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L?autopsie n?a pas élucidé la mort de Chantal Sébire

23 mars 2008, 20:00

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L?autopsie du corps de Chantal Sébire n?a pas permis d?élucider pour le moment les causes de sa mort, dans l?attente d?examens complémentaires, a annoncé en fin de semaine le procureur de la République de Dijon (Côte d?Or). «Pour l?instant, rien dans le corps de madame Sébire n?a été découvert pouvant justifier le décès», a déclaré Jean-Pierre Alacchi lors d?un point de presse.

«Cela veut dire que nous n?avons pas retrouvé d?hémorragie, nous n?avons pas retrouvé d?infarctus, ou une hémorragie cérébrale qui aurait pu expliquer le décès», a-t-il ajouté. Chantal Sébire venait de se voir refuser par la justice une aide à mourir.

Atteinte d?une tumeur rarissime et incurable aux sinus et à la cavité nasale ? une esthésioneuroblastome ?, qui la défigurait et la faisait atrocement souffrir depuis huit ans, cette mère de trois enfants, âgée de 52 ans, avait médiatisé depuis plusieurs semaines son sort.

Jean-Pierre Alacchi a indiqué qu?une analyse toxicologique devrait permettre d?établir ultérieurement les causes de la mort de l?ex-enseignante.

Il a précisé que celle-ci prendrait encore «plusieurs semaines» et que plusieurs substances avaient été retrouvées dans le corps de Chantal Sébire, qui prenait «un certain nombre de médicaments.»

Le magistrat a souligné que Chantal Sébire était extrêmement affaiblie et que la tumeur dont elle souffrait «la rongeait et l?affaiblissait de jour en jour. Mais il n?est pas impossible qu?elle aurait pu vivre encore quelques jours», a-t-il dit.

Le parquet de Dijon avait ordonné jeudi dernier l?autopsie de Chantal Sébire, retrouvée morte mercredi à son domicile. La décision d?effectuer ces examens aurait été prise par précaution, le médecin qui constaté le décès ayant refusé de délivrer un permis d?inhumer.

L?avocat de Chantal Sébire, Gilles Antonowicz, avait dénoncé par avance la décision d?effectuer une autopsie. «S?il y a eu une autopsie, je pense qu?on contrevient aux principes les plus élémentaires, ce n?est pas respecter le deuil de la famille, le corps de madame Sébire», a-t-il dit sur RTL.

«Je trouve ça tout à fait révoltant», a-t-il ajouté. Chantal Sébire disait vouloir être conduite vers la mort, en accord avec ses enfants et réclamait qu?on permette à son médecin de famille de lui administrer une dose mortelle de pentothal.

Un juge de Dijon avait repoussé lundi dernier sa requête, estimant qu?elle se heurtait au code de déontologie médicale, qui interdit à un médecin de donner délibérément la mort, et au code pénal, qui fait de la provocation au suicide une infraction.

Cette affaire a relancé le débat en France sur l?euthanasie.

Mercredi dernier, le Premier ministre, François Fillon, avait demandé au député Jean Léonetti de réévaluer sa loi de 2005 sur la fin de vie, qui reste méconnue et peu appliquée.

Le porte-parole du gouvernement, Luc Châtel, a expliqué que la législation en vigueur «permettait aujourd?hui de traiter 90 % ou 99 % des cas», mais qu?il fallait aussi «bien sûr prendre en compte les cas qui sont les plus douloureux, comme celui de Chantal Sébire.»

Laurent Fabius, député Socialiste de Seine-Maritime, a présenté une proposition de loi permettant à des patients qui le souhaitent, dans des cas très précis, de bénéficier d?une «aide active à mourir».

Cette initiative vise «à autoriser, préciser et conditionner le droit de finir sa vie sans déchéance et dans le libre consentement», a expliqué l?ancien Premier ministre.

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