Publicité

2 000 employés de Princes Tuna au bord du chômage technique

22 avril 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

2 000 employés de Princes Tuna au bord du chômage technique

L?industrie du thon mauricienne est dans une mauvaise passe. Car environ 150 conteneurs de produits finis, en particulier du thon en conserve, sont bloqués à Port-Louis et ne peuvent être exportés faute de dérogation de l?Union européenne (UE). Cette dérogation permet aux exportateurs mauriciens d?envoyer des produits transformés à partir de poissons pêchés par des bateaux autres que ceux des Etats de l?Union européenne ou de l?Afrique orientale et australe.

En raison des difficultés qu?elle éprouve pour s?approvisionner en matières premières, Princes Tuna Mauritius (PTM) - l?usine la plus affectée dans ce secteur - a eu à réduire sa production de 20 % à 30 % ces dernières semaines. Si cette situation persiste, cette usine, qui emploie quelque 2 000 personnes, se verra dans l?obligation d?entrer en chômage technique début mai.

La situation de PTM au niveau des matières premières n?a cessé de se détériorer au cours du premier trimestre. Car la pêche aux espèces de thon utilisées par cette conserverie a été mauvaise pendant cette période. Avec pour résultat qu?elle a décidé d?acheter du thon qui n?est pas pêché par des bateaux des Etats de l?UE ou de l?Afrique orientale et australe (AFOA), dont fait partie Maurice.

Ces achats, effectués par PTM en anticipant la dérogation sous le Market Access Regime (MAR), ont permis à la conserverie de rester en opération en mars et avril.

Mais comme la dérogation n?est pas encore arrivée, quelque 150 conteneurs attendent l?embarquement au port. Sans cette dérogation, PTM aura à débourser des millions de roupies en termes de droits de douane qui sont de 24 %.

«Nous sommes extrêmement inquiets. L?absence de cette dérogation a un impact très négatif sur notre situation financière, sur nos capacités d?exportation et la compétitivité de nos produits. Nous espérons qu?une solution sera trouvée dans les meilleurs délais pour éviter que la situation n?empire», confie Evert Liewes, Managing Director de PTM.

Dans les milieux de l?industrie du thon on s?accorde à dire que les conserves de thon en Grande Bretagne sont généralement consommées en été. Ce qui fait que sans cette dérogation, les commandes ne seront pas livrées à temps aux clients britanniques.

Les produits de PTM sont exportés majoritairement vers la Grande-Bretagne. Maurice et les Seychelles produisent 50 % des besoins de ce pays en conserves de thon.

Des opérateurs mauriciens disent ne pas comprendre «comment l?UE prend tellement de temps pour arriver à une décision sur l?octroi de cette dérogation, alors que la demande mauricienne a été faite depuis longtemps déjà».

<B>Règles d?origine</B>

D?autant que le MAR indique clairement que les pays concernés peuvent faire une requête pour une dérogation quand il y a des problèmes au niveau de leur approvisionnement en matières premières pour leurs usines.

Sous l?ancien Accord de Cotonou, l?industrie du thon mauricienne bénéficiait d?une dérogation automatique pour les conserves et filets de thon. Avec l?expiration de cet accord en décembre 2007, cette dérogation automatique a disparu.

Elle concerne entre 800 et 1 000 tonnes de produits finis.

Eventuellement, cet accord sera remplacé par l?Accord de partenariat économique (APE), actuellement intérimaire, mais qui contient aussi une clause de dérogation pour les conserves et les filets de thon.

Selon le directeur d?une usine de traitement de thon, cet accord a besoin d?être ratifié par les signataires pour pouvoir être appliqué.

Pour éviter que le commerce avec les états d?Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), y compris Maurice, ne soit perturbé, l?UE a mis en place le MAR, un système qui règle l?accès hors taxes des produits des ACP sur les marchés européens en attendant que l?APE intérimaire soit en vigueur.

D?ailleurs, Peter Mandelson, le commissaire européen au Commerce, avait déclaré lors de la réunion des ministres du Commerce UE-AFOA, le 3 mars à Lusaka, Zambie, qu?en ce qui concerne les règles d?origine, les Etats d?AFOA ont fait ressortir qu?ils faisaient face à une «trade disruption due to automatic derogation on tuna and new provisions on cumulation. In this regard, the parties agreed to take necessary measures to solve these problems expeditiously».

Mais du côté de Thon des Mascareignes (TDM), le problème ne se pose pas tellement car l?usine exploite une espèce de thon différente de PTM. Car si PTM est engagée dans la production de conserves, TDM exporte des longes (filets) de thon précuits vers l?Europe.

Publicité