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La roupie forte préoccupe les industriels

19 mars 2008, 00:00

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L?appréciation de la roupie suscite des inquiétudes. Cette appréciation, qui résulte de l?entrée de l?investissement direct extérieur (IDE), a un effet assez négatif sur certains secteurs d?exportation tels que le seafood et le textile, à en croire les opérateurs de ce secteur. Ali Parkar président du groupe Star Knitwear Ltd, estime « qu?il faudrait contrôler et balancer la roupie». «Il ne faut pas que notre politique d?ouverture de l?économie vienne détruire notre base industrielle». D?autant plus, ajoute Ali Parkar, qu?il y a des transferts des fonds à cause du taux d?intérêt bancaire très intéressant.

Son opinion est partagée par Evert Liewes, managing director de Princes Tuna (Mauritius) Ltd qui, avec Thon des Mascareignes Ltd, est une des plus grosses unités de traitement de poisson et autres produits de la mer.

«Nous sommes inquiets mais ce n?est pas encore la panique. Toutefois, si la roupie devient encore plus forte, il faudra que les autorités prennent des mesures pour préserver la compétitivité de nos produits», souligne Evert Liewes.

Le directeur de Princes Tuna concède que l?IDE est bénéfique au pays. «C?est vrai que dans le passé quand la roupie se dépréciait, l?industrie manufacturière en a bénéficié. Maintenant que la roupie s?apprécie, la situation est différente. Nous ne pouvons pas gagner à tous les coups mais si la roupie devient encore plus forte, la situation sera préoccupante. L?appréciation de la roupie a un effet sur le secteur manufacturier, en particulier les coûts d?opération.»

Evert Liewes est d?avis que plus la composante salaire dans les coûts d?opération est élevée, plus l?entreprise tournée vers l?exportation est affectée. «Nous avons des coûts qui dépassent les budgets que nous avions prévus.»

Eric Ng Ping Cheun, directeur de la firme de consultants PluriConseil, explique l?influence de l?IDE sur l?économie. «L?IDE a un impact sur les entrées de devises, sur l?appréciation de la roupie et sur la création d?emplois et de transfert de technologies. Cela a un effet multiplicateur sur divers secteurs ? tourisme transport, commerce et l?immobilier, par exemple. Si des sociétés mondialement connues viennent s?implanter à Maurice, cela rehausse l?image du pays sur le plan international.»

À son avis, les missions de promotion à l?étranger pour encourager l?investissement donnent des résultats concluants. On ne peut empêcher des devises d?entrer dans le pays car nous prônons une politique de libre mouvement de capitaux.

Investir à l?étranger</B>

La vente de villas de luxe aux étrangers fortunés en particulier dans le cadre des projets de l?Integrated Resorts Scheme (IRS) génère un important flux de capitaux étrangers. «On ne peut pas contrôler les capitaux qui entrent. Si le gouvernement le fait, ce serait envoyer un mauvais signal à la communauté internationale. Le gouvernement n?est pas là pour protéger un secteur particulier. Je suis contre le protectionnisme».

Dans ce contexte, Eric Ng Ping Cheun estime qu?il appartient au secteur privé de trouver des opportunités pour investir à l?étranger. Cela réduirait la pression sur la banque centrale pour racheter le surplus de devises que les banques commerciales ne peuvent absorber. Ce rachat permet à la banque centrale de maintenir l?équilibre sur le marché des changes. Mais elle ne pourra pas continuellement faire de telles opérations qui entraînent des coûts importants.

<B>Surplus de Rs 13,8 mds à la balance de paiements </B>

■ La balance de paiements pour 2007 a enregistré un surplus de Rs 13,8 milliards. Cela est attribué à l?expansion dans le compte des services et le mood positif de l?investissement.

Les estimations provisoires pour 2007 indiquent que le compte courant de la balance des paiements a enregistré un déficit moins élevé de Rs 12,4 milliards comparé au déficit de Rs 19,3 milliards en 2006. Par rapport au produit intérieur brut, le déficit du compte-courant en 2007 représente 5,4 % comparé à 9,4 % en 2006. Par contre le déficit au niveau du commerce dans la balance des paiements s?est détérioré, passant de Rs 34,5 milliards en 2006 à Rs 44,1 milliards en 2007. Cela est le résultat de la hausse des importations par rapport à la chute dans les exportations. L?achat des avions exclu, les importations ont augmenté de 9,1 %, passant de Rs 101 milliards en 2006 à Rs 110 milliards en 2007. Les exportations ont diminué de 6,2 %, passant de Rs 74 milliards en 2006 à Rs 69 milliards en 2007. Néanmoins, les surplus dans les comptes des services attribués principalement à la hausse des recettes touristiques en 2007 ont dans une grande mesure aidé à atténuer le déficit commercial croissant.

Les investissements directs ont en 2007 atteint Rs 8,8 milliards, contre Rs 3 milliards en 2006.

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