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Meurtre à grande vitesse

14 juin 2008, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

C?est au Opium Lounge and Piano Bar à Quatre-Bornes, nouvel endroit à la mode de la localité, que Joy Antony a choisi de tourner les premières scènes de Zindagi Express, son nouveau thriller. Un long-métrage sur fond d?adultère, de meurtre et de conspirations. Zindagi Express est l?histoire d?une femme se sentant délaisser par son époux et qui trouve refuge et affection dans les bras de l?assistant de ce dernier. C?est de cette liaison à double tranchant que va découler toute l?intrigue du film conduisant à un meurtre passionnel. Mais à quel prix ?

En ce lundi après-midi,Opium Lounge and Piano Bar avait troqué son habit de pub glamour pour celui de plateau de tournage. Chorégraphe, éclairagistes, acteurs, réalisateurs et figurants étaient tous sur le pied de guerre. «Action ! lance Joy Antony. Stop? on récommence,» ajoute-t-il après quelques secondes. Un pas de danse disagracieux de Meghna Patel serait à l?origine de cette interruption.

«Le moindre petit détail doit être respecté. Combien de fois dois-je le répéter ?» lance Joy Antony à vive voix. Mais les nombreux échecs de Meghna Patel poussent le réalisateur à recommencer la même scène à plusieurs reprises. Après plus d?une dizaine d?essais, l?actrice arrive enfin à satisfaire les exigences du metteur en scène et du chorégraphe, qui n?en pouvait plus de donner des démonstrations et de corriger les erreurs de l?actrice. Sur un tournage, l?heure n?est jamais aux plaisanteries même si le film en question n?est qu?une comédie.

Assis sur un tabouret Daginder Joraya (voir encadré) appréhende le moment où il devra entrer sur scène. C?est son premier film et son premier tournage. Les minutes paraissent longues et l?attente se fait sentir. Après dix minutes de pause, histoire de satisfaire une petite soif, c?est au tour de Daginder Joraya de tourner. Et, contre toute attente, c?est ce dernier qui s?en sort le mieux pour cette scène dansée. C?est peut-être la peur de décevoir le réalisateur qui lui a fait pousser des ailes. Il a réussi ce que l?on appelle dans le jargon un one shot. «C?est dans la boîte... passons à la scène suivante,» annonce enfin le réalisateur.

<B>Daginder Joraya

Mr Pendjab</B>

Daginder Joraya, acteur de Zindagi Express, âgé de 23 ans fait face pour la première fois à la caméra. Cet homme au parcours en dents de scie se confie. «Vous voyez, le métier d?acteur n?est pas de tout repos.» C?est avec cette petite phrase que Daginder Joraya débute la conversation. L?acteur nous reçoit entre deux prises sous le regard impatient de Joy Antony, le réalisateur. L?expression, le temps c?est de l?argent, prend ici tout son sens. Le réalisateur s?éloignant? la conversation reprend de plus belle.

« Il y a des choses à Bollywood qui ne changeront jamais. L?argent, la gloire, les paillettes contrôlent cet univers,» raconte Daginder Joraya acteur originaire du Pendjab. Un univers dont il rêve depuis sa plus tendre enfance.

«Mes parents étaient conscients de mon désir d?être acteur. Il n?y avait qu?une condition pour qu?ils me soutiennent : finir mes études en Computer Engineering avant de partir à Bombay et y devenir acteur,» poursuit-il.

En 2004, sa licence en poche, Daginder Joraya décide de s?inscrire au concours Mr Pendjab. Il remporte le titre et s?envole pour Bombay où il croit aussi que la chance lui sourira.

Mais, c?était sans compter les insultes que de nombreux réalisateurs et producteurs ont proférées à son encontre. «Je n?ai jamais perdu espoir. Il existe deux sortes de gens : ceux qui abandonnent et ceux qui croient en leur étoile.» Il décide de tenter sa chance de nouveau et fait des petits boulots ici et là pour survivre.

«Je passais ma vie à jongler entre divers bureaux de producteurs. Je déposais des photos dans leurs boîtes aux lettres avec l?espoir qu?ils me retiennent pour un rôle,» raconte-t-il. Après plusieurs interviews infructueuses, Daginder Joraya rencontre Rajesh Kojtopadath producteur de Zindagi Express qui lui offre son premier rôle au cinéma avec à la clé un tournage à Maurice.

« Le métier d?acteur est très dur mais je ne regrette rien. Mon obstination a fini par payer. Je découvre un nouvel univers où il fait bon vivre. Mais il faut être très vigilant,» explique Daginder Joraya.

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