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La Terre ?
Par Michel BEDU</B>
Les récents événements tragiques qui viennent de frapper la Chine et la Birmanie nous rappellent ? et avec quelle cruauté ! - que nous ne sommes pas, nous tous habitants de cette planète, assis sur une grosse boule tranquille.
Et qu?il est utile, de temps en temps, de reprendre pleinement conscience que ce globe errant dans l?espace est aussi un être vivant, aux mouvements permanents? Qui le croirait, à contempler une calme campagne aux vertes prairies, ou la vague d?une mer ondulée de son ressac habituel?
Les humeurs de l?atmosphère nous sont connues, orages, ouragans, cyclones. Nous parvenons, dans une certaine mesure, à les prévoir ; bien que là aussi l?homme se laisse surprendre par des accès de folie des éléments, comme à l?occasion de ce « tsunami » qui ravagea une partie de la Thaïlande. C?est que, malgré tout l?arsenal scientifique destiné à « ausculter » notre Terre (observatoires, sondes telluriques, détecteurs de rayonnement cosmiques, enregistreurs sismiques, mesures des failles sous-marines, etc.) nous restons impuissants devant ces soubresauts gigantesques, qui inondent, écartèlent, détruisent des villes et tuent des populations. Le dieu Kronos, disaient les Grecs, vit de dévorer ses enfants. Gaïa semble en faire autant. Notre Terre, à peu près totalement explorée, eut une histoire mouvementée. Dès l?école primaire, on nous révèle quelques étrangetés. Par exemple, comment un terrien, qui habite à l?antipode d?un autre, c?est-à-dire symétriquement de l?autre côté, comment cet homme-là tient-il la tête en bas, sans tomber dans le vide ? A l?élève qui demande une explication, on répond : c?est par l?effet de la pesanteur, cette force qui attire les corps vers le centre du Globe. Réponse peu éclairante, car personne ne peut dire en quoi consiste la « pesanteur ». On a défini seulement un constat. Puis, nous apprenons que la Terre tourne sur elle-même à la vitesse de 30 km à la seconde ; et que la galaxie où elle se trouve représente un tourbillon de 275 km/seconde? Enfant, cela nous paraissait aller de soi. Et pourtant? Des savants discutèrent âprement ces « vérités » apparentes, ne considérant pas du tout ces théories comme évidentes.
Il y eut les partisans de la « Terre plate » - qui existent toujours d?ailleurs, notamment en Angleterre et aux Etats-Unis ; ceux de la « Terre creuse » : nous vivons, collés sur ses parois. C?était l?opinion d?un astronome éminent, Edmond Halley (qui donna son nom à une comète?) et qui imaginait une série de sphères emboîtées les unes dans les autres, à la manière des poupées russes. Sur chaque paroi, la vie peut exister, le soleil étant remplacé par la réverbération de roches lumineuses? Ce fut aussi l?opinion d?un certain Symnes, américain de l?Ohio, puis de Marshall Gardner qui fit grand bruit : avec soleil intérieur dont la lumière s?échappe par les deux pôles (d?où les aurores boréales)?
Or, ces théories datent du XIXe siècle !...
Il y en eut d?autres, notamment, en 1930, l?aviateur allemand Peter Bender qui intéresse Hitler à ses théories, aidé d?un puissant dispositif scientifique en 1942 ? qui, fâcheusement pour lui ne parvint pas à prouver l?exactitude de sa théorie, et finit en camp de concentration? Plus tard, ce sera Horbiger, avec sa théorie de la « Glace éternelle », qui devint une nouvelle page de la bible nazie, terrorisant les savants dont beaucoup s?exilèrent à l?étranger? Car il y eut une véritable chasse des nazis contre la science reconnue, « bourgeoise ».
Pour en revenir à « notre » Terre, sait-on que le savant polonais Copernic, lorsqu?il démontra que le centre de notre univers était le soleil, et que la Terre était une planète « comme les autres », hésita durant? vingt-sept ans avant d?oser révéler ses travaux, quelques jours avant sa mort ! Dieu n?ayant point informé Adam et Eve qu?ils habitaient une boule qui tourne? Plus tard, Kepler et Galilée conforteront la découverte de Copernic.
Ce qui reste surtout dans la mémoire des peuples, ce sont
les catastrophes qui ont bouleversé notre monde, à l?origine de la tradition des mythes. Par exemple, le Déluge. Or, des déluges, il y en eut évidemment plusieurs. Les historiens et les archéologues ont pu en dater quelques-uns. Celui que rapporte le Babylonien Gilgamesh (sur une série de tablettes d?argile, décryptées au British Museum) ; ceux de la mythologie grecque, dominés par Deucalion, Ogygès et Dardanus. Tous ces « déluges » se ressemblent. Tous racontent des cataclysmes identiques : séismes et raz de marée. D?où les recherches menées depuis longtemps autour du Mont Ararat qui aurait vu s?échouer l?Arche de Noé. Mais que peut-il en rester aujourd?hui ?
Il n?est pas douteux que la constance de ce souvenir tenace dans la mémoire ancestrale transmette une terreur gravée dans la vie des hommes des premiers temps. Et qui reparaît à tout moment?
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