Publicité
L?orgueil du ministre
<B>Par Raj MEETARBHAN</B>
Le ministre de l?Education est remarquable par sa constance à suivre une piste donnée même quand des vents contraires soufflent sur lui. Ni les pluies torrentielles, ni les tempêtes ne parviennent à le détourner de sa voie. Non, il ne s?agit pas ici de rappeler son entêtement à appliquer sa contre-réforme du CPE mais de parler de son attitude face aux turbulences dans le secondaire privé.
Hier, managers, enseignants et parents ont décidé de maintenir l?ordre de grève illimitée dans les collèges à partir de mardi prochain. La réponse du ministre à ce mécontentement généralisé ? L'indifférence et le désintéressement absolu. Il ne cherche pas à dialoguer avec les parties concernées pour comprendre ce qui est à l?origine de leur irritation. Tout au contraire, il fait monter la tension en brandissant des menaces tous azimuts.
En fait, il est assez difficile de cerner les raisons de l?exaspération des managers, des syndicats et des parents. Ceux-ci évoquent, pêle-mêle, des dossiers allant du «prévoc» au fonctionnement de la PSSA en passant par la précarité de l?emploi. Ainsi, on a du mal à saisir la cause précise de ce qui motive l?action commune qui est prévue à partir du mardi 29 avril.
Contrairement à l?affaire CPE où les divergences portaient sur une opposition de fond entre l?élitisme et la démocratisation, la situation actuelle est liée à une question de forme. Davantage que sa position sur les revendications précises des uns et des autres, c?est la manière de faire de Dharam Gokhool qui révolte les partenaires de l'enseignement privé. En ce moment, par exemple, plutôt que de convoquer des réunions pour trouver un terrain d?entente sur les griefs évoqués, il envoie ses fonctionnaires sur le terrain pour intimider, pour diviser et pour terroriser. En ce faisant, il amplifie la colère.
Si Dharam Gokhool avait bien voulu prêter une oreille attentive aux doléances des représentants de l?enseignement privé, il aurait désamorcé la crise depuis longtemps. Déjà, en janvier 2007, la fédération des managers reprochait au ministre de ne pas tenir compte des propositions qu?elle avait faites dans un mémorandum. «Nous avons l?impression que nous forçons le partenariat avec le ministère. Cela nous attriste profondément. Nous nous posons des questions sur le slogan World Class Education. C?est une farce», s?insurgeait Rajiv Roy, le secrétaire. Cela a culminé avec le cri du c?ur exprimé lors d?une conférence de presse donnée le 4 avril dernier : «Bizin sanzman». C?était la première fois depuis la fin des années 70 que la fédération demandait la démission d?un ministre de l?Education. De même, le syndicaliste Yahya Paraouty s?élève contre la gestion du ministre : «Des décisions sont prises sans consultations avec les partenaires.»
Les difficultés du secteur éducatif ne sont pas insurmontables. Il est possible de trouver des solutions, pourvu que le ministre échappe à ce travers qu?est l?orgueil.
Publicité
Publicité
Les plus récents