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Chiffres : une superstition sans frontières

15 juin 2008, 00:00

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«Tous les chiffres portent bonheur ou malheur, cela dépend de qui nous sommes. Ça varie en fonction de notre condition et de qui on est », explique Rajendra Murugan, astrologue numérologue. Qu?il s?agisse du 13, du 7, du 8, du 4, du 11 ou encore de sa date d?anniversaire, les chiffres peuvent prendre une place importante dans notre vie. Cette semaine, nous avons vécu l?unique vendredi 13 de l?année. Une date qui suscite la peur et qui est la superstition la plus répandue dans la culture occidentale.

Cette angoisse est nommée « paraskevidékatriaphobie » pour ceux qui ont peur du vendredi 13. À noter que le prochain aura lieu en février 2009. L?année 2009, comptera pas moins de trois vendredi 13. De quoi faire frémir les plus paraskevidékatriaphobes du pays. Synonyme de malchance pour certains, de chance pour d?autres, le vendredi 13 est un phénomène international, tenace et récurrent. Ainsi, notre calendrier comporte au minimum un vendredi 13 et au maximum trois, en fonction des années.

Mais bien au-delà de la date fatidique, le chiffre 13 suscite tout autant de crainte. « La superstition autour du chiffre 13 est en partie d?origine biblique. Avec la Cène, Jésus et ses apôtres étaient 13 à table, juste avant sa crucifixion et son arrestation », rappelle l?astrologue. Et cette superstition est entretenue dans notre quotidien.

Ainsi, la majorité des hôtels dans le monde ne possède aucune chambre dont le numéro est le 13. Certains d?entre eux, comme le Labourdonnais, vont jusqu?à bannir l?ensemble des numéros finissant par 13. « L?absence du chiffre 13 dans les hôtels de même que dans les restaurants, est une question de superstition. Pour certains, ça porte bonheur, pour d?autres malheur, cela dépend des clients et n?a aucune explication rationnelle. Toutefois, nous préférons ne pas créer une chambre comportant le chiffre 13, dont personne ne voudra », souligne Nadine Hermann, responsable de relation publique à l?hôtel Labourdonnais.

Pour couronner le tout, les ingénieurs et les architectes alimentent la superstition avec des gratte-ciel sans 13e étage. « Il n?y a pas de restriction autour du chiffre 13. Mais il est vrai que si certains clients en font la demande, nous supprimons le 13e étage lors de la construction d?un bâtiment. Dans ce cas, nous respectons sa décision. Mais nous n?imposons rien et c?est loin d?être une norme », explique Joyce Yan, architecte. En effet, cette norme internationale ne possède aucune explication sensée. On n?a jamais prouvé que le chiffre 13 ou sa combinaison avec le vendredi, est synonyme de malchance.

En Grèce, en Espagne ou encore en Amérique latine, c?est du mardi 13 dont il faut se méfier. En effet, dans certains pays du monde, le vendredi 13 n?est pas un jour d?infortune. En Italie, c?est le 17 qui porte malheur et encore une fois, les hôtels, les bâtiments de même que la compagnie aérienne Alitalia, bannissent ce chiffre. En d?autres termes, ce sont les institutions qui s?adaptent aux demandes, voire aux exigences farfelues des gens. Ainsi, la National Transport Authority (NTA) reçoit tous les jours des demandes de personnes souhaitant avoir leurs numéros fétiches sur leur plaque d?immatriculation. « C?est quelque chose de courant de vouloir avoir son chiffre fétiche sur sa plaque. On a surtout des demandes de personnes attachées à une date précise, tel que celle de la naissance d?un enfant. Et elles veulent l?inscrire sur leur véhicule. Ça varie en fonction de la personnalité de chacun. Par exemple, les chinois aiment avoir les numéros 88 ou 99 sur leur plaque, les musulmans préfèrent les nombres 792 ou 786. Tout cela relève de la religion ou tout simplement parce que ça porte bonheur dans telle communauté », explique un responsable de la NTA.

En effet, certains automobilistes n?hésitent pas à débourser Rs 10 000 pour avoir leur numéro fétiche sur leur plaque d?immatriculation. « Les gens ne peuvent pas se présenter dans nos locaux et demander à avoir un numéro précis. Ils doivent d?abord aller sur notre site Internet et sélectionner le numéro qui les intéresse parmi la liste de ceux disponibles. Dans un premier temps, on paie Rs 10 000 pour avoir un numéro. Si l?on change de véhicule et que l?on désire le conserver pour sa nouvelle voiture, il faudra débourser Rs 1 000 », ajoute-t-il.

Si jusqu?à présent aucune statistique dans le monde n?a pu démontrer que les chiffres ou le vendredi 13 avaient une quelconque incidence sur nos destinées, il n?empêche que par simple précaution, certains d?entre nous perpétuent la tradition. Une part d?irrationnel dans un monde qui, bien souvent, nous englobe et nous dépasse.

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