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Entre ex-squatters et terres de la discorde

8 juin 2008, 00:00

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À Batterie-Cassée la polémique fait rage. Les raisons de la colère : une portion de terre de sept arpents que le ministère du Logement et des Terres a identifiée pour abriter des sans-logis de Cité La Cure. Ainsi, 131 familles sont concernées par ce programme de relogement qui sera mené par le Trust Fund for the Integration of Vulnerable Groups.

Alors que le terrain, déjà squatté par une dizaine de familles, n?a pas encore été préparé pour accueillir des structures, les habitants de Batterie-Cassée ont peine à taire leur indignation. Pour eux, ce lopin de terre leur a été alloué en 1997 par Clarel Mal-herbes, alors ministre du Logement.

George Christophe, le président du Mouvement bien-être de Batterie-Cassée s?en souvient. « Le 15 août 1997, il avait été décidé que cet endroit abriterait un grand complexe sportif et un atelier d?apprentissage pour les jeunes du quartier. La décision d?allouer ces terres aux squatters nous a pris au dépourvu. C?est à croire que les habitants de Batterie-Cassée n?ont aucune aspiration. Nous avons l?impression d?être des personnes de seconde zone », fulmine-t-il.

Certes, l?État a le devoir d?octroyer un toit aux plus démunis, mais pas au détriment des autres Mauriciens, s?insurgent encore les résidents de ce quartier.

« Li pa korek, souligne un habitant, nou ban zanfan pena distraksion, enn centre parey ti pou ed zot pou interes dan enn aktivite plito ki zotal fer lot zafer. »

En tout cas, ils n?en démordent pas. Ce terrain leur « appartient » et ils feront tout ce qui est possible pour stopper le projet de relogement des squatters. À commencer par une missive adressée au ministre Asraf Dulull, pour dire leur indignation face à cette entreprise.

Un appel au partage</B>

« En raison des débats post-budgétaires, nous avons décidé d?octroyer un délai de 20 jours au ministre du Logement pour qu?il revienne sur sa décision. Au pis aller, les habitants descendront dans la rue pour manifester. Une grève de la faim n?est pas à écarter », prévient George Christophe.

Le ministre du Logement, Asraf Dulull ne compte, quant à lui, pas revenir sur sa décision. Il appelle à la collaboration et au partage. « Ces terres ont un propriétaire: c?est l?État. Il faut savoir qu?à Port-Louis, nous avons un problème d?espace. Quand nous relogeons des personnes de Cité La Cure à Batterie-Cassée, nous souhaitons qu?elles reçoivent un accueil de plus chaleureux comme cela se passe un peu partout. Il faut savoir accepter son prochain. Il faut apprendre à partager ses joies et ses peines. »

Asraf Dulull souligne que lors d?un tête-à-tête avec l?évêque de Port-Louis, monseigneur Maurice Piat, l?accent a été mis sur l?intégration des personnes qui sont relogées. En outre, les lieux connaîtront d?autres développements. « Le gouvernement compte créer un centre commercial abritant les petites et moyennes entreprises, en sus d?espaces verts, et un parcours pour joggeurs. ». En tout cas cette affaire est loin d?être terminée.

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