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La Grande-Bretagne vole au secours du système bancaire

23 avril 2008, 00:00

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La Grande-Bretagne sera-t-elle le deuxième «domino» de la crise des subprimes, les crédits immobiliers à risques américains ? Après, la quasi-faillite de Northern Rock, il apparaît que ses banques sont frappées de plein fouet. La Banque d'Angleterre (BOE) a annoncé lundi dernier, un plan historique. L'autorité monétaire injecte 50 milliards de livres (63 milliards d'euros) dans le circuit monétaire. Elle apporte l'équivalent de cette somme aux banques sous la forme de titres d'Etat sans risque en contrepartie de crédits compromis. Les établissements financiers pourront se refinancer plus facilement. La mesure vise à lever une partie des inquiétudes du marché.

«Ce plan doit débloquer la situation à laquelle nous sommes confrontés», avait indiqué Alistair Darling, le ministre britannique des Finances sur les ondes de la BBC di-manche, qualifiant la crise de ?choc inédit depuis des générations?. «La crise a toutes les chances d'empirer», avait ajouté Alistair Darling. «Ce sera une étape essentielle», estimait encore le Chancelier de l'Echiquier. Il devait présenter son plan en détail lundi après-midi aux parlementaires.

L'intervention de la BOE est en fait assez similaire à celle déjà engagée par la Réserve fédérale américaine (Fed) en mars. La Fed avait proposé près de 200 milliards de dollars (126 milliards d'euros) aux banques pour reprendre une partie de leurs crédits compromis. «La Banque d'Angleterre s'aligne ainsi sur l'action de la Fed, mais aussi sur les interventions de la Banque centrale européenne (BCE)», ajoute Gilles Moëc, économiste de Bank of America à Londres.

«Rassurant et... inquiétant»

Au Royaume-Uni, la banque centrale ne dispose pas des mêmes outils que ses homologues pour soulager les banques et «les établissements ont été obligés de faire des acrobaties pour trouver des fonds», indique Gilles Moëc. «Cette mesure était d'autant plus nécessaire», estime-t-il, qu?«en Angleterre, les grandes banques ont massivement investi dans les crédits titrisés [très affectés par la chute du marché]». Les banques n'ont d'ailleurs pas encore fini d'éponger leurs pertes.

Selon le Financial Times de lundi dernier, la Royal Bank of Scotland devait annoncer, cette semaine, de nouvelles dépréciations d'actifs de l'ordre de 6 milliards de livres ainsi qu'un plan de recapitalisation de plus de 10 milliards. (Voir encadré)

Au Royaume-Uni les difficultés des établissements bancaires inquiètent particulièrement car, pour y faire face, ils resserrent de plus en plus les conditions de crédits pour les ménages et les entreprises menaçant ainsi de gripper toute l'économie. En outre, la crise financière s'ajoute à un retournement déjà sensible du marché immobilier comme aux Etats-Unis, en Espagne ou en Irlande.

L'intervention de la BOE suffira-t-elle cette fois à soulager le marché ? «C'est rassurant car cela montre que les autorités réagissent, mais c'est aussi inquiétant quant à l'ampleur des problèmes traversés par le Royaume-Uni», conclut Jean-Louis Mourier analyste chez Aurel level.

© Le Monde 2008 -

Claire GATINOIS

Distribué par The New York Times Syndicate

EFFETS IMMEDIATS

La deuxième banque britannique augmente son capital

■ La Royal Bank of Scotland (RBS), deuxième banque anglaise, a annoncé hier, une augmentation de capital d'un montant de 12 milliards de livres (15 milliards d'euros), l'une des plus importantes opérations financières de ce type dans l'histoire de l'Europe ? la plus grosse selon le «Financial Times» ? afin de faire face à des dépréciations d'actifs estimées à 5,9 milliards de livres et au rachat, l'an dernier, de son concurrent néerlandais ABN Amro pour 71 milliards d'euros. Selon RBS, cette augmentation de capital, annoncée dès lundi par les responsables de la banque, est "entièrement garantie" par les banques Goldman Sachs, Merrill Lynch et UBS. Concrètement, la banque proposera onze actions supplémentaires au prix de 200 pence l'action à chaque actionnaire détenant 18 actions. Cela représente une baisse de 46 % par rapport au cours de clôture de lundi, à 372,50 pence. En outre, la banque écossaise prévoit des cessions d'actifs non stratégiques, dont celle totale ou partielle de ses activités dans l'assurance, afin d'ajouter 4 milliards supplémentaires à son capital d'ici à la fin de l'année 2008. L'augmentation de capital de RBS intervient au lendemain de l'injection par la Banque d'Angleterre de 50 milliards de livres (63 milliards d'euros) dans le circuit monétaire, afin de faciliter le refinancement des établissements financiers et de lever les inquiétudes du marché.

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