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Faut pas se leurrer
Le 17 juin 2008 pourrait devenir, on l?espère en tout cas de tout coeur, une date mémorable dans l?histoire du sport scolaire. Les Jeux intercollèges renaîtront enfin de leurs cendres, après 15 ans. Une situation causée par les décisions politiques qui, par ricochet, a contribué en partie au déclin du sport mauricien. Mais, il ne faut pas non plus se leurrer. Les Jeux à eux seuls n?arriveront jamais à créer une élite de demain. Pour cela, il faudrait un encadrement technique approprié.
Un premier pas a, néanmoins, été franchi. Le ministre des Sports, Sylvio Tang, peut se vanter d?avoir eu le courage, après 15 ans, de réinstaurer les Jeux intercollèges ou plutôt d?introduire une nouvelle version des Jeux intercollèges. La formule préconisée par ce dernier et son équipe ne fait, certes, pas l?unanimité parmi les parties concernées notamment la MSSSA et certains éducateurs physiques des collèges privés.
Mais à mon point de vue, la question n?est que secondaire. Le problème peut être réglé avec un peu de volonté de la part des différents stakeholders du sport scolaire.
L?important, c?est qu?il y a eu, au moins, cette volonté politique pour relancer cette manifestation estudiantine, qui servait, autrefois, qu?on le veuille ou non, de pépinière pour les disciplines concernées.
Sylvio Tang semble en être conscient, puisqu?il a fait ressortir, mercredi dernier, lors du coup d?envoi du compte à rebours, que ces Jeux réuniront ?les stars de demain?.
J?espère que la pensée du ministre est motivée par une stratégie bien définie. Car qu?on se le dise, les Jeux intercollèges ne peuvent en eux-mêmes produire ?une élite de demain?. La relance de ces Jeux en elle-même n?est qu?un maillon de la chaîne qui mène vers le haut niveau et? la route est longue.
C?est aux fédérations sportives et au ministère de la Jeunesse et des Sports d?assurer qu?il y ait une structure, pour accueillir ces talents et leur offrir un encadrement approprié pour un épanouissement vers le sport d?élite. Et cela, sous la férule de gens qualifiés et non de parachutés politiques voire de copinage.
Malheureusement, le contexte actuel ne favorise pas cette possibilité. Nombre de fédérations sportives se cantonnent à l?élite négligeant tout bonnement la formation des jeunes. C?est tout à fait normal puisque les possibilités de voyage et les avantages sont nombreuses !
Résultat : la relève est pratiquement inexistante dans la plupart des disciplines. Si elle l?est, le niveau laisse franchement à désirer.
Je n?invente rien. La baffe reçue par le Club Maurice aux Jeux des îles de l?océan Indien en 2007 à Madagascar en témoigne. Au lendemain des Jeux, le ministre des Sports, dirigeants sportifs et du Comité national olympique mauricien (CNOM) admettaient, d?ailleurs, qu?il fallait se ressaisir pour éviter l?humiliation aux JIOI de 2011 aux Seychelles. Mais presque une année après : ?Anne ma chère Anne ne vois-tu rien venir ??.
Peu de fédérations ont, en effet, réagi.
Et puis, il suffit de jeter un coup d?oeil sur le contrat d?ojectif des fédérations ? budget alloué sur l?année pour une série d?items ? pour connaître leur priorité. Le budget consacré à la régionalisation, qui est censée assurer la promotion du sport sur une grande échelle à Maurice, revient systématiquement, dans la majeure partie des cas, dans les caisses de l?Etat à chaque fin d?année financière.
Le ministère de la Jeunesse et des Sports a également sa part de responsabilité. En tant que principal bailleur de fonds du sport mauricien, il devrait se montrer plus sévère envers les fédérations. Il devrait exiger que ces dernières accordent la même priorité au développement et la promotion de leurs disciplines qu?à l?élite. Mais pour faire valoir ce droit, le MJS devra s?assurer qu?il soit exempt de tout reproche. Pour l?instant, on n?en est pas encore là !
Le MJS devrait aussi songer à encourager la réouverture des centres de formation. Structure qui accueillait, autrefois, les champions en herbe et qui les guidait vers le haut niveau.
C?est en ce faisant qu?on arrivera à créer une élite, digne de ce nom, dans quelques années...
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