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Une ascension Fulgurante

16 mars 2008, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Il a seulement 32 ans. Et il vient d?être nommé manager d?un grand hôtel en Irlande, l?hôtel Burlington. C?est que le jeune homme n?a pas chômé.

Après ses études secondaires au Collège du Saint-Esprit, il travaille pendant trois ans en tant que journaliste sportif et agent de support clientèle. Vite, il découvre que les emplois de bureau sont loin de lui convenir. C?est le challenge qu?il veut. Ayant de la famille dans l?hôtellerie, peu de temps après, le choix est clair. Il va faire un diplôme à l?Ecole hôtelière d?Ebène. En 1999, il débarque à l?hôtel Saint-Géran. L?hôtel étant en rénovation, on lui donne sa chance bien qu?il n?ait pas d?expérience. En tant que Quality Assurance Coordinator. Où il travaille sur les nouveaux standards et les procédures de service de l?hôtel. De là, il est promu au poste de Duty Manager, où il travaille pendant trois ans.

Non content de cela, il veut maintenant acquérir une expérience internationale. Il arrive à obtenir un stage en gestion à l?hôtel Hilton d?Atlanta aux Etats-Unis, qui comporte 560 chambres. Après trois mois, il est promu Housekeeping Manager et Front Office Manager après douze mois. Il y reste un an et demi. Une fulgurante ascension. Qu?il met modestement sur le compte d?un très bon coaching du directeur de l?hôtel.

En raison de restrictions sur son visa, il doit revenir à Maurice. Il se joint alors au Sands Resort en tant que Rooms Division Manager en 2004. Pendant neuf mois. Où son équipe et lui changent et améliorent les services.

En novembre 2004, on lui offre l?opportunité d?aller en Ukraine. Sa mission : transformer une propriété de luxe en un établissement cinq-étoiles, tout en faisant un membre de l?organisation Leading Hotels of the World (LHW). Elle regroupe environ 450 meilleurs hôtels, lieux de vacances et spas au monde. A Maurice, quatre hôtels appartiennent à cette organisation. Notamment le Touessrok, le Saint-Géran, le Royal Palm et le Taj Exotica.

L?équipe parvient également à rendre l?hôtel profitable après deux années d?activités. Fort de ce succès, les propriétaires décidèrent alors d?acheter une nouvelle propriété à Kiev, la capitale ukrainienne. Ils font de nouveau confiance à Praveen. Même un peu plus que d?habitude. Car il est nommé manager de l?hôtel. Peu de temps après, l?hôtel obtient son affiliation au LHW. Seulement six mois plus tard, l?hôtel est élu «Meilleur nouvel hôtel d?affaires d?Europe».

En septembre 2007, Praveen est approché par un nouvel investisseur ukrainien pour implémenter sur une période de deux mois le deuxième plus grand système informatique au monde dans un hôtel en Ukraine. Il comporte 2 500 chambres, réparties dans neuf propriétés hôtelières.

«L?Ecole hôtelière n?est plus en mesure d?accueillir plus d?étudiants. Les cours doivent se tourner vers les plus hauts niveaux : le branding, la gestion des revenus?»</I>

En décembre 2007, il regagne Maurice. D?où il fut de nouveau contacté par un de ses ex-directeurs. Son nouveau défi: rénover une propriété rachetée au prix record de 288 millions d?euros. La propriété en question : l?hôtel Burlington à Dublin. Un grand défi quand on pense que tous les pronostics tendaient vers la démolition de cet hôtel, qui est pourtant l?un des plus célèbres du pays. La réouverture est prévue pour la fin du mois prochain.

Un tel parcours a bien évidemment demandé des sacrifices énormes. «Quand vous passez des jours, des nuits, des semaines, des mois sur un projet, vous avez tendance à mettre de côté votre vie familiale et personnelle?» Mais Praveen ne s?en plaint pas outre mesure. Etant du genre à prendre la vie du bon côté. Il a son «enfant», Léo, un toutou de six mois.

Praveen, envisage-t-il de revenir dans son île Maurice malgré son éclatant succès à l?étranger ? Il répond par un grand oui. «C?est l?objectif même de ma carrière. Que je compte réaliser dans les deux prochaines années, à moins qu?un bon challenge survienne avant.» Si tel n?est pas le cas, Praveen compte avec l?aide d?hôteliers professionnels étrangers, mettre sur pied une compagnie qui s?occuperait de la gestion de projets hôteliers avec des experts-conseil.

Revenant chaque trois ans à Maurice., Praveen a eu le temps de faire la comparaison entre l?hôtellerie mauricienne et celle d?ailleurs. Praveen cite une différence majeure : un plan de succession que font les expatriés pour les gens du pays. «De sorte qu?après quelque temps, vous pourrez être remplacé par quelqu?un du pays. Je n?ai jamais rien entendu de tel à Maurice.»

Il trouve aussi que notre hôtellerie a beaucoup changé. «Principalement par le fait que maintenant, nous y trouvons beaucoup de jeunes. Mais, malheureusement, ils n?ont pas eu une véritable opportunité de suivre des cours plus poussés? d?où mon opinion que certains hôtels n?ont pas le niveau de service voulu.» Et quid de notre objectif d?atteindre deux millions de touristes par an d?ici 2015 ? Le trouve-t-il réaliste ? «Très». Affirmation toutefois accompagnée de conditions.

«Il est temps pour les gouvernants de se réveiller : l?Ecole hôtelière n?est plus en mesure d?accueillir plus d?étudiants, les cours doivent se tourner vers les plus hauts niveaux comme le branding et la gestion des revenus? Les petits gâteaux lors des spectacles de tournée ne sont pas ce qu?il nous faut pour attirer les deux millions de touristes. Il faut des idées nouvelles...»

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