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Clivage ethnique

19 mars 2008, 00:00

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Clivage ethnique

Par Raj MEETARBHAN</B>

On assiste actuellement à une recomposition de la scène politique qui rappelle deux tristes précédents. Il existe en effet le danger que le pays se dirige, une fois de plus, vers un réalignement des forces politiques susceptible d?aboutir à une polarisation ethnique. On a connu cela à deux reprises au cours de notre histoire politique, en 1967 et en 1983. A chacune de ces occasions, le clivage ethnique qui en est résulté a mis en péril la stabilité sociale du pays.

Diverses déclarations faites depuis la révocation du ministre Dulloo, le refus de quelques politiciens de commenter les développements politiques et une analyse objective des forces présentes sur l?échiquier indiquent que la trame des législatives de 2010 est déjà tissée. Elle laisse entrevoir, d?une part, la constitution d?une plate-forme PTr-MSM et, de l?autre, le ralliement autour du MMM de quelques partis satellites. Si ce scénario se concrétise effectivement, elle créera une dynamique communale qui laissera des séquelles de la même ampleur que lors des deux épisodes similaires que l?on a connus dans le passé. La nation s?en trouvera affaiblie.

Qui peut feindre de l?ignorer ? En 1967 et en 1983, c?est le facteur communal qui avait déterminé le comportement électoral de la population. La plupart des partis politiques avaient alors ressorti des slogans destinés à enflammer les esprits plutôt que de présenter des projets de société clairs. Si une alliance Ramgoolam-Jugnauth doit affronter un camp mené par Paul Bérenger en 2010, il n?est pas difficile de prévoir le glissement que cela va occasionner.

Ayant abandonné toute intention de rechercher un compromis avec le MSM de Pravind Jugnauth, le MMM se sent obligé de trouver une formule qui reste compatible avec les réalités sociales du pays. Il est disposé à accepter l?artifice qui consiste à offrir une moitié du mandat premier ministériel à Paul Bérenger, en cas d?alternance, et l?autre à un dirigeant possédant un profil disons plus traditionnel. Madan Dulloo est apte à jouer ce rôle, mais ce n?est pas certain que le MMM, dans son ensemble, consentira à lui offrir un tel cadeau.

A ce stade, la situation au sein de l?opposition MMM reste confuse. Et il semble très difficile de faire émerger un leader qui prendra la relève de Paul Bérenger après deux ans et demi si son camp remporte les législatives. Lalit a raison de signaler dans son analyse de la situation politique que «klerman pena okenn propozisyon ferm depi MMM, kuma serten medya finn anonse. Alor, Madan Dulloo kapav pe zwenn klib Ashok Jugnauth, Raj Dayal ek Dinesh Ramjuttun. E tusala pu definitivman amenn fristrasyon parmi potansyel ?premye-ministrab? dan MMM».

De plus, seule une méconnaissance du système de représentation proportionnelle peut pousser à croire qu?elle encouragera des alliances post-électorales et évitera la polarisation ethnique. Alors, sommes-nous destinés à vivre l?horreur d?une campagne communale ?

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