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Les grandes manoeuvres s?enclenchent

5 avril 2008, 00:00

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Il y a eu au départ l?épisode de Reza Issack. Ensuite celui de Madan Dulloo. Enfin celui d?Anil Bachoo. En l?espace de quelques semaines, des fissures sont apparues au sein de l?Alliance sociale. Du côté du Mouvement militant mauricien (MMM), on accommode ou alors on joue au tentateur. Pour les partis au pouvoir, il s?agit de maintenir une cohésion même si elle n?est que de façade.

Du coup, l?opinion est plutôt confuse. Dans le seul cas d?Anil Bachoo, elle est en présence de versions contradictoires. Entre les «révélations» fracassantes de Dinesh Ramjuttun, les négations du ministre de l?Environnement et les déclarations ambiguës du leader du MMM qui ne confirme ni n?infirme ses rencontres avec Bachoo, le flou s?est installé. Paul Bérenger déclarait ainsi après le démenti d?Anil Bachoo qu?il était «attristé et choqué par le démenti d?Anil Bachoo qui est quelqu?un de très religieux».

Mais un fait demeure, à mi-mandat de la présente législature et à l?approche de ce 1er Mai 2008, les événements se précipitent. La direction des partis a enclenché les grandes man?uvres. Les seconds couteaux prennent un malin plaisir à jouer à «l?agua». Et tout le monde spécule sur la prochaine configuration électorale. Cependant, c?est motus et bouche cousue et, au mieux, une exacerbation de la langue de bois au sein des instances dirigeantes des partis.

Pour le MMM, il n?y a aucune tentative de débauchage. «Paul Bérenger est devenu incontournable dans le paysage politique. Il n?est pas seulement un chef de parti mais il est aussi reconnu comme l?adversaire direct de Navin Ramgoolam. C?est ce qui explique qu?on fait la queue devant son domicile. Pas seulement les hommes politiques mais aussi des volontaires pour donner un coup de main ou des conseils», assure, à cet effet, Rajesh Bhagwan, secrétaire général du par ti mauve.

Choix determinant</B>

 Pour le Parti travailliste (PTr), il n?y a, malgré les événements, aucune remise en question de la cohésion gouvernementale.  «Nous demeurons un gouvernement cohérent. L?épisode Madan Dulloo, c?est du passé. Notre défi consiste à poursuivre la réforme économique et dont les résultats commencent à être perceptibles. Quant aux rumeurs qui circulent sur le parti, il faut savoir que le PTr est une formation démocratique comme le démontre le cas de Reza Issack qui a donné des explications sur sa rencontre avec Paul Bérenger. Des explications que nous avons acceptées», déclare, en ce sens, Deva Virahsawmy, secrétaire général du parti rouge. Celui-ci nie aussi les rumeurs à l?effet que son parti soit en contact avec des partis de l?opposition.  «Nous n?avons établi aucun contact avec qui que ce soit. Nous sommes satisfaits de la performance de nos alliés», renchérit, à ce chapitre, le député travailliste.

Il n?empêche qu?un grand programme de flirt a été enclenché. Les initiateurs ne sont pas seulement les partis de l?opposition. Il faudrait aussi voir du côté du PTr. Il est rare dans ce pays qu?une même plate-forme électorale se présente deux fois de suite aux législatives. Souvent, en fait, reproduire le même schéma équivaut à perdre les élections comme cela a été le cas de l?alliance MSM-MMM aux dernières consultations.

Pour l?immédiat, si le MMM et le PTr ont durci la ligne, chacun se déclarant comme le rival direct de l?autre, c?est le rôle que jouera le MSM aux prochaines élections qui intrigue de nombreux observateurs. Le parti de Pravind Jugnauth se dit résolument dans l?opposition. Mais la realpolitic exclut dès le départ toute confrontation à trois. Dans un tel cas de figure, deux alliances seront forcément constituées. Que fera le MSM lorsque le moment du choix sera venu ? Une nouvelle opportunité de partage de pouvoir avec le MMM ?

Ou un éventuel rôle de second pour son leader aux côtés de Navin Ramgoolam ? Ce sera un choix crucial pour le parti du soleil.

<B>«Etudier toutes les possibilites»</B>

Un choix déterminant mais pour un parti qui, à ce stade ne détient pas toutes les cartes. Pour preuve, seulement 7 % des sondés de l?enquête réalisée par Sofres pour le compte de Business Magazine déclarent leur loyauté à ce parti.

La nouvelle configuration électorale dépendra, dans une grande mesure, de ce que fera le parti soleil. Le PTr a intérêt à marginaliser le MMM et son leader. Pour l?instant, comme le souligne Deva Virahsawmy, le PTr «étant le parti au pouvoir étudie toutes les possibilités même s?il n?y a rien de décidé». Il n?en demeure pas moins que le parti mauve tente de créer, et cela à certains degrés avec succès, des brèches dans le bloc de l?Alliance sociale. Les jeux ne sont pas encore faits. L?épisode Anil Bachoo n?est pas, pour de nombreux observateurs, clos alors que le MSM se cherche toujours une posture qui lui permettra de sauver la face. «Du fait que Paul Bérenger est perçu par l?opinion comme l?adversaire direct de Navin Ramgoolam, ce sera lui qui déterminera la plate-forme de l?opposition qui affrontera le PTr aux prochaines élections», affirme de son côté Rajesh Bhagwan.

Le 1er Mai prochain, le budget 2008-2009 et le sort qui sera réservé à l?appel interjeté par Ashock Jugnauth au Privy Council influeront directement sur la suite des événements.

<B>Tous vers le 1er Mai</B>

Les différents états-majors politiques affûtent leurs armes. Ce 1er Mai 2008 est un test de popularité qui intervient alors que la majorité parlementaire aura passé le cap du mi-mandat. «Pour cette année, nous n?organisons pas de meetings ou de congrès de mobilisation. Au lieu d?attendre que les gens viennent vers nous, nous avons décidé d?aller vers les gens. Nous avons pris conscience que les gens qui viennent aux réunions seront de toutes manières présents au meeting du 1er Mai. D?où l?accent sur l?action de proximité des Constituency Labour Party (CLP)», explique le secrétaire général du PTr, Deva Virahsawmy. Celui-ci confirme que le fait que ce 1er Mai 2008 intervienne après le mi-mandat de l?Alliance sociale est un moment important pour savoir si la population soutient l?action du gouvernement. C?est ainsi que les réunions hebdomadaires de l?Alliance sociale auront l?occasion après le 1er mai de procéder à un bilan et de passer «à autre chose.» Du côté du MMM, on se réjouit du «nouvel ancrage sur le terrain», pour reprendre l?expression de Rajesh Bhagwan. «C?est un fait qu?au fil des années et après des passages au pouvoir, la machinerie du parti était un peu rouillée. Après les élections de 2005, nous avons réinvesti le terrain. De la base à la direction, nous avons redynamisé toutes les instances. Aujourd?hui, nous récoltons les fruits de notre travail. Ce 1er Mai 2008 sera une occasion de confirmer à nouveau notre progression», fait ressortir le secrétaire général du MMM

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