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Enjeu immédiat
Aujourd?hui prend fin la conférence internationale sur la sécurité alimentaire. Souhaitons qu?un plan d?actions communes, au delà des discours politiques, puisse rapidement calmer ceux qui ont faim. Car il y a urgence. Marc Ravalomanana, dont le pays, Madagacascar, a été mis à genoux par un cyclone, a bien saisi l?importance d?être à Rome pour plaider la cause indienocéanique face à la hausse des prix de la nourriture.
Au départ, la conférence de l?Organisation des Nations unies pour l?alimentation et l?agriculture (FAO) devait s?intéresser aux énergies renouvelables et autres défis liés au réchauffement climatique. Actualité oblige,ces enjeux, certes très importants, ont été relégués au second plan, face aux émeutes de la faim qui éclatent un peu partout sur la planète... Ainsi en Afrique du Sud, le déficit de production agricole a même tourné à la xénophobie, et des milliers d?immigrants ont été chassés du pays par des habitants hostiles.
Selon l?indice FAO des prix alimentaires, la moyenne des quatre premiers mois de l?année est supérieure à 53 % comparée à la même période en 2007. Pas besoin d?être économiste pour savoir que cette crise frappe davantage les plus pauvres, ceux qui consacrent la plus grande partie de leur budget à tenter de se remplir le ventre. Et dans le sud-ouest de l?océan Indien, avec le prix du fret qui flambe en même temps que le pétrole, acheminer de la nourriture vers nos îles excentrées, loin des pays producteurs, sera un dilemme grandissant.
Ce sommet est «une occasion historique de relancer le processus de lutte contre la faim et la pauvreté», insiste la FAO. Les délégations des 191 pays membres ont essayé d?harmoniser leurs points de vue sur le diagnostic de la crise, et de s?accorder autour de mesures concrètes pour trouver une solution face à la crise.
«Dans l?urgence, il a toujours été facile de trouver de l?argent, mais pas pour le développement de l?agriculture familiale», a très habilement plaidé un porte-parole d?»Action contre la Faim», l?une des nombreuses Organisations non-gouvernementales présentes à Rome. Cet organisme propose ainsi la création d?un fonds mondial pour mutualiser et favoriser les projets de remise à niveau de l?agriculture vivrière.
Toutefois la présence à Rome du président du Zimbabwe, Robert Mugabe, est une insulte ? ou une provocation ? à tous ces discours de bonne intention prononcés ces derniers jours lors de ce sommet. Ceux qui suivent le destin de ce pays en crise, ancien grenier à blé de l?Afrique australe et de la région, savent comment Mugabe a plongé des dizaines de millions de Zimbabwéens dans la misère.
Exportateur il y a une quinzaine d?années, le Zimbabwe peine aujourd?hui à produire ne serait-ce que la moitié du blé dont il a besoin. Frappée par une inflation de plus de 150 000 % par an (un record !), la population vivote, quand elle n?essaie pas de fuir vers l?Afrique du Sud. Mais là-bas aussi, la faim tenaille les plus démunis, incitant ceux-ci à s?en prendre à ceux qui fuient le pays de Mugabe.
Les causes de cette crise alimentaire qui frappe pratiquement tous les continents du monde surtout l?Afrique, l?Asie ou l?Amérique latine, ont aussi des origines politiques et économiques. Nombre d?agricultures locales ayant été abandonnées par les gouvernements, sous la pression des institutions financières internationales, à l?image de Madagascar. Entre 1990 et 2000, la part de l?aide agricole dans l?aide au développement par la communauté internationale a diminué de 50 %. Hier, le coton remplaçait les cultures vivrières, aujourd?hui c?est le maïs...
Mais en ce qu?il s?agit du Zimbabwe, c?est un crime perpétré par un dictateur qui s?accroche au pouvoir. Le feu se répand dans la région à cause de lui. Il affecte non seulement son pays, mais la zone... A quand un sommet identique pour l?Afrique australe et les pays de la Commission de l?océan Indien ?
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