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Pas de solution en vue dans le conflit Lagesse-Harel

13 mai 2008, 00:00

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La guerre des cannes entre les groupes Lagesse et Harel n?est pas près de se terminer. Si les Harel, qui siègent au conseil d?administration de l?usine sucrière de Belle-Vue, veulent calmer la situation, cela ne semble pas être le cas du côté des Lagesse. Car Fuel, qu?ils dirigent, n?est pas du tout d?accord avec la décision du ministère de l?Agro-industrie au sujet du partage de cannes du Factory Area de Mon-Loisir, entre les deux sucreries et demande aux autorités de revoir leur position, la qualifiant, d?«arbitraire», et d?«inacceptable».

<B>«Intérêts divergents»</B>

Mon Loisir a obtenu la permission du gouvernement de fermer ses portes. Ses cannes doivent être dirigées vers Belle-Vue et Flacq United States Ltd (FUEL), mais ces deux usines sont en désaccord sur le partage des cannes décidé par le ministère de l?Agro-industrie.

«Nous avons accepté la décision du ministère même si nous ne sommes pas entièrement satisfaits. Nous espérons que Fuel en fasse autant», dit Louis Denis Koenig, secrétaire du groupe Harel Frères Ltd.

«Nous avons obtenu environ 300 000 tonnes de cannes à broyer, ajoute-t-il, mais idéalement nous aurions souhaité avoir un peu plus, compte tenu de l?érosion du Factory Area avec le nombre de planteurs qui diminue. Nous avons souhaité avoir le maximum de cannes à cause de notre capacité de broyage».

Selon Louis Denis Koenig, avoir plus de cannes à broyer est «important pour la survie à long terme de Belle Vue».

Invité à commenter la position du groupe FUEL sur le partage de cannes, Louis Denis Koenig, s?est abstenu de s?étendre sur la question. «Je ne veux pas polémiquer», souligne-t-il.

Mais polémique il y a déjà car le ministre Arvin Boolell a menacé de faire passer une loi pour forcer FUEL à fermer Mon Loisir. Alors que du côté de la Mauritius Sugar Producers Association (MSPA), on estime qu?un accord sera trouvé entre les usines concernées.

«Fuel et Belle Vue sont membres de la MSPA et ont des intérêts qui leur sont propres et divergents. La MSPA est en train de discuter avec les deux parties pour voir comment le différend peut être résolu dans les plus brefs délais», dit Gilbert Espitalier- Noël, président de la MSPA.

«Je pense que les discussions, qui ont repris récemment, devraient permettre de déboucher sur un accord dans l?intérêt national et donnerait satisfaction aux deux parties, ajoute-t-il. Il est clair que le ministre de l?Agro-industrie, Arvin Boolell, a exprimé une certaine frustration devant la non-résolution rapide de ce différend. Mais je suis confiant qu?une solution satisfaisante sera trouvée entre les deux parties elles- mêmes dans un très proche avenir».

FUEL achète en 2001 les activités cannières du groupe Mon Loisir en raison de l?impact prévu de la réforme sucrière européenne sur le prix de vente du sucre mauricien. Peu après, décision est prise de fermer Mon Loisir pour préserver la survie de FUEL et réduire ses coûts de production.

<B>Décision unilatérale</B>

La première demande de fermeture ? qui date d?avril 2004 ? n?est acceptée par le ministère de l?Agro-industrie qu?en mars 2007 à condition que FUEL et Belle-Vue arrivent à un accord concernant l?allocation des cannes de Mon Loisir. Mais faute d?accord, le ministère de l?Agro-industrie a décidé en mars 2008, de façon unilatérale, selon FUEL, d?allouer 300 000 tonnes des cannes de Mon Loisir à Belle-Vue, 50 000 tonnes à FUEL et 25 000 tonnes à Deep River Beau Champ (DRBC), autorisant en même temps la fermeture de Mon Loisir.

FUEL trouve cette décision ministérielle «inacceptable» et «arbitraire» et estime qu?elle met en péril la viabilité de l?usine. D?autant que lors de la demande de fermeture, il était convenu que FUEL recevrait toutes les cannes en provenance de l?usine de Mon Loisir. Et aussi que dans la pratique, quand il y a fusion d?usines, les cannes du Factory Area de l?usine qui ferme ses portes vont à celle qui reste ouverte.

Cela a été le cas lors de la fermeture de l?usine de Mount, lorsque la totalité des cannes a été redirigée vers Belle-Vue. De plus, lors de la fermeture de Constance, DRBC a récupéré toutes les cannes.

D?où l?incompréhension du groupe FUEL dans le cas de Mon Loisir. Le groupe demande au gouvernement de «reconsidérer sa décision et d?accepter de lui octroyer au moins 150 000 tonnes des cannes de Mon Loisir». Ce qui constitue le volume de cannes plantées par FUEL dans la région de Mon Loisir.

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