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SSR : il faut des élections pré-budget et le PTr au pouvoir
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SSR : il faut des élections pré-budget et le PTr au pouvoir
Notre presse indépendante entend battre le fer quand il est chaud. Et comme nos politiciens de tous bords, hormis le MMM, sont avides de négociations tous azimuts et de confidences, donnons leur la parole, pour qu?ils étalent leurs états d?âme, après la rencontre en catimini mais historique Boodhoo/Beedassy versus (?) SSR/SVR, rencontre rêvée pour certains mais réelle et même prometteuse pour d?autres.
A tout seigneur, tout honneur... place à Seewoosagur Ramgoolam. Fort de ses deux décennies aux commandes de la Maison Maurice, il s?estime bien placé pour souligner «l?inexpérience» de ses adversaires et successeurs militants. Il l?estime «effarante». Et s?en plaint. Il passe 40 ans à bâtir et à développer l?île Maurice (N.B. y compris les deux dévaluations de 50% de 1979 et de 1981 qui, soit dit en passant, auraient été fort appréciées, par certains, en ces temps d?...appréciation monétaire galopante) et, au bout de neuf mois, ils accouchent d?un chaos généralisé.
SSR se vante d?avoir souvent gouverné avec seulement deux voix de majorité. Il ne comprend pas comment peut-on être aussi nul avec une majorité de 60-0. Aucun nouvel emploi. Au contraire, licenciement de 20 000 travailleurs de relève (recrutés illégalement, le juge Rajsoomer Lallah dixit, la veille même des législatives du 11 juin 1982). L?aide alimentaire américaine, autrement dit celle des receleurs de Diego Garcia, allait rémunérer ces 20 000 travailleurs de relève, recrutés en catastrophe, sans l?ombre d?un encadrement approprié.
SSR c?est la stabilité (N.B. Bagarres raciales de 1968, grèves générales chroniques de 1971, règne des tapeurs, meurtre d?Azor Adélaïde, novembre 1971, un lustre d?état d?urgence et de censure de la presse, mai 1975 des étudiants, recours systématique à la transfugion parlementaire avec ce que cela suppose d?achat de conscience [?] politique, contestation au sein de son PTr pour cause de gérontocratie avancée, sinon avariée, etc.). Le MMM c?est la pagaille généralisée (La vérité même ça do !). Les militants passent leur temps à s?autodétruire. (Il n?y a qu?à voir ce qui en reste). SSR se déclare surpris. «Je redoutais leur inexpérience... mais pas à cette vitesse... Ils sont pires que je l?imaginais».
Ce qui le révolte le plus c?est la cruauté militante à l?égard des fonctionnaires, limogés comme de simples journaliers, en dépit de leurs glorieux états de service. (Indignation partagée). Il se vante de n?avoir jamais introduit de la politique partisane dans la fonction publique. Il respectait les idées politiques de tout un chacun mais demeurait intransigeant quant à l?extrême loyauté, à l?égard du gouvernement du jour, exigée de tout fonctionnaire. Aucun fonctionnaire ne peut se plaindre d?avoir été pénalisé par SSR, en raison de ses convictions. (N.B. Pas même Eddy Norton ? Pas même Zeel Peerun et les autres limogé de la manif anti-Banda ?).
La diplomatie militante est un fiasco. Refroidissement général des relations avec les pays amis traditionnels. Ouverture affichée mais infructueuse vers des pays aussi marginalisés que l?Algérie et Cuba. SSR se réjouit qu?Anil Gayan, nouveau ministre des Affaires étrangères, se montre plus conciliant et plus amical avec les Etats-Unis (les receleurs d?une base nucléaire et tortionnaire).
SSR apprécie qu?Anerood Jugnauth, son successeur au poste de Premier ministre, ait tenu parole à l?égard du PSM d?Harish Boodhoo. «Mon bon... ami Paul Bérenger commet une erreur en brisant en deux le gouvernement MMM-PSM». Déjà, en octobre 1982, il commettait bêtise sur bêtise. On ne décide rien quand on est en colère. Il est trop impatient. Maurice est un pays compliqué. Il faut peser le pour et le contre et surtout se demander comment chaque composante ethnique de la population réagira par rapport à la décision qu?on veut prendre. On reproche à SSR son indécision chronique (N.B. Hier, valses hésitations et, aujourd?hui, 72 heures). C?est qu?il faut donner du temps au temps. Il faut voir venir les choses. Avant de planter, il faut savoir préparer le terrain. Il faut mettre dans le coup les parties concernées. Il faut savoir écouter. Il faut ménager tout le monde.
Jugnauth ne pourra pas aller longtemps, cahin-caha comme il est, à la mi-1983. Il a besoin d?un nouveau mandat électoral. Et législatives pour législatives, autant les organiser avant le budget 1983-84. SSR rigole de nouveau, en pensant au 60-0 du 11 juin 1982. Il avoue que, même dans ses fantasmes les plus euphoriques, il n?a jamais rêvé d?une telle majorité (N.B. Pourtant la triste séquelle d?un système électoral, taillé à la mesure de SSR et que nos anciens maîtres colonialistes donc anglais déposent dans notre corbeille, non de mariage, mais d?indépendance).
A la décharge du MMM, sinon de Bérenger, SSR avoue qu?il est bien difficile de travailler avec Boodhoo. Un garçon difficile à calmer. Mais c?est parce qu?il est aussi têtu (ô Jugnauth !) qu?il sait résister à Bérenger et «nous épargner la dictature», SSR dixit.
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