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Clarification libérale

15 mai 2008, 00:00

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Le sarkozysme, an II, met de l?ordre dans sa politique économique. Les erreurs sur le pouvoir d?achat, les défiscalisations contestées, les hésitantes attaques contournées contre les 35 heures et l?indécision générale entre une politique de la demande et une politique de l?offre ont marqué la première année du pouvoir de Nicolas Sarkozy.

La loi de modernisation économique (LME) qui sera présentée au Parlement en juin souligne le changement : le ralliement à une politique résolument «de l?offre». Cette loi a pour objet de s?attaquer à l?une des faiblesses les plus pénalisantes de l?économie française : l?absence de «moyennes entreprises» capables d?innover et d?exporter. Délais de paiement aménagés, facilités administratives, protection du patrimoine du créateur : les mesures sont techniques, mais très importantes.

L?autre grand volet de cette loi ? tant attendue qu?elle est lourdement chargée de dispositifs divers ? concernera la distribution commerciale. Le gouvernement a tenté à l?automne d?amender les lois Galland et Raffarin, qui limitent les installations de grandes surfaces. Il abandonne complètement cette politique ce printemps. C?est un changement de cap : pour faire pression sur les prix, la meilleure manière est de libérer la concurrence. La France, en voulant faire contrôler la distribution par les autorités locales, a fait fausse route : les prix sont notoirement plus élevés dans notre pays que chez nos voisins européens, sans que les abords de ville soient préservés des grandes surfaces, au contraire !

Le président a admis s?être fourvoyé dans ses promesses sur le pouvoir d?achat en reconnaissant que «les caisses de l?Etat sont vides» et qu?un gouvernement ne pouvait pas donner d?ordre aux entreprises pour augmenter les salaires. Il compte maintenant sur la nouvelle loi pour peser sur les prix, et, en quelques années, permettre ainsi aux ménages d?économiser 2 % ou 4 % de leurs dépenses. Reste à attendre les détails de la mise en application et l?impact sur le commerce de centre-ville comme sur les producteurs pour en juger.

Mais la ligne économique générale est plus droite. L?économie française, qui accuse un chômage encore élevé et des déficits lourds, avait besoin d?une clarification. Les réformes manquaient de cohérence. Un an après, elles en gagnent.

© Le Monde 2008 (Editorial paru dans l?édition du 14 mai)

Distribué par The New York Times Syndicate

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