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Agir vite
<B>Par Nazim ESOOF</B>
Les économies nationales sont aujourd?hui tributaires des facteurs qui participent de la macroéconomie. Chaque exercice budgétaire devient, en ce sens, un numéro d?équilibriste où l?objectif consiste à équilibrer les intérêts immédiats d?un pays avec les contraintes permanentes qui pèsent sur le monde. Serait-ce à dire que la rituelle présentation d?un budget traduit une quelconque impuissance des États à déterminer et influer sur les destins nationaux? La réponse ne saurait être unilatérale. Lorsqu?on fait dans le traditionalisme, en croyant que le miracle ne dépend que de nous, on risque fort de se fourvoyer. Par contre lorsqu?on s?inscrit dans un continuum économique qui transcende les frontières, on se donne une chance de participer à une dynamique globale.
C?est aujourd?hui les défis que doivent relever les États. Pour y parvenir, il n?y a qu?une recette: l?imagination. Cela s?apparente à un truisme à présent. L?imagination au pouvoir. L?inventivité en économie. La créativité au niveau social. Les États qui gagnent sont ces États qui tirent profit des perspectives globales et qui sont intuitifs dans la gestion des dossiers nationaux.
Pendant des décennies, il suffisait de savoir conforter les attentes pressantes en s?appuyant sur des régimes préférentiels. Cette donne n?a plus cours. L?île Maurice a profité de cette logique pour sortir d?une économie monoculture et passer à une société industrialisée. Nos gouvernants ont su, les uns après les autres, saisir le sens du développement. C?est ainsi que désormais l?accent est mis sur les technologies de l?information. Mais nous n?en sommes pas encore là. Nous ne sommes qu?à un stade embryonnaire de cette société de l?information que nous voulons devenir. L?élément réconfortant du processus, c?est que tous les dirigeants politiques regardent plus ou moins dans la même direction. Indépendamment de leur positionnement, ils y travaillent. Cependant, il y a un défi énorme.
Pour réussir aujourd?hui, il faut pouvoir anticiper sur les événements. Déjà avec les retards accumulés, nous ne faisons au mieux que des exercices de rattrapage. Lorsque nous réaliserons l?ambition d?une société de l?information, les sociétés avancées auront déjà passé à autre chose. C?est le défi de chaque Mauricien à présent. S?investir, donner de son talent, de ses qualités et de son courage pour que le pays, comme une entité collective, fasse des pas de géant au profit de chaque citoyen.
Il y a, en ce sens, des signes encourageants pour l?île Maurice. Comme à son habitude, le Mauricien est prêt à fournir des efforts. Ces dernières années, c?est sans rechigner qu?il s?est soumis à la rigueur. Certes, il y a eu des critiques. Mais, dans l?ensemble, la foi dans le travail est inconditionnelle. Les Mauriciens n?ont jamais eu peur de faire des sacrifices. Cependant, de plus en plus, ils s?attendent que tous partagent ce principe du renoncement.
D?autres frémissements positifs ont été enregistrés. À en croire les chiffres officiels, le chômage serait en baisse. La lutte pour l?emploi est un enjeu majeur. Si ce combat commence à porter ses fruits, il importe désormais à investir massivement dans l?éducation et la formation pour que les générations futures connaissent moins l?enfer du chômage. Dans le même souffle, la croissance est de retour. Pour toute économie libérale, c?est le signe d?un mieux-être qui conforte l?action de ses pontes.
Ce sont autant d?éléments qui devraient nous encourager à croire dans un pays. N?est-ce pas cela l?essentiel? Retrouver cette confiance qui donne l?énergie nécessaire pour agir en faveur d?un devenir meilleur.
Il y a certes tant d?éléments qui donneront à voir l?autre face de la médaille. Tant de critiques à formuler sur certains choix, sur cette tentation permanente du populisme qui caractérise les gouvernants, sur ces considérations électoralistes qui surplombent des décisions rationnelles? Toutefois, en ce jour qui suit la présentation du budget, le cri est pour le travail et l?effort. Et surtout pour un engagement de tous les instants car ce pays ne progressera qu?avec la capacité d?anticipation de ses dirigeants et l?action au quotidien de ses citoyens.
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