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Logique Statisticienne

29 mars 2008, 00:00

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Vous tenez à avoir la recette de fabrication d?une bombe sociale ? Il suffit d?attendre que certains de nos dirigeants prennent la parole ! L?un d?entre eux s?est même permis de franchir les limites de l?indécence en résumant la vie humaine à des statistiques. On peut comprendre que ce soient des propos pathétiques. Mais on sait aussi que même lorsqu?on est acculé, on n?a pas le droit de faire des interventions éculées. Cependant, certains s?arrogent ce droit. Ils savent qu?ils ont la latitude de débiter des énormités sans que rien de grave ne leur advienne.

Pour des fautes moins graves, dans de véritables démocraties, des gouvernants auraient déjà remis leur démission. Mais on est à Maurice ! C?est le genre de réflexion qu?on souhaite ne plus avoir sur son pays. Nous y sommes toutefois contraints. Certes personne n?a le droit de faire la morale. Néanmoins l?immoralité des uns ne nous laisse pas d?autre choix.

Un ministre a pris la parole. Peut-être de niveau internationale, cette parole a pétrifié le temps. Elle a provoqué un effroyable engourdissement de nos membres. Il y a ainsi des phrases qui, comme des pointes, vous tranchent le coeur. Et à l?insensibilité de quelques-uns succède l?indignation d?une majorité. Une majorité qui, en public comme en privé, a exprimé sa colère. Un ministre, ça suppose avoir la conscience des événements et non pas devenir un véritable échantillon de lâche filouterie.

Ce qui nous est arrivé mercredi dernier relève d?un phénomène qui n?est pas de notre contrôle. Il est vrai, qu?en amont, nous sommes coupables d?un mal typiquement mauricien : une incapacité congénitale à anticiper les événements et à nous y préparer pour y faire face. Ce qui nous est arrivé ne doit pas non plus servir d?exutoire à des frustrations partisanes, à des barricades citoyennes ou à quelque forme de chantage social. Chacun se doit d?assumer ses responsabilités. Des citoyens inciviques aux autorités publiques qui se sont signalées par leur pusillanimité.

Cela n?autorise personne à se livrer à des excès. Encore moins nos dirigeants, car lorsqu?on est dans l?adversité, on se bat avec panache. On ne cherche pas à fuir ses responsabilités. Au lieu de défendre l?indéfendable, on tient un discours humble où on s?obstine à rechercher la compréhension et le pardon de ses concitoyens. On n?a rien eu de tout cela ces derniers jours. Par contre, on a assisté à une pitoyable quête de bouc émissaire. Et la station météorologique a plutôt bon dos à ce jeu alors que c?est le climat moral de certains qui est plutôt déréglé.

Durer, perdurer voire endurer, sont-ce là l?essentiel pour ceux qui sont au pouvoir ou qui y aspirent ? Tout ne se résume-t-il qu?à garantir son bail à l?Hôtel du gouvernement jusqu?en 2010 sinon au-delà ? Au lieu de se livrer à des tractations politiciennes indéfiniment, n?a-t-on pas mieux à faire dans l?opposition ? Le Premier ministre n?a-t-il pas mieux à nous proposer que ce radoteur exercice de «Fact-Finding Committee» ? Un chef de gouvernement, ça tranche non seulement pour des calculs politiques mais aussi pour des raisons humaines. C?est là qu?on sait qui a la poigne et qui ne l?a pas ! Toute autre posture risque de n?être interprétée que comme de l?imposture. Comment rester indifférent devant ceux qui, au lieu de rassénérer la population, la provoque. A défaut d?une compassion émue, cette population a assisté à un vulgaire jeu de rôle où chacun s?évertue à se déculpabiliser. Et où d?autres, après avoir démissionné de leur responsabilité, nous ont joué d?incendiaires émissions.

Nous ne sommes pas là pour chercher des coupables. Mais ceux qui se présentent comme des gens capables ne vous sortent pas des formules lamentables juste pour se dédouaner de leur rôle. La démocratie n?est-elle qu?un vain slogan dans ce pays ? Qu?une tentative vaudevillesque de quelques mauvais acteurs publics qui ne sont là que parce qu?ils ont su jouer de la crédulité d?une partie des électeurs ? Si être le roi des médiocres suffit à donner un sens à la vie, alors il y aurait dans ce pays plus de rois que de sujets...

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