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Restructuration en sourdine

23 avril 2008, 00:00

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Le secteur textile n?est pas au bout de ses peines. Les autorités gouvernementales donnent l?impression de ne plus s?en préoccuper. Jeté telle une peau d?orange dont on n?a que faire, ce secteur, qui faisait la fierté de Maurice, devra désormais céder sa place de choix d?antan à d?autres activités plus lucratives et prioritaires au regard du gouvernement. L?intérêt des pouvoirs publics se trouve apparemment ailleurs. Pour ces derniers, il revient au secteur textile d?être assez fort pour s?en sortir tout seul. Il devrait ajuster sa productivité au niveau de celle d?industries textiles des pays comme la Chine, l?Inde, Hong Kong ou Singapour. De toute façon, ce secteur devrait comprendre qu?il ne doit plus compter sur une roupie stable ou faible pour prospérer.

D?ailleurs, la roupie continuera à s?apprécier, selon une source bien crédible. Son appréciation fait le bonheur d?autres secteurs, qui tireront désormais l?expansion économique. Les priorités semblent alors être autres. Les exportateurs de textile ont beau attirer l?attention de l?opinion publique en parlant des nombreuses séquelles subies en raison de la roupie forte. En vain. Certains ont même rédigé, à l?adresse des gouvernants, des rapports étayés de chiffres de pertes énormes.

Leur destin, apparemment, semble être scellé. L?indifférence des autorités est claire. La survie du fleuron des entreprises d?exportation dépendra de lui-même. C?est exactement ce que semble dire le silence face à cette crise qui risque d?emporter plusieurs exportateurs. En adoptant une telle attitude, les décideurs politiques veulent faire comprendre aux acteurs du textile que leur salut passe par un processus vital de restructuration. Un processus de restructuration que le gouvernement fera semblant de ne pas voir, justement en raison des conséquences dramatiques qu?il entraînera.

En général, les entreprises d?exportation en difficulté ont intérêt à faire des efforts supplémentaires de modernisation. Cela signifie qu?elles devraient investir dans des équipements plus performants qui viendront se substituer à un «labour-intensive process». L?initiative de la restructuration qu?on attend d?elles commencera, dès lors, par une réduction de leurs effectifs.

Il faut qu?elles se dégraissent d?un effectif qu?elles traînent comme un boulet. Le secteur des entreprises d?exportation employait près de 79 800 personnes au mois de décembre 1996. En décembre 2007, soit 11 ans plus tard, son effectif est à la baisse, passant à 67 300 individus. Demain, pour des raisons de restructuration, il pourrait diminuer encore. Peut-être faudra-t-il aller plus loin, puisque tout est permis, en y revoyant les salaires à la baisse, au nom de la sainte compétitivité.

Encore des familles entières jetées à la rue, des bouchées de pain arrachées ? Qu?importe. Pour les entrepreneurs qui ont encore quelques scrupules, qu?ils sachent qu?ils ont désormais le feu vert pour passer à l?action. Pourvu que le taux de croissance économique de Maurice s?améliore de quelques points. Et pourvu que le pays gravisse des échelons au classement des meilleurs élèves du Fonds monétaire international.

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