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Affaire Air Mauritius : Derek Taylor obtient le non-lieu
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Affaire Air Mauritius : Derek Taylor obtient le non-lieu
La cour intermédiaire a prononcé, hier, un non-lieu en faveur de Derek Taylor, Chief Executive Officer du groupe Rogers de 1984 à 1999. Il était soupçonné de complot pour commettre une fraude au préjudice d?Air Mauritius. Cela dans le cadre d?une enquête sur le détournement de Rs 85 millions des caisses de la compagnie nationale d?aviation entre 1981 à 1999.
Les magistrats Benjamin Marie-Joseph, Nicolas Ohsan-Bellepeau et Renuka Dabee ont trouvé qu?il n?y a pas suffisamment de preuves contre l?ancien patron du groupe Rogers. Quant à la demande de non-lieu de Robert Rivalland, elle a été rejetée. L?audience a été reportée au jeudi 13 mars.
Les magistrats se sont appuyés en grande partie sur le témoignage de Gérard Tyack, ex-directeur financier d?Air Mauritius. Ce dernier a été condamné à deux ans de prison pour détournement de Rs 85 m au préjudice de la compagnie d?aviation nationale. Il avait indiqué que bien qu?il fût au courant de l?existence d?un special fund, Derek Taylor ignorait tout de son fonctionnement. «De plus, le fonds a été créé avant qu?il n?assume le poste de Chief Executive Officer de Rogers», peut-on lire dans le jugement.
L?ancien directeur financier d?Air Mauritius avait soutenu qu?en 1981, sir Harry Tirvengadum lui avait confié que sir Seewoosagur Ramgoolam (SSR) voulait qu?il soutienne financièrement le journal Advance, organe de presse du Parti travailliste à l?époque. Tirvengadum, a-t-il déclaré, lui avait alors demandé de créer un fonds pour qu?il puisse donner de l?argent à SSR.
Gérard Tyack et Robert Rivalland auraient ainsi décidé que des commissions spéciales seraient versées à Rogers sur les vols d?Air Mauritius pour Londres. Vu que l?argent récolté était insuffisant, une commission spéciale avait été créée sur les vols pour l?Afrique du Sud.
Selon Gérard Tyack, les commissions ont été versées à ce fonds pour la première fois en octobre 1981 afin de financer Advance. Mais par la suite, l?argent du fonds a été utilisé pour engraisser les salaires de certains dirigeants. Le fonds aurait également servi à financer les élections municipales et générales.
Deux conspirations distinctes
Gérard Tyack avait, en outre, indiqué, lors de sa déposition en tant que témoin à charge, qu?il ne se souvient pas avoir mis Derek Taylor au courant de l?utilisation de ces fonds. Derek Taylor avait, de son côté, indiqué à la police qu?il signait de nombreux chèques quotidiennement et qu?il faisait confiance à ses managers.
Il a soutenu qu?il ignorait tout des allégations de fraude jusqu?à ce que Jack Bizlall lui eut fait parvenir une lettre. Son avocat, Me Maxime Sauzier, a lui aussi fait référence à la confiance que faisait ce dernier à ses employés en signant ces chèques.
Par ailleurs, les arguments avancés par l?homme de loi de Robert Rivalland, Me Guy Ollivry, n?ont pas convaincu les trois magistrats siégeant en cour intermédiaire dans le cadre de cette affaire, Benjamin Marie-Joseph, Nicolas Ohsan-Bellepeau et Renuka Dabee.
L?avocat avait soutenu que l?acte d?accusation contre son client, tel qu?il était rédigé, fait état de deux conspirations distinctes. La première, au sujet du complot entre Philippe Rivalland et sir Harry Tirvengadum, concernant la mise en place d?un mécanisme pour détourner des fonds au préjudice d?Air Mauritius. Et la deuxième faisant état que les deux ont comploté avec Gérard Tyack. «Ce qui est inadmissible», avait-il déclaré.
Me Guy Ollivry avait aussi avancé que son client allait être privé de son droit constitutionnel à un procès équitable car, en l?absence de la version de sir Harry, les déclarations de Gérard Tyack en cour ne relèvent que du ouï-dire.
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