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L?Etat redynamise le secteur manufacturier

23 mars 2008, 00:00

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Les entreprises manufacturières se sentent en danger. Et le gouvernement a décidé de réagir. Et ce, pratiquement au même moment que l?Association des manufacturiers mauriciens (AMM) qui exprimait ses griefs lors de sa 13e assemblée générale jeudi dernier. Le Conseil des ministres a donc décidé, vendredi soir, de mettre sur pied une Task Force public-privé pour se pencher sur leur restructuration afin de mieux servir le marché domestique local.

Ceci dans le cadre de l?élimination des tarifs douaniers et la menace que représente le marché libre pour les opérateurs mauriciens.

À la tête de cette initiative, Amédée Darga, président d?Enterprise Mauritius, et Mahmood Cheeroo, secrétaire général de la Chambre de commerce et d?industrie de Maurice. « La libéralisation de l?économie mauricienne est l?une des retombées de la réforme entamée en 2006. Et la réduction des tarifs douaniers à l?importation en a résulté », explique Amédée Darga. « Face à une compétition venue de l?extérieur, les entreprises mauriciennes seront appelées à être restructurées pour faire face à de nouveaux défis. »

Ainsi, la Task Force a pour but d?accélérer le processus par des séries de mesures à mettre sur place. À travers des audits de gestion, l?instance proposera de faire des diagnostics des manufacturiers locaux. Pour ensuite proposer les supports requis. « Ces supports pourront être sous la forme d?un appui technique, financier, ou encore des propositions du cadre légal à redéfinir », poursuit Amédée Darga. Et les entreprises manufacturières visées évoluent dans les secteurs de l?agro-industrie, de l?industrie, des métaux légers, de la menuiserie ou encore de la chimie.

Pour Mahmood Cheeroo, il est trop tôt pour parler des mesures d?encadrement. « Mais dans notre proposition de principe, nous offrons d?encadrer des secteurs qui subissent un changement, pour mieux passer le cap. » Et le modèle de cette Task Force n?est pas une nouveauté. Car auparavant, face à l?effondrement de l?accord multi-fibre, une instance public-privé destinée à accompagner les entreprises du textile ? la Textile Emergency Support Team (TEST) ? avait été mise sur pied.

La différence cette fois-ci, comme le relève Mahmood Cheeroo, c?est que « ce n?est pas qu?un secteur que nous visons, l?approche est plus complexe ».

Et à chaque secteur ses particularités. À l?instar du secteur des manufacturiers de chaussures locaux, comme Dev Santchurn, directeur de Manisa Co. Ltd, fabricant des chaussures du label Julien R. « Notre problème réside dans la disponibilité des matières premières et nous sommes à la merci des fournisseurs, car notre marché est petit. Nous ne pouvons négocier sur les tarifs », explique-t-il.

Ajouté à cela, il y a le problème de main-d??uvre qualifiée. « Nous sommes prêts à considérer et à accueillir toutes les mesures qui nous aideront à surmonter nos problèmes », assure-t-il. Une prédisposition que ne partageront toutefois pas tous les opérateurs, comme l?a démontré l?expérience de la TEST.

« Tout changement apportera une résistance »</B>

« Les entreprises sont indépendantes. Nous leur proposerons des solutions, mais nous ne pourrons pas les forcer à les adopter », explique Mahmood Cheeroo. « Nous ne pouvons que les sensibiliser aux nouveaux défis auxquels elles auront à faire face. Mais nous sommes conscients que tout changement apportera une résistance. »

Une résistance qui aura coûté cher dans le secteur du textile à l?époque de la TEST. Car ceux ayant choisi de faire cavaliers seuls ont fini par être consumés par le marché. Et face aux défis qui menacent aujourd?hui le secteur manufacturier, les propositions de restructuration et d?accélération de cette Task Force arriveront à point pour de nombreux manufacturiers mauriciens qui commencent à s?essouffler déjà.

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