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Le juge Domah critique la société machiste

17 mai 2008, 00:00

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«Je trouve cela mesquin de la part des hommes de dénigrer les femmes de manière aussi gratuite». Cette phrase du juge Bushan Domah donne le ton d?un verdict rendu en chambre le 14 mai. Le juge critique avec force l?accusateur et ce qu?il représente : le machisme.

Le contexte : Nundoolall Sewpal avait intenté un procès à sa bru, Kavita Sewpal, pour la faire partir du premier étage qu?elle occupait dans la maison familiale. Il avait insinué qu?elle avait un amant, mais le juge Domah n?a pas cru à sa version et a donné gain de cause à la jeune femme. «Cette application est indéfendable en droit», poursuit le juge, explicitant ensuite les raisons qui le poussent à émettre ce verdict. Le juge se servira même des arguments du plaignant afin de débouter ce dernier.

Les faits sont comme suit : Nundoolall Sewpaul est copropriétaire, avec son frère, d?un terrain sur lequel se trouve une maison à étage. Il en occupe le rez-de-chaussée et, au mariage de son fils, l?autorise à habiter à l?étage. Malheureusement, le couple bat de l?aile. En septembre 2006, Kavita, avec son enfant, est contrainte d?aller vivre chez ses parents. Un mois plus tard, son mari quitte le pays pour aller étudier et travailler en Irlande. A ce jour, un divorce n?a pas été prononcé entre elle et son époux.

Selon le plaignant, sa bru aurait mis fin à son droit de résidence lorsqu?elle a pris ses effets personnels, juste après le départ de son époux pour l?Irlande. Le plaignant ajoute que Kavita a fermé la maison (NdlR : le premier étage, qu?elle occupait avec son époux) et refuse de lui donner les clefs. Mais il va plus loin en alléguant avoir vu sa bru venir occasionnellement, le samedi soir, dans la maison pour y passer quelques heures en compagnie d?un homme qu?il soupçonne être son amant.

«Irresponsabilité»

Comment parler de la fin du droit de résidence quand le plaignant lui-même affirme que sa bru vient les samedis ? C?est une question que soulève le juge, utilisant l?argument du plaignant contre lui. Cet argument aurait à lui seul dû suffire à ce que la demande soit refusée, affirme-t-il.

Et soulignant que les points légaux de la dispute sont quasiment inexistants, le juge attire l?attention sur les similitudes entre les arguments de la défense et ceux de la poursuite. En effet, les avocats des deux parties citent les mêmes procès pour illustrer les points qu?ils soulèvent.

«Le plaignant n?est pas venu les mains propres», dira le Juge Domah. Il parlera d?une allégation «injuste» d?adultère contre Kavita Sewpal, aucun fait ne l?appuyant. Kavita, en cour, a repoussé les allégations concernant ces visites nocturnes en soutenant qu?elle venait en compagnie de sa mère et de son enfant pour nettoyer la maison et pour y passer la nuit.

«Les phallocrates n?aident pas leur cause en agissant de telle façon», dira le juge. L?époux de Kavita Sewpal, ne sera pas non plus épargné par ce jugement. Après avoir souligné que l?époux a «virtuellement déserté son épouse», le juge rappelle qu?il a aussi envoyé un fax dans lequel il affirme ne pas être le propriétaire de la maison et qu?il a aussi exprimé le souhait que sa femme l?évacue, précisant que son père veut récupérer l?étage pour le donner à un autre membre de la famille. Ses propos vont lui valoir la remarque suivante : «Une personne mariée qui donne plus d?importance aux intérêts matériels et douteux de son père qu?à ceux de sa famille montre son degré d?irresponsabilité dans le mariage.»

Et le juge de conclure que ce fax démontre le degré de complicité qui existe entre père et fils. Il affirmera que de si de telles affaires étaient acceptées, où père et fils agissent de connivence, «manipulant les faits» afin de mettre une bru hors de chez elle, cela signifierait la fin de la loi et de la justice et des principes de base du mariage. Plus que l?histoire d?un beau-père débouté en cour contre sa bru, ce jugement constitue une victoire pour l?équité, autant dans un couple que dans la société actuelle.

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