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A chacun son métier?
Dimanche dernier, lors du point de presse d?après-match entre Maurice et le Cap-Vert, l?entraîneur national du Club M a fait une sortie en règle contre la presse. Ashok Chundunsing a ouvertement décrété que les journalistes présents n?avaient pas le niveau requis lors de l?exercice de questions-réponses avec le directeur technique national (DT N) de la sélection capverdienne, Joao de Deus.
?Les journalistes n?ont pas d?autres questions car c?est leur niveau.? Voilà en gros ce qu?a lancé le sélectionneur mauricien lorsque Joao de Deus a demandé s?il y avait des questions supplémentaires qui lui étaient destinées. Une réponse pleine d?ironie d?Ashok Chundunsing qui a surpris, voire choqué ceux présents et même le DTN portugais.
Poussons dans l?absolu. Même si on décide de lui faire le plaisir de dire que tous les journalistes n?ont pas le niveau requis en football, du moins pas? son niveau. Et alors ? Cela ne lui donne pas, pour autant, carte blanche pour balancer des commentaires de bas étage à l?égard des journalistes. Sauf si Ashok Chundunsing dispose réellement d?une maîtrise intrinsèque dans le genre écrit, ce qui reste à prouver?
Visiblement, l?homme digère mal les critiques qui commencent à fleurir sur son compte. Pour réagir de la sorte, le sélectionneur doit se sentir mal-aimé des journalistes lui qui estime qu?il n?a pas bonne presse depuis qu?il a pris en main les destinées du Club M. Cependant, cela ne peut justifier les propos sortis de la bouche du sélectionneur dimanche à l?égard d?un corps de métier qui, dans son ensemble, agit avec justesse dans l?intérêt public.
De tous temps, Ashok Chundunsing n?a jamais entretenu une bonne relation avec la presse. Personne n?a oublié l?épisode de 1998 aux JIOI de la Réunion. Et depuis, ça n?a pas l?air de s?être amélioré. Ceux qui croyaient que le personnage avait changé avec le poids des années, se trompent lourdement. La manière dont il a rabroué un confrère à une session d?entraînement récemment le confirme.
La communication et lui ne font décidément pas bon ménage. C?est plus qu?une évidence. Lors du point de presse d?avant-hier, il ne s?est, du reste, pas retenu pour apostropher, de manière arrogante, un collègue sur une question banale. Soit, le sélectionneur accepte difficilement les critiques soit il n?a jamais cessé de développer une allergie à tout ce qui touche au journalisme.
Personnage très caractériel, Ashok Chundunsing doit quand même savoir qu?il ne détient pas le livre de la connaissance universelle en matière de football. Il doit comprendre que les autres ne sont pas forcés de partager son opinion.
Et tant qu?il ne l?aura pas compris, il sera toujours en désaccord avec la presse qui, en général, n?est pas là pour lui faire plaisir ou le caresser dans le sens du poil.
Au lieu de s?ériger en donneur de leçons, l?entraîneur national gagnerait plus à s?occuper de la sélection. Il y a du boulot ! Mais on ne lui dira pas comment procéder puisqu?il sait mieux que quiconque ce qu?il faut faire?
Qu?il sache toutefois que les journalistes ne font que leur travail et ne se substitueront jamais à lui. Et, ce ne sont pas des commentaires abusifs et déplacés de sa part qui feront capituler les journalistes.
A chacun son métier, et les vaches seront bien gardées !
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