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Prishla Oree clame son innocence
Prishla Oree continue de clamer son innocence. Mise en cause dans le décès de la petite Selvee Ghendagoo, âgée de huit ans, ce médecin, affecté à l?hôpital du Nord a, lors de son interrogatoire, affirmé aux policiers n?être mêlée d?aucune manière à la mort de la fillette. Le médecin a tout de même été présenté devant le tribunal de Pamplemousses jeudi sous une accusation provisoire de faux et d?avoir causé involontairement le décès de la petite Selvee.
La fillette, qui souffrait d?une allergie, avait été transportée d?urgence à l?hôpital du Nord dans la soirée du 10 avril dernier. Après un rapide examen, les médecins diagnostiquent une infection respiratoire et lui prescrivent du panadol, des gouttes nasales et un gargarisme. Les parents protestent et font savoir aux médecins que leur fille a, par le passé, été placée en observation pour des symptômes similaires, mais en vain.
De retour chez eux, à Pamplemousses, l?état de santé de la petite Selvee se dégrade rapidement. Ses parents la ramènent aux urgences où elle décède peu après. L?examen post-mortem, effectué par le Dr Sudesh Kumar Gungadin, Principal Police Medical Officer, attribuera la mort à un ?dème aigu du larynx. Prishla Oree, médecin depuis moins d?un an, a été entendue pendant plus de quatre heures par les enquêteurs du Criminal Investigation Division Department (CCID). Accompagnée de son avocat, la jeune femme, âgée de 25 ans, a expliqué avoir agi de manière professionnelle et s?estime injustement mise en cause dans cette affaire. « C?est une jeune professionnelle que l?on accuse à tort. Ce qui est arrivé à cette fillette est certes triste, mais faire porter le chapeau à une innocente n?y changera rien », fait-on comprendre dans l?entourage de la jeune femme. En attendant, le médecin pourrait être de nouveau entendu dans le cadre de cette affaire.
Deux mois après le décès de Selvee Ghendagoo, le souvenir de cette tragédie est encore vif dans l?esprit des membres du personnel de l?hôpital. D?autant qu?à la suite de la mort de la fillette et des allégations de négligences médicales formulées par les parents, une enquête départementale a aussitôt été initiée par le ministère de la Santé. Celle-ci a conclu qu?il y a eu falsification de documents, dont les cartes émises aux patients lors de leur arrivée aux urgences. Emboîtant le pas aux parents de la fillette, le ministère de la Santé a ensuite remis le dossier au CCID. Mais déjà, les sanctions pleuvent : deux médecins ont été suspendus de leurs fonctions le 6 mai, alors qu?un autre et un Medical Record Officer ont été eux aussi retirés temporairement de leurs fonctions le 13 mai dernier.
« Ils ne devraient plus avoir le droit d?exercer »
Alors qu?un membre du personnel ne semble vouloir évoquer les déboires de leurs collègues en public, il en va tout autrement en coulisses. Et les opinions, dans l?ensemble, condamnent ceux qui auraient tenté de dissimuler leur responsabilité. « C?est inacceptable que des médecins aient pu tenter de dissimiler leurs fautes en falsifiant des documents. Ils ternissent un peu plus l?image d?un système de santé publique déjà mal en point. Ils devraient, s?ils sont coupables, ne plus avoir le droit d?exercer », lâche un chirurgien qui dit bien connaître ses collègues qui ont été suspendus. Un point de vue partagé par les proches de la fillette.
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