Publicité
Entre sourires et grincements de dents
La liste des détaxes sur les produits de consommation courante n?a pas manqué ? cette année encore ? d?alimenter les réactions des parlementaires lors du discours du budget.
«Pe gagn nostalzi molton», lance Paul Bérenger, leader de l?opposition. Cela fait plus de deux heures que Rama Sithanen fait la lecture du budget 2008?2009.
Après les grands thèmes, le ministre des Finances entame la partie dite «populaire». Celle des détaxes sur une série d?articles de consommation courante. De l?alimentaire au cosmétique, en passant par les couvertures pour rester au chaud cet hiver. Ce qui suscitera pas mal de commentaires du leader de l?opposition : «Madam, inn pans ou madam». Sans compter les éclats de rires ? ironiques d?un côté de la chambre, bon enfant de l?autre.
Après l?agitation du début, c?est un grand calme qui accueille cette partie du discours. Celle des taxes qui augmentent. Les invités se tiennent au bord de leur chaise. Au milieu de la galerie publique : Somduth Dulthumun, au milieu d?autres dirigeants d?organisations socio-culturelles.
Après l?agitation du début, c?est un grand calme qui accueille cette partie du discours. Celle des taxes qui augmentent.
Petite énumération du ministre à la tribune. Et puis le soulagement quand Rama Sithanen et ses collègues de la majorité font durer les applaudissements au moment où il annonce qu?il n?a pas touché à la TVA.
Cardiaques s?abstenir. Surtout ne pas se fier à certains calmes trompeurs. Les bons mots, les critiques acerbes et les signes d?agacement ne sont jamais loin.
D?abord les grands clivages. Entre les poignées de mains chaleureuses dans les travées de la majorité. Et le calme relatif dans les rangs de l?opposition, avant le début de la lecture du budget. Dharam Gokhool, ministre de l?Education et son collègue de l?Environnement, Anil Bachoo ont la tête dans leurs documents. Les députés de l?opposition, stylos en main, se tiennent sur la ligne de départ.
16 h 30, celui qui cristallise tous les regards arrive. Rama Sithanen, ministre des Finances est accueilli par ses collègues, qui lui font un commentaire sur sa cravate rouge. Rama Sithanen articule un grand «non» et montre l?envers de la cravate, qui est griffée. On n?attend plus que le Premier ministre Navin Ramgoolam. Qui sera parmi les plus calmes dans l?hémicycle, durant la lecture du budget. Tapant rarement sur la table.
De l?autre côté de la chambre, de vives réactions se feront entendre sur une série de sujets. D?abord sur le volet éducation. Les diverses formules de prêts aux étudiants nécessiteux feront réagir l?opposition. Faisant rire Paul Bérenger. En face, Vasant Bunwaree lance, «kapav re al liniversite la». «Ouais, ouais», dit Ashock Jugnauth, visiblement pas convaincu.
Même réaction quand Rama Sithahen annonce le financement de la construction d?un crématorium à Beau-Bassin. Rajesh Bhagwan, député de l?opposition secoue la tête au milieu de l?hilarité générale. Et lance, dépité, «mo gard enn bisyklet pou ale». Humour toujours quand le ministre des Finances parle des logements sociaux qui seront construits dans plusieurs endroits. «La oussi zot dan karo kann mem», commente Rajesh Bhagwan.
Dans la même veine, quand Rama Sithanen annonce qu?il accorde des fonds à la rénovation de l?Hôtel du gouvernement, dans l?opposition on le tance : «To pa pou la.» Lui répond : «Mo prefer pa reponn.» Avant de s?entendre dire : «Gete bien avan to ale.»
Autre sujet qui fera bondir : Le rehaussement du seuil d?impôt. Cette fois, c?est le brouhaha. Chacun y va de son opinion. Rama Sithanen, pas perturbé, garde le rythme. Enonçant priorité et vision dans un même souffle.
Publicité
Publicité
Les plus récents