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«La fonction publique a un défi à relever»

4 juin 2008, 00:00

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«La fonction publique a un défi à relever»

● <B>Que pensez-vous du PRB ? Certains estiment que les fonctionnaires ne méritent pas de telles augmentations de salaires? </B>

Le PRB n?est pas une compensation salariale en tant que telle, mais une révision des conditions de travail en général. Il est tout à fait normal que ces conditions soient révisées de temps à autre. On le fait ici tous les cinq ans. Il y a tout un mécanisme de discussions, des consultations avec tous les acteurs concernés.

Ce qui est important, ce n?est pas tant le montant mais beaucoup plus le mécanisme de compensation. Cette fois-ci, on a vu que les notions de productivité et de performance font partie intégrante du mécanisme de paiement et je crois que c?est une très bonne chose. Nous constatons aussi l?introduction de la flexibilité dans les contrats d?emploi et, de ce fait on pourrait s?attendre à des changements très positifs dans la performance du secteur public.

● <B>Rien n?avait donc changé les fois précédentes? </B>

Auparavant, le fonctionnaire évoluait selon une échelle des salaires qui lui permettait de savoir le montant exact de l?augmentation auquel il avait droit après chaque année de service. C?était l?incrément quasi automatique. Il avait aussi une sécurité d?emploi totale. Mais le revers de la médaille, c?est la répercussion sur la productivité liée à cet excès de sécurité dont le fonctionnaire jouissait. Il perdait la notion de l?efficacité étant donné qu?il n?était sous aucune pression de performance. La notion de productivité doit intervenir. Il n?y avait malheureusement aucun mécanisme à ce jour permettant d?évaluer la performance du fonctionnaire. Cette performance devrait déterminer le niveau de salaire. On commence à parler maintenant de système basé sur la performance. C?est une nouvelle culture qui se met en place. La fonction publique a donc un défi extraordinaire à relever. On devra tôt ou tard faire face au problème de pénurie de main-d??uvre pour soutenir la croissance.

● <B>Pouvez-vous expliquer ce phénomène de façon explicite ? </B>

Il y a un surplus de main-d??uvre dans la fonction publique tandis que certains secteurs de l?économie souffrent d?une pénurie de travailleurs qualifiés, comme le BPO et les TIC, par exemple. Il faudra organiser un débat sur cette question et réfléchir à la façon de se restructurer afin d?orienter ce surplus de main-d??uvre, après recyclage, vers d?autres secteurs qui en manquent. Il faudra aussi réfléchir à la question de l?efficience. Cela se traduit en termes de prise de décisions, d?utilisation des ressources de façon optimale. Le résultat serait une économie de ressources qui pourraient être orientées vers d?autres secteurs.

● <B>Le secteur privé souffre aussi de manque de productivité. Comment en venir à bout ? </B>

C?est principalement un problème de formation qui se pose. Il faudra investir dans la formation, les équipements informatiques et du matériel de production plus performant en général, pour promouvoir la productivité. Il faudra aussi s?assurer que les ressources sont utilisées de façon efficiente. Il faudra veiller à ce que les recrues soient effectivement celles dont l?entreprise a besoin. Je veux dire que la méritocratie devrait être observée dans le privé aussi. Il va falloir évoluer vers la corporate governance. Cela permettra de responsabiliser la direction de chaque entreprise vis-à-vis de ses actionnaires afin qu?elle soit beaucoup plus responsable et qu?elle rende des comptes non seulement aux actionnaires mais aussi aux employés car ils en sont aussi partie prenante. Le procurement management s?étend de plus en plus dans le privé pour s?assurer que les meilleures ressources sont disponibles aux fins de production.

● <B>Pensez-vous que le niveau des salaires est aussi bon dans le privé que dans le public ? </B>

Oui, le niveau des salaires est élevé dans le secteur privé. C?est lié directement à la performance des entreprises. Certaines sont extrêmement profitables. La notion de risque est toutefois permanente dans le privé. Il faut donc en tenir compte dans la fixation des salaires.

● <B>Le traité de non double imposition avec l?Inde est de temps en temps remis en question. N?est-ce pas un risque pour le pays ?</B>

C?est une épée de Damoclès suspendue sur le pays. La menace persiste mais nous espérons que le gouvernement pourra, une fois encore, négocier habilement pour que ce traité ne soit pas mis en cause. On comprend la sensibilité de l?Inde qui considère que cela représente un manque à gagner énorme pour lui. Il faudra que nous cherchions à diversifier et ce ne sera pas sage d?attendre le dernier moment pour réagir comme pour le Protocole sucre. Le secteur est très bien régulé et il est très sain. Il faut faire le maximum pour préserver les acquis.

<I>Propos recueillis par </I> <B>Nico PANOU</B>

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