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Les mairies à l?assaut des terrains vagues et bâtiments abandonnés

30 mai 2008, 00:00

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Vendredi dernier, une jeune fille s?est fait violer à Sodnac alors qu?elle empruntait une voie broussailleuse pour se rendre à l?arrêt d?autobus. Elle devait prendre part à des examens à l?université. Mercredi, alors qu?elle empruntait le tunnel de Pellegrin, une jeune femme a échappé à une tentative de viol. Cette caissière se rendait sur son lieu de travail à Shoprite. De hautes herbes, des terrains vagues, des maisons abandonnées, des tunnels ou des passerelles mal éclairés, sans gardes de sécurité? Que font donc les autorités en amont pour garantir la sécurité des citadins et des villageois ?

Des mois que les habitants de la rue Seetulsingh, à Port-Louis, craignent pour la sécurité de leurs mères, épouses, s?urs et filles. Et pourtant, ils pensaient leur problème réglé. Car après qu?ils ont écrit à la municipalité, suggérant la création d?un espace vert, la municipalité avait réagi. Les travaux d?embellissement avaient démarré l?an dernier. Et puis, plus rien. «Ils ont complété les travaux d?un côté de la route. Par la suite, les travaux ont été abandonnés », déplore un habitant de cette rue. Ils ont écrit à la municipalité pour se plaindre. Leur dernier courrier remonte à janvier. Et, depuis, l?herbe ne cesse de pousser?

Manque d?argent

Fritz Thomas, le lord-maire, prétexte un manque d?argent. « Le budget qui a été voté pour effectuer ces travaux n?a pas suffi ». Mais il reconnaît toutefois que sans pour autant achever les travaux d?embellissement, il est quand même possible de débroussailler l?endroit. Car le nettoyage des terrains vagues, toutes les municipalités s?y attellent. C?est même une des priorités du maire de Curepipe, Kumar Bhangeeruthee. Il est persuadé que les causes premières de l?insécurité dans les villes sont «les terrains vagues, les maisons abandonnées et le manque de lumière».

C?est ainsi qu?à la municipalité de Curepipe, l?on a répertorié 384 terrains vagues. Autant de propriétaires que le personnel municipal et le maire lui-même tentent de conscientiser. «Nous leur donnons des incentives. Ils nettoient et nous leur fournissons un camion à moindres frais pour se débarrasser de tous leurs déchets.»

Le maire par intérim de Quatre-Bornes, lui, n?hésite pas à enclencher des procédures en cour contre les propriétaires qui ne nettoient pas leurs terrains. «Cela arrive régulièrement, car ce n?est pas possible qu?en ville, nous ayons des endroits broussailleux de la sorte», explique Jean-François Batour.

À Curepipe, Kumar Bhangeeruthee s?attaque également aux bâtiments abandonnés. Il a d?ailleurs fait raser une boutique abandonnée récemment. Et les points chauds de la ville sont aussi répertoriés. «À la demande des forces vives de Cité Atlee, la municipalité va transformer un kiosque, qui est un repère pour des drogués, en une grotte.» Malgré tout, Kumar Bhangeeruthee n?en démord pas. Les terrains vagues sont une plaie. Il voudrait d?ailleurs que «la loi soit plus dure» afin qu?il puisse sévir contre les propriétaires négligents. «Le cadastre n?est pas à jour. Certains propriétaires en profitent. Même si nous arrivons à les retrouver, il n?est pas pour autant possible de les obliger à payer les frais de nettoyage que nous avons encouru. Nous devrions pouvoir les obliger à le faire.»

Poursuivre le propriétaire

Le maire de Curepipe va plus loin. Il est d?avis que la municipalité de Quatre-Bornes devrait « poursuivre pour complicité le propriétaire du terrain où le viol de cette jeune fille a eu lieu à Sodnac. Line provide shelter pu sa viol la ».

Mais Jean-François Batour a choisi le dialogue. «Il y a une possibilité que le propriétaire du terrain accepte que la municipalité en achète une partie et l?asphalte.» En attendant, les terrains en friche qui bordent l?autoroute et que de nombreux riverains empruntent chaque jour sont nettoyés.

Jean-François Batour propose également d?embaucher, à nouveau, un gardien pour veiller à la sécurité des personnes qui empruntent le tunnel de Pellegrin. Un tunnel qui fait peur tant il est sombre. Tout en assurant qu?il est éclairé, le maire par intérim prévoit l?installation de lampes supplémentaires. Et envisage également l?installation d?une caméra de surveillance dans le tunnel.

Si à Beau-Bassin-Rose-Hill, un budget de Rs 1 million a déjà été identifié pour l?installation de caméras de surveillance dans la ville, pour les maires des autres villes, cela est certes quelque chose à envisager mais pas pour autant une priorité. Tout comme le projet de police municipale qui, à Port-Louis comme à Quatre-Bornes, est toujours envisagé mais retardé pour cause de procédures à suivre. Si l?insécurité est grandissante dans les villes, qu?en est-il des villages ? Du côté du conseil des districts de Moka-Flacq, l?on assure que dans les villages, «nu pa gagne sa bann problem la. Li inpe trankil». S?ils le disent?

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