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Les managers du privé veulent que Gokhool démissionne

4 avril 2008, 00:00

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«Bizin sanzman ! » C?est ce que disent les managers des établissements secondaires privés. «Il est temps pour un nouveau départ dans l?éducation», affirme Rajiv Roy, secrétaire de la Fédération des managers des collèges privés, qui regroupe la grande majorité des écoles secondaires privées. Ils demandent avec insistance le départ du ministre de l?Education, Dharam Gokhool. Pour la première fois depuis la création de la fédération, à la fin des années 70, celle-ci demande la démission d?un ministre de l?Education.

Si, d?ici le début du second trimestre, soit la fin avril, le ministre est toujours en poste, la fédération se dit prête à enclencher les grandes man?uvres.

«Nous le disons haut et fort, nous réclamons le départ du ministre. Il nuit à l?ensemble du secteur. Nous n?arrivons plus à fonctionner», lance Rajen Chamroo, porte-parole de la fédération, lors d?une conférence de presse à l?hôtel St-Georges, à Port-Louis, hier

Rajiv Roy souhaite que le ministre prenne ses responsabilités. Si tel n?est pas le cas, «nous allons prendre des actions fortes au début du second trimestre. C?est dans l?intérêt public qu?il parte au plus vite».

Pour l?instant, les managers du privé ne souhaitent pas dévoiler leur stratégie. Ils profiteront des vacances qui débutent demain pour battre le rappel des troupes.

<B>Immobilisme</B>

«Nous alerterons nos membres, les parents d?élèves, les students? councils et nous prendrons contact avec les syndicats des employés», explique Serge Ng Tat Chung, président de la fédération.

La «goutte d?eau qui a fait déborder le vase» est la mort de Laura Paul, élève du collège privé Merton, lors des inondations. Les managers reprochent au ministre de ne pas avoir fait le nécessaire. «Ce n?est pas vrai de dire qu?il a tout fait pour que les élèves rentrent en sécurité. Ce jour-là, nous avons passé notre temps à appeler le ministère et la Private Secondary School Authority (PSSA) pour demander quoi faire. Ils jouaient aux abonnés absents. A aucun moment ils ne se sont souciés de la sécurité des enfants. A 14 heures, lorsque le ministère décide de licencier les élèves, personne ne nous a contactés officiellement», reproche Serge Ng Tat Chung.

Il a fallu une concertation entre les managers pour décider que les enfants pouvaient rentrer chez eux vers midi. «Aujourd?hui, comble du ridicule, le ministère exige des explications sur notre décision.»

«C?est l?immobilisme du ministère qui a conduit à cette situation qui a résulté en la mort de cette enfant. C?est déplorable», ajoute Rajiv Roy.

Depuis environ deux ans, la Fédération des managers tire la sonnette d?alarme sur plusieurs dossiers en suspens et depuis plus d?un an. Elle fait savoir publiquement son mécontentement devant ce qu?elle appelle l?immobilisme et les agissements du ministère. «Jamais nous ne nous sommes sentis aussi délaissés. Nous déplorons la mise à l?écart du secteur privé. Nous fonctionnons dans un vide et dans un secteur comme l?éducation, c?est dangereux», estime Rajiv Roy.

Et le chapelet des reproches faits par le privé est long. «Il y a un désintéressement par rapport aux collèges privés, une absence de vision, un immobilisme, une incapacité de prendre des décisions, une passivité», trouve le président de l?association.

La fédération n?apprécie guère la manière dont les fermetures des collèges substandards sont traitées et voit d?un mauvais ?il le fonctionnement de la PSSA. Cette autorité serait réduite à être une caisse de résonance du ministère.

Quant à la fermeture des collèges, la fédération demande à ce que cela se passe «de manière civilisée». Ceci ne serait pas le cas. Les managers craignent que le secteur en entier soit mis en péril avec la manière de faire du ministère.

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