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On passe au vert
La flambée du prix du baril de pétrole, qui est passé de 40 à 136 dollars en trois ans, nécessite un remaniement des modalités de la production énergétique. En effet, pour un pays dont 80 % de l?énergie dépend de l?importation, Maurice « est extrêmement vulnérable », a déclaré Rama Sithanen lors de son allocution. Rs 1,3 milliard, c?est le montant qui sera consacré au projet « Maurice île durable ». L?une des mesures phares de ce budget a pour objectif d?aider à la protection de l?environnement et au développement de nouvelles ressources énergétiques.
Rabais de Rs 10 000 et suppression de taxes sur l?importation des chauffe-eau solaires, réduction de taxes sur les véhicules hybrides, mise sur le marché d?ampoules économiques à moitié prix? autant de mesures qui devront inciter les Mauriciens à avoir l?âme écolo.
Du côté des professionnels du domaine, les réactions convergent et divergent : « Globalement, c?est un budget prometteur dans le discours, mais pour qu?il se réalise et que ça fonctionne, il faut que tout le monde se sente investi et y participe », souligne le Dr Khalil Elahee, chargé de cours à l?université de Maurice.
« Pour aller de l?avant, ce n?est pas seulement le pétrolier qui doit agir, mais aussi le gouvernement qui doit rassembler l?ensemble des acteurs concernés. On sent qu?il y a une volonté à aller dans le même sens que nous », déclare Michel Moreau, directeur général d?Alcodis Ltd.
En d?autres termes, un passage au «vert » pour Maurice, ne pourra s?effectuer sans l?engagement de différents acteurs. Particuliers et entreprises devront aussi s?impliquer dans la course à l?économie énergétique pour rendre le projet réalisable. À l?image de l?aide de Rs 250 millions, qui sera accordée aux compagnies de bus afin de renouveler leur flotte.
La proposition du passage à l?heure d?été est de nouveau à l?ordre du jour. De novembre 2008 à mars 2009, un projet pilote qui pourrait nous permettre d?économiser jusqu?à 15 mégawatts d?électricité. Cependant, l?initiative est d?ores et déjà contestée. « Je mettrais un bémol à l?introduction de l?heure d?été. Novembre, c?est dans quelques mois, et il n?y a pas eu de consultations avant l?application de cette mesure. Je doute du chiffre de 15 mégawatts d?économie énergétique. Certes, l?heure d?été donne des mesures bénéfiques, mais il faut que la durée du jour entre deux saisons soit importante. Ce qui n?est pas le cas à Maurice. De plus, je ne connais aucune île de notre capacité qui a appliqué cette mesure », objecte le Dr Khalil Elahee. En revanche, la mise en place de deux instances de régulation, l?Independent Utility Regulatory Authority et l?Observatoire de l?énergie, qui serviront respectivement à réguler le marché de l?électricité et la consommation énergétique, a reçu un bon accueil. « L?Independent Utility Regulatory Authority est une bonne chose. Ce régulateur va pouvoir mettre tous les producteurs sur un pied d?égalité et constituer un avantage pour le service public », signale Patrick Assirvaden, directeur du Central Electricity Board.
L?emphase est aussi mise sur la nécessité d?avoir recours à de nouvelles sources énergétiques. Différents projets de création de ferme éolienne et de stations hydrauliques serontfinancés, comme celui de Bigara, au coût de Rs 1 milliard, ou encore celui du Midlands Dam et de la Nicolière, pour les stations hydrauliques. « Ce sont de bons projets, mais qui ne pourront exister sans l?implication du secteur privé », rappelle Khalil Elahee.
Le budget 2008-2009, renforce l?idée que Maurice doit se détacher des ressources énergétiques actuelles et devenir autosuffisante. Prôner le changement de comportement et le développement de nouvelles ressources d?énergie : l?appellation « Maurice île durable » n?a jamais aussi bien porté son nom.
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