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Une décision qui fait des vagues

18 juin 2008, 00:00

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Une décision qui fait des vagues

On en parle beaucoup dans l?île? Il y a le pour et le contre? Le parti de la minorité, l?Organisation du peuple de Rodrigues (OPR) est résolument contre. Le groupe CRAC anti-drogue et certaines autres ONG ont organisé des marches pacifiques pour dire non à la culture de cette plante dans l?île. Le gouvernement régional, à travers la commission de l?Agriculture, explique que «c?est une exploitation qui rapporte. La culture du tabac est une source de revenus pour l?économie de l?île et cela aura des répercussions bénéfiques sur le porte-monnaie de l?habitant. Nous n?incitons pas les Rodriguais à fumer».

«Fumer, c?est un choix», commente le commissaire de l?Agriculture, Louis-Ange Perrine.

Comment cette plante, qui suscite la polémique, est-elle arrivée dans l?île ? Sa culture date de 1888. C?est sous le mandat du magistrat Colin, administrateur de l?île à l?époque, que le tabac a été cultivé sur une grande échelle. Il a expliqué aux habitants qu?ils pouvaient se faire plus d?argent en l?exportant vers Maurice. La qualité du tabac produit dans l?île était meilleure que celle du tabac de Maurice. C?est ce qui aurait entraîné son boycottage après des années d?exportation vers Maurice.

Durant cette période, elle était sujette à «the tobacco situation in Mauritius», écrit l?historien Alfred North-Coombes.

Outre l?exportation, la consommation dans l?île était «raisonnable», la vente locale étant en hors taxes.

En 1888, Rodrigues exportait 600 kilos de tabac vers Maurice. L?île encaissait alors Rs 300 par année, ce qui était une grosse somme à l?époque. Maurice n?avait aucun souci à se faire pour la production de cigarettes.

Plus tard, la production commença à baisser dans l?île. L?administration décida alors de cultiver le tabac à La Ferme seulement, le climat dans cette localité étant plus approprié à la culture. Le magistrat Colin n?hésita pas à octroyer des baux pour la culture du tabac sur une grande échelle à des particuliers. Etonnamment, l?exportation passa de 3,2 tonnes en 1893 à 16,8 tonnes en 1894. La vente de ce produit a eu un effet immédiat sur l?économie de l?île. Les arrérages de Rs 181 étaient payés à chaque planteur. Quelque temps après, Maurice imposa des frais douaniers de 35 sous le kilo sur le tabac en provenance de Rodrigues.

Cette mesure handicapait le planteur rodriguais face au planteur mauricien qui touchait Rs 160 par arpent de tabac. Le magistrat Colin a alors combattu cette loi qui désavantageait les planteurs locaux. Il eut gain de cause : les frais douaniers furent enlevés. Cependant, toutes les terres qui étaient sous culture de tabac furent taxées : les planteurs devaient payer Rs 120 par arpent annuellement. Cette loi entra en vigueur le 1er janvier 1898.

La récolte devait malgré tout considérablement augmenter. En 1896, elle était de 9 tonnes. En 1897, elle passait à 16,4 tonnes, en 1898, à 39,7 tonnes, en 1899, elle montait à 80,4 tonnes et en 1900, la récolte atteignait 104,3 tonnes.

Par contre, la production à Maurice baissait considérablement. Les autorités imposèrent encore une fois des frais douaniers sur l?importation en provenance de Rodrigues.

Une décision qui eut pour effet de décourager le magistrat Colin et les planteurs locaux. Les années passèrent et petit à petit, la culture du tabac devait disparaître du paysage rodriguais. Aujourd?hui, il n?en reste que quelques rares plants dans quelques cours. Est-ce que la culture du tabac dans l?île connaîtra les beaux jours d?antan ? L?avenir le dira?

Source : The Islands of Rodrigues, by Alfred North-Coombes

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