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La touche Jeetah

1 avril 2008, 00:00

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Par Raj MEETARBHAN</B>

Riz, lait et farine : ces produits de consommation courante figurent sur la liste des prix qui flambent à travers le monde. Les prix s?envolent chez nous, également, mais on s?y résigne. Les consommateurs ont compris que les distributeurs locaux n'ont d'autre choix que de répercuter les hausses décidées par les fournisseurs étrangers. En revanche, les risques qui pèsent sur notre approvisionnement sont, eux, la conséquence directe d?une décision politique prise en novembre dernier sur l?allocation du contrat d?achat de la farine.

Le ministre Rajesh Jeetah a confirmé au Parlement mardi dernier qu?en ce qui concerne la commande placée auprès des Chinois pour 100 000 tonnes de farine, aucune livraison n?a encore été effectuée. «No scheduling of delivery has yet been made», a-t-il annoncé avant de préciser que «due to exceptional situation, that is ?force majeure?, China has put a condition on the exportation of flour». En clair, la sécurité de l?approvisionnement du marché mauricien n?est plus garantie.

La STC cherchera à se rabattre sur la farine en provenance de la Turquie si les difficultés persistent. Mais une première expérience avec cette source d?importation s?est révélée infructueuse. Les boulangers et les ménagères se plaignent de la qualité du produit turc qui a été mis en vente depuis le début de cette année. Même le député de la majorité, Shakeel Mohamed est intervenu la semaine dernière pour évoquer les plaintes reçues : «Reports have been received by several bakeries in the South on the quality of the flour from Turkey.» Au passage, il a égratigné le ministre qui prétendait ne pas être au courant des protestations et a plaidé pour que ces «reports are not hidden away from him». Manifestement, la Turquie n?est pas une alternative viable. Pourtant, c?est environ 50 000 tonnes de farine que la STC devra trouver durant le deuxième semestre 2008.

C?est une décision prise par le ministre Jeetah en novembre dernier qui a conduit aux bouleversements qui perturbent aujourd?hui le marché de la farine. Face au prix indiqué par le soumissionnaire à la suite d?un appel d?offres, le gouvernemental a agi de manière absurde. Il a simplement annulé l?exercice, puis s?est rétracté pour offrir la moitié du contrat seulement au soumissionnaire. La seconde moitié a été négociée, comme cela se faisait avant 1989, par le ministre ou ses conseillers, directement avec des fournisseurs étrangers. Ainsi, le gouvernement a improvisé une solution plutôt que de mettre en place une stratégie qui tient compte de la crise mondiale alimentaire.

Confronté aux prix élevés des produits alimentaires, le gouvernement ne se montre pas très imaginatif. Soit, il décide de se passer des opérateurs privés pour confier à la STC le soin d?importer ces produits. Ou alors, il augmente les subsides alimentaires. Dans les deux cas, c?est ruineux pour l?Etat et dangereux pour notre sécurité alimentaire.

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