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L?aile anti-Jugnauth rassemble 35 députés

25 mars 2008, 00:00

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Dans l?après-midi de l?inoubliable 22 mars 1983, l?aile anti-Jugnauth/Boodhoo, menée par les onze ministères démissionnaires, parvient à rassembler une majorité de 35 députés. Cela n?empêche pas le Premier ministre en titre et en fonction, Anerood Jugnauth, d?annoncer son projet de nommer un autre gouvernement et sa présomption qu?il contrôle toujours une majorité parlementaire.

On doit, toutefois, se garder d?extrapoler et même « extrapauler » abusivement sur ces 35 députés, même si le Parlement compte alors 66 membres, grâce à l?ajout des quatre députés correctifs (sur base ethnique) : Duval, Nicole François, France Roussety et Michael Glover. Ces 35 députés MMM, Ruhee et Seenyen compris, ne sont pas forcément anti-Jugnauth. On peut compter, parmi eux, des députés, voulant connaître les raisons du mécontentement des ministres démissionnaires, avant de se ranger dans l?un des deux camps pro- ou anti-Bérenger. Ainsi participe à cette réunion le ministre Diwakar Bhundun qui a assisté à l?une des deux réunions pré-démission collective, qui n?a pas signé celle-ci, qui se considère toujours ministres et qui avoue ne pas savoir quel parti prendre.

Le cas Bhayat est encore plus amusant. Il entend parler d?une réunion de ministres MMM. Il entrouvre la porte, se rend compte que seuls les ministres pro-Bérenger et anti-Jugnauth sont présents et repart sans demander son reste. Il est, avec Jugnauth, le seul ministre MMM à ne pas participer à cette réunion des 35.

N?en font pas aussi partie le ministre Jaddoo, en vadrouille au Zimbabwe et le Speaker Alan Ganoo, également en vadrouille à Londres, laissant la décisive présidence parlementaire au PSM Ajay Daby, qui donnera, en ce 22 mars 1983, un ruling contre Bérenger et en faveur de Parsooramen, en s?appuyant toutefois sur un précédent pro-Parsooramen de Ganoo.

N?en font pas aussi partie Goburdhun (ayant pourtant participé aux travaux parlementaires) et les députés suivants, absents du Parlement en cette journée pourtant historique : Finlay Salesse, Anil Gayan, Madan Dulloo (tiens ! tiens !) et Régis Finette. Si vous voulez connaître la raison de leur absence, il faut la leur demander.

Bérenger, porte-parole du groupe anti-Jugnauth, explique ensuite à la presse, qu?à la base de cette contestation il y a l?absence d?esprit d?équipe et de leadership au sein du gouvernement. Les démissionnaires et contestataires envisagent même l?imminence de nouvelles élections législatives. Ils pourraient provoquer celles-ci en démissionnant également du Parlement. Ils veulent, toutefois, permettre à la présente Législature, celle des 60-0, de voter, au préalable, un énième amendement constitutionnel pour permettre des nationalisations, sans recours judiciaire possible. Cela concerne plus particulièrement la nationalisation des avoirs de l?ancienne Vacoas Transport (asphyxiée par qui vous savez) au profit de la CNT naissante.

Bérenger situe les événements répétitifs de cet inoubliable 22 mars dans le contexte d?une accumulation de frustrations et de mécontentements, dus aux attitudes anti-militantes du PSM, que soutient un Jugnauth qui, par crainte de demeurer l?esclave de Bérenger, est en train de devenir celui d?Harish Boodhoo, preuve s?il en faut qu?il peut y avoir des vice-PMs plus puissants que des PMs. La preuve : la révocation de Gaëtan Essoo aussi inqualifiable que celle de Matou Delaître, dont elle est la copie conforme, au point de comporter, toutes deux, la griffe d?Harish Boodhoo. C?est la goutte d?eau qui fait déborder un vase d?amertume. Trahissant peut-être un secret de cabinet, Bérenger révèle que le 10 mars 1983, le conseil des ministres s?oppose au limogeage de Gaëtan Essoo.

Un climat de méfiance, presque maladif, s?installe dans la cervelle de Jugnauth, allègue Bérenger. Les onze ministres démissionnaires avaient le choix entre un nouvel arrangement au sein du gouvernement MMM-PSM, une démission collective pour forcer à de nouvelles législatives et se mettre sur la touche des back-benchers en attendant l?amendement constitutionnel précité. Pour l?heure, les anti-Jugnauth/Boodhoo optent pour cette troisième éventualité. Affaire à suivre.

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