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Secousses au trust de l?université de Maurice

27 mars 2008, 00:00

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L?existence du University of Mauritius (UOM) Trust pose problème. La direction rencontre aujourd?hui tous les membres enseignants de l?institution dans le souci d?éclaircir certains points litigieux. En parallèle, certains membres de ce trust se demandent si son fonctionnement répond aux pratiques de bonne gouvernance.

Urmilla Boolell, conseil juridique, chargée de veiller aux implications légales de ce trust, a d?ailleurs démissionné il y a quelques jours en indiquant, dans un mail à la direction de l?université, qu?elle est «unable to ascertain whether the board is being run in accordance to its objects and provisions of the law». Contactée, elle n?a pas souhaité faire de commentaires sur les motifs de sa démission.

A la direction, l?on donne la réplique et l?on assure que tout est fait selon les procédures établies. «Elle a demandé des informations détaillées sur certaines affaires du trust qui n?étaient pas nécessaires pour elle en tant qu?enforcer. Il y aurait également eu conflit d?intérêt si elle demeurait conseillère légale de cette entité tout en étant enforcer. Quand on lui a montré cela, peut-être que c?est à ce moment-là qu?elle a pris sa décision.»

Tim Taylor, membre du Management Committee du trust, a, pour sa part, démissionné d?un sous-comité responsable de la collecte de fonds pour l?UOM Trust. «Je n?ai pas pris mes distances du trust, mais j?ai fait part de mon intention de ne plus siéger sur le sous-comité», confirme Tim Taylor.

<B>Situation économique difficile</B>

L?histoire de ce trust remonte au 19 octobre 2006, jour de la signature de l?acte constitutif de cette structure créée pour tenter de générer des fonds pour l?UOM en situation économique difficile. Un moyen pour réclamer des frais de scolarité (tuition fees) aux étudiants avec l?autorisation du ministère de l?Education et de la Tertiary Education Commission.

Trois institutions ont été créées à travers ce trust : l?International Business School (opérationnel depuis l?année dernière), la Medical School et l?Institute of Information Technology, ces deux dernières pas encore opérationnelles. Pour certains, les institutions créées sous ce trust font de l?ombre à l?université, d?autant plus que les étudiants inscrits sous l?UOM Trust évoluent sur le campus du Réduit et partagent les mêmes salles de classe que les autres.

D?autres n?apprécient guère que les enseignants (lecturers) qui y travaillent à temps partiel touchent bien plus que ceux qui font du part-time à l?université alors que les cours sont presque identiques. «Une personne qui enseigne à temps partiel à l?International Business School touche Rs 1 200 par heure. A l?université, le tarif est de Rs 600 à Rs 800. Il y a une inégalité. Nous voulons que le même tarif soit appliqué à tout le monde sans distinction», déclare Dinesh Hurreeram, président de l?University of Mauritius Academic Staff Association. Cette situation viendrait «créer deux catégories de lecturers».

Soodarshan Jugessur, président du conseil d?administration de l?université et président du UOM Trust, est conscient de la levée de boucliers. «Il y a beaucoup de méfiance à l?intérieur de l?université par rapport à cette entité. Certains croient qu?on a créé cela pour satisfaire des besoins personnels même si on a mis des gens responsables à la tête de ce trust.»

<B>«Financement de projets»</B>

Outre Soodarshan Jugessur lui-même, les autres trustees sont sir Edouard Lim Fat, Arnaud Dalais, Culdip Basanta Lala.

Les protectors sont sir Hamid Moollan, Ramesh Basant Roi et Neerunjun Gopee.

Ce trust a été mis sur pied dans le seul intérêt de l?université, indiquent ses défenseurs. «Les revenus serviront à financer des projets spécifiques. C?est un moyen que nous avons trouvé pour générer plus de fonds pour développer les infrastructures de l?université», assure Soodarshan Jugessur.

Quant à la différence de traitement entre les enseignants dans les deux entités, il concède que c?est une raison de mécontentement. «C?est en effet un des griefs majeurs. Demain (NdlR aujourd?hui), nous allons essayer de trouver une solution. Si nous n?arrivons pas à trouver un consensus, on va devoir supprimer ce privilège. Je précise cependant qu?il est tout à fait justifié de payer davantage les lecturers à temps partiel du trust parce que l?effort fourni n?est pas le même.»

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