petit sorcier, «c?est honteux, mais je ne l?ai jamais lu. J?ai commencé un tome. Pour arrêter peu après. Et pour ne jamais recommencer.» Elle a tout le temps de s?y mettre.
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