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Le maître chanteur
Le concert de Sean Paul a failli être annulé. A 17 h, samedi dernier, un coup de téléphone des agents de Sean Paul a semé la panique au sein du comité organisateur de l?événement. «J?ai reçu un appel des agents de Sean Paul me demandant de venir tout de suite à l?hôtel. Paniqué comme pas deux, je me suis mis en route. Arrivé sur les lieux, ces derniers m?ont réclamé la somme de Rs 1.1 million sinon ils annuleraient le concert. Je leur ai fait comprendre que nous étions samedi et que toutes les banques étaient fermées. Mais, ils n?ont rien voulu entendre,» explique Sharris Sumputh de 3events.
Face à ce chantage, Sharris Sumputh n?a eu d?autre alternative que de chercher l?argent pour payer. La course contre la montre débute. «A 20 h, j?ai pu mettre la main sur un montant de Rs 500 000 et je suis allé à l?hôtel. J?ai donné l?argent à Mario Kriegl, un des agents, en lui faisant signer un papier. Et, je lui ai bien fait comprendre que c?était de l?extorsion de fonds et un horrible chantage qu?il faisait à tous les fans de Sean Paul qui attendaient avec impatience le début du concert. C?était le cadet de leur souci. Ils m?ont dit que je devais payer le reste de la somme après le concert,» explique l?organisateur.
<I>«Je lui ai dit que je l?empêcherai de quitter Maurice s?il ne me retournait pas mes Rs 500 000 plus les Rs 800 000 que son équipe me devait déjà.»</I>
Après le paiement, les agents ont fait signe à Sean Paul que tout avait été réglé et qu?il pouvait se rendre au concert. Et c?est notamment pour cette raison que le concert a débuté avec près de trois heures de retard. Arrivé au stade de Rose-Hill, la diva Sean Paul a refusé de rencontrer les organisateurs du concert et les journalistes. Ce dernier a même fait comprendre qu?il ne trouvait pas en quoi le fait de rencontrer la presse mauricienne lui serait utile, car il est déjà une star internationale.
Après le concert Sean Paul a été retenu par les membres de la sécurité de l?événement en attendant que les organisateurs règlent le problème de chantage qui a eu lieu avant le concert.
Sharris Sumputh, lui, était déjà à l?hôtel en compagnie de quelques policiers pour parler à Mario Kriegl. «Je ne savais plus quoi faire. C?est pour cette raison que j?ai contacté la police, car j?ai été victime d?un odieux chantage,» confie avec colère Sharris Sumputh.
Se sentant au pied du mur, Mario Kriegl a demandé à passer un coup de fil au manager de l?artiste, Steeve Wilson. Ce dernier est entré dans la pièce et a déclaré ne rien savoir de cette histoire de chantage et de l?After Party qui aurait dû avoir lieu au Lakepoint après le concert. «J?ai dit à Steeve Wilson que c?était Mario qui avait donné son accord pour le Lakepoint. A ce moment-là, il m?a réclamé encore Rs 500 000 pour que Sean Paul chante au Lakepoint. Je ne pouvais plus me retenir et je lui ai bien fait comprendre que toute son équipe était coupable de chantage et d?extorsion et au même moment Sean Paul est entré à l?hôtel en disant plein de jurons. Je lui ai dit que je l?empêcherai de quitter Maurice
s?il ne me retournait pas mes Rs 500 000 plus les Rs 800 000 que son équipe me devait déjà pour les frais supplémentaires que j?ai payés de ma poche pour les billets d?avion,» déclare Sharris Sumputh. Face à cette menace, ils ont retourné l?argent et ils ont assuré que les Rs 800 000 seront payés à 3events après le Final Accounting.
<B>La belle galère?</B>
Samedi 29 mars, 19 h, une masse humaine converge vers le stade de Rose-Hill où le «prince du dancehall» a promis de mettre le feu? sauf qu?il n?a pas précisé à quelle heure. C?était le début d?une belle galère?
