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Le virus du cinéma gagne les élèves du MGI
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Le virus du cinéma gagne les élèves du MGI
Ils viennent de découvrir la production audiovisuelle. Et on dirait bien qu?ils ne peuvent plus s?en passer. Une addiction exaltante ces jeunes de troisième et de première année en Beaux-Arts au MGI. « Zot pa koner a ki point nou kontan fair sa », rigole Juanito. Et à Jonathan d?ajouter : « Ti bizin fair sa pendan un an. » Devant le visible enthousiasme de ses amis sur cet exercice, Katty souligne de façon plus posée : « C?est une liberté d?expression et une initiation au monde cinéma-tographique. »
Des 32 participants à ce Kino-Cabaret « in house » intitulé Kino Art Mauritius ? étape préparatoire au Kino Cabaret qui se tiendra en octobre à Maurice et à la Reunion ? initié et coordonné par Krishna Luchoomun, nous en avons rencontré une dizaine. La plupart d?entre eux ont terminé leurs films, mais certains apportent actuellement les dernières touches à leurs projets.
Si Christian Laurence, le créateur du Kino qui est un mouvement de cinéastes et de vidéastes amateurs organisés en cellules, avait comme devise « faire bien avec rien, faire mieux avec peu, mais le faire autrement », les élèves, eux, ont pris tout leur temps. Pour certains d?entre eux, plus d?une semaine même. Il faut savoir que le Kino aurait dû se terminer le 9 juin. Car en règle générale les « artistes de la vidéo et du cinéma » ont 48 heures seulement pour repérer, tourner, et monter leurs films.
Mais qu?importe si ces jeunes étendent le délai, car ils ont une bonne excuse : c?est leur premier Kino. Et ils ont dû tout apprendre sur le tas et même faire avec les moyens du bord. D?ailleurs, ils n?ont pas lésiné sur les efforts en endossant les rôles d?acteurs, de cameramen, de monteurs, ou encore de réalisateurs. Un bon moyen pour avoir un aperçu de toutes les ficelles de ce métier. Inutile de préciser que ce ne fut pas de tout repos. « Au début, nous n?avions pas suffisamment d?acteurs et de caméras », avouent-ils en ch?ur. Et il leur est arrivé de débuter à 8 heures du matin pour ne finir qu?autour de 19 heures.
Mais au-delà des petits soucis de tournage, une complicité est née entre ces jeunes qui ne se connaissaient pas forcément. Par ailleurs, les thèmes et les titres de leurs courts-métrages sont imbibés de sujets qui les interpellent, ou qui les concernent. Leurs courts-métrages sont également inspirés de ce qu?ils regardent aussi. Mais ils y ont ajouté leur humour et un brin de dérision. À l?exemple de Katty Laguette avec Lost ? saison 3. Son film parle d?un groupe de jeunes qui se perd en forêt et qui est poursuivi par un fou furieux?
Danse dan noir de Jonathan Naïgon traite d?une bousculade en discothèque qui a tout l?air d?une bagarre. Mais l?inspecteur qui enquête sur cette affaire découvre qu?il s?agit en fait d?un « segatonik ». Comprenez par là une fusion entre le séga et la danse électro Tecktonik.
Le fantastique et le comique
Coup de foudre d?Elvina Green parle d?un coup de foudre entre « un garçon naze qui tombe amoureux d?une fille, qui en fait se révèle être? un garçon. » Sans commentaire. Entre le fantasque, le fantastique et le comique, d?autres sujets sont plus sérieux comme Global Warming de Laurence Makoona, ex-élève du MGI, ou Trazedi ene lavi qui parle d?une femme battue.
Une chose est sûre, ces élèves du MGI sont des jeunes avides de dire, de s?exprimer, de laisser parler leur imagination. Surtout sans paravent. « On ne censure rien mais après on risque de nous censurer lors d?une diffusion plus élargie », déplore Elvina.
N?empêche, cette expérience est un excellent tremplin pour eux et le virus du cinéma a même gagné certains qui souhaitent, dès l?année prochaine, participer à d?autres festivals de films.
À suivre?
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