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Belle Vue accélère sa mécanisation
Pas de solution miracle pour l?industrie sucrière. Face à la baisse du prix du sucre et à la compétition sur la scène internationale, les sucriers mauriciens se doivent de développer des stratégies. À Belle-Vue, le maître mot est : mécanisation. La propriété a lancé depuis l?année dernière son plan d?intégration du New Farming System (NFS), calqué sur le modèle australien. Ce plan s?étend sur une période de sept ans. Il comprend plusieurs étapes qui s?échelonnent à partir de la préparation du terrain jusqu?à la récolte. «Cette méthode se caractérise par une mécanisation plus importante et une utilisation minimale de main-d??uvre pour diminuer les coûts», explique Marc Lincoln, agronome à Belle-Vue-Mauricia. Parmi les techniques appliquées pour le NFS, l?utilisation de machines de pointe, le Global Positioning System (GPS), et une gestion différente de la surface, notamment avec les doubles rangs. «Il y a toute une série d?économies qui se font au fur et à mesure», souligne Marc Lincoln.
Dans un premier temps, Belle Vue a initié des étapes expérimentales par rapport au NFS. Ce n?est que depuis août 2007, que celui-ci a été lancé à une échelle commerciale. Avec la récolte 2008, ce système fera ses preuves pour la première fois. Si les aléas du temps et leur impact sur les cultures ne peuvent être contrôlés, certains mécanismes peuvent être mis en place pour optimiser le rendement de la canne. À Belle Vue, avec le NFS, la densité des cannes a augmenté, et le passage des machines a été réduit de 17 %. «Le NFS comprend le guidage des machines par GPS et une plantation de canne à forte densité avec des rangs de cannes jumelés. Cela va permettre d?augmenter les rendements de cannes et améliorer l?efficience des ?récolteuses?. Les effets de compactage seront aussi réduits car dorénavant le passage des roues se limitera à l?entre-ligne de canne», soutient Marc Lincoln.
La superficie sous culture de cannes gérée par Belle Vue est de 4 000 hectares. Il est prévu que d?ici 2014, 3 000 de ces hectares passent au NFS. L?année dernière, 144 hectares ont été ainsi préparés. 250 hectares viendront s?ajouter à cette surface cette année.
Minimiser l?intervention humaine
Une fois les sillons préparés, par un tracteur équipé d?un GPS, le tracé des sillons est répertorié électroniquement. Résultat : tout passage ultérieur effectué par une machine suit ce tracé sans forte intervention d?un chauffeur. Le rôle de ce dernier consiste surtout à contrôler la vitesse et à suivre l?évolution de sa machine sans se soucier de la ligne qu?il suit. «Quand on fait la récolte, par exemple, la machine est guidée automatiquement et le chauffeur peut se concentrer sur les cannes qui tombent à l?arrière dans le transporteur», explique Jean Marc Jauffret, garage manager de Belle-Vue-Mauricia. Le système GPS incorpore aussi une antenne émettrice pouvant opérer dans un rayon de 10 km.
Dans le cadre du NFS, l?intervention humaine est minimisée. Ainsi, l?entreprise arrive à gérer le départ d?une importante partie de la main-d'?uvre à la retraite anticipée, notamment avec le Voluntary Retirement Scheme (VRS). La mise en place du NFS facilite aussi la récolte effectuée de nuit, une pratique qui se fait à Belle Vue depuis plusieurs années. Grâce au GPS, ce type de récolte est plus fiable et les risques de perte de cannes sont moindres.
Le NFS inclut aussi un broyage des pierres. Vedalall Bhujun, responsable de la mécanisation à Belle-Vue, explique que les tracteurs équipés pour le broyage peuvent couvrir entre 1,2 à 1,5 hectare par jour et n?atteignent qu?un kilomètre heure, afin d?assurer que les pierres sont bel et bien transformées en poussière.
Ces machines qui broient les pierres sont parmi les différents engins dont Belle-Vue a dû s?équiper dans sa conversion vers le NFS. À la base, un investissement initial dépassant les Rs 30 millions a été nécessaire pour le lancement vers le NFS de manière commerciale. Jean Marc Jauffret fait cependant ressortir que plusieurs machines utilisées dans le cadre du NFS sont aussi utilisées ailleurs.
Le NFS australien comprend aussi la culture de légumineuses tels le haricot ou le soja, entre autres, entre les cycles de cannes. «Cette pratique a pour but de réduire les effets négatifs de certains pathogènes nuisibles de la canne qui se trouvent dans le sol et ces plantes ont aussi l?avantage de pouvoir fixer de l?azote dans le sol», soutient Marc Lincoln. Belle Vue poursuit des expériences afin de finaliser ses plans pour une telle culture.
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