Les organisateurs étaient dépassés par les évènements. Les exigences des agents de Sean Paul, les changements de dernière minute et les impositions de ses gardes rapprochés ont contribué à rendre la production de ce concert un casse-tête jamaïquain. Une odeur de magouille flotte dans l?air?
La première partie s?est faite, mais peu de monde l?a remarquée. Ce n?était point évident avec les lumières éteintes et la sonorisation réduite, selon les consignes de l?ingénieur de son de Sean Paul. DJ Kingdom, DJ Did Steph et Prince V ont eu beau se donner toutes les peines du monde, il est compréhensible qu?au bout de deux heures le public réclame la fin de cette première partie? mais Sean Paul n?était pas encore arrivée. Ces agents avaient affaire ailleurs.
Sean Paul et sa clique sont venus à 21 h 50. Exigeant que les membres de la presse s?éloignent le plus loin possible de sa loge. «Get them out,» aboie le «personal security of Sean Paul.»
Qu?en est-il du spectacle ? Sean Paul sait divertir sa galerie, surtout les adolescents obnubilés par son charme, envoûtés par ses danseuses. Ce public conquis d?avance pardonne tout. La voix qui détonne et même ce retard de trois heures. Nous non. Il a beau être une star mondiale et «le prince», «le roi» du dancehall, mais il ne peut traiter les Mauriciens ainsi. Sean Paul n?est pas ce genre d?artiste qui reste humble face à la notoriété. Sur son petit nuage, il snobe son monde? Ses intonations, ses réflexions sur scène soulignent cette arrogance difficilement masquée.
Sean Paul a fait son show, a ravi les jeunes mais ne nous a pas étonnés, ni même surpris dans ce qu?il a proposé. Ce n?est pas le même niveau de spectacle comme celui qu?il avait livré au Canada, il y a quelque temps. Il a distillé ce qu?il fallait pour satisfaire une audience emportée par la vague dancehall, ses danses subjectives et ses tubes mondiaux.
La seule chose qui donne entière satisfaction à ce concert est la sonorisation et la lumière de Damoo et DB Vision. Cela a peut-être contribué à la bonne vibration qui s?est diffusée dans la foule? «J?ai remporté mon pari, en prouvant qu?on peut distiller un bon son avec ce concept 100% Mauricien,» souligne Bruno Raya. Le seul bémol est au niveau de la projection, où le petit écran en horizontal était trop bas. Ce qui fait que ceux à l?arrière ne voyaient rien. Le podium aussi était, selon nous, un tantinet bas.
SECURITE
<B>Egarement de principes</B>
Des voix se sont élevées. La tension est montée d?un cran quelques minutes avant l?entrée de Sean Paul sur scène. Les agents du chanteur jamaïcain ayant imposé le renvoi de la presse près des loges de l?artiste. «Qu?on les éloigne des loges où Sean Paul ne montera pas sur scène,» hurle les agents de l?artiste. Devant cette situation, les choses prennent une autre ampleur.
L?équipe responsable de la sécurité, Bodyguard Security Ltd devait faire évacuer les membres de la presse, avait une attitude et un langage vulgaire qu?on réprouve farouchement. «On était en état de pression. On a élevé la voix, certes, mais on a été devant une obligation d?agir. On nous fait signer un contrat qui stipule qu?on doit obéir aux directives des agents de Sean Paul,» explique H. Philippe de Bodyguard Security Ltd. Ces consignes devenaient de plus imposantes lorsque ces derniers interdissent même à la presse de prendre des photos.
«J?ai pris sur moi pour permettre aux photographes de faire leur travail. Les agents de Sean Paul avaient menacé d?annuler le concert, si on prenait des photos.» Il faut, souligne cet intervenant, que les organisateurs précisent les prérogatives à la presse concernant sa marge de man?uvre lors du concert. On ne peut inviter la presse pour couvrir un événement et l?empêcher de travailler librement. Et que «chacun assume ses responsabilités.»
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