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Le droit de la force

17 juin 2008, 00:00

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<B>Par Raj MEETARBHAN</B>

Il ne faut pas se faire d?illusion sur une avancée des négociations sur les territoires confisqués de Maurice. Les anciens pouvoirs coloniaux continuent à s?accrocher à leurs confettis dans l?océan indien. Cependant, les positions exprimées hier au Parlement tant par la majorité que par l?opposition apportent du réconfort. Il en ressort que Maurice revendique d?une seule voix sa souveraineté sur ses îlots.

A la fois en ce qui concerne les Chagos et Tromelin, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a dit sur un ton ferme son intransigeance. Il a mis l?accent sur le fait qu?il ne renonce pas aux intérêts nationaux en acceptant d?engager des discussions sur la cogestion de Tromelin. ?This meeting would be without prejudice to the position of Mauritius regarding sovereignty over Tromelin?, a-t-il précisé.

Pour sa part, le leader de l?opposition, Paul Bérenger, n?a pas cherché à faire de ces questions un enjeu de politique intérieure. Il a simplement réclamé des explications cliniques sur les démarches en cours. Il ne visait pas à marquer des points et avait conscience de l?absolue nécessité de présenter un front uni pour discuter avec la Grande Bretagne et la France ? si tant est qu?il est possible de discuter quand les rapports de force entre interlocuteurs sont si déséquilibrés.

D?ailleurs, la Grande Bretagne a souvent opposé une fin de non recevoir aux sollicitations de nos dirigeants. Quand ce n?était pas le mutisme complet, les Britanniques répondaient par des signes dédaigneux à notre égard. Il faut relever le fait que si Navin Ramgoolam a eu l?occasion d?avoir un rendez-vous avec Gordon Brown, c?est seulement parce qu?il s?est rendu à Londres pour assister à un mini-sommet du Commonwealth convoqué par le PM britannique. Hier, Navin Ramgoolam l?a bien souligné : ?In the margin of the meeting, I met with Mr Gordon Brown, the British Prime Minister and raised with him the Chagos issue??

S?il est vrai que nos moyens de pression sont faibles, nos revendications territoriales sont, en revanche, fondées en droit. Mais avons-nous la possibilité de demander à une cour internationale de justice d?arbitrer ces conflits?

Il n?y a pas de doute que le décret-loi (?order in council?) qui détacha, en 1965, l?archipel des Chagos du territoire mauricien est nul et non avenu. Ce décret royal va à l?encontre du droit international. Les Nations unies interdisent le démembrement d?un pays avant son indépendance.

De même, Tromelin est une dépendance mauricienne. Le Traité de Paris signé en 1814, après la conquête de Maurice par les Anglais, stipule que «l?isle de France et ses dépendances ?» ne seraient pas restituées à la France.

Sur le plan juridique, nous sommes bien armés. Mais pour amener les Britanniques et les Français à engager des pourparlers en vue de rétrocéder les Chagos et Tromelin à la souveraineté mauricienne, il va falloir bien plus que faire valoir son bon droit.

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