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Affable technocrate...

12 mars 2008, 00:00

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Stimulateur de croissance. C?est ainsi que Thabo Mbeki a été considéré pendant de longues années. Président de l?Afrique du Sud depuis 1999, il a contribué à la plus longue période de croissance qu?ait connue l?Afrique du Sud grâce à sa politique centriste. Toutefois, aujourd?hui, la croissance économique a été revue à la baisse et le moral de la population et du monde des affaires est en berne. Thabo Mbeki semble vivre une fin de règne difficile car son image vue parfois comme celle de quelqu?un de distant, semble prendre le dessus ? justifiant ainsi le fait qu?il n?ait jamais pu réduire la pauvreté qui touche le pays.

Un ancien journaliste se souvient d?une entrevue organisée pour la presse lors de la dernière visite du président sortant à Maurice. «L?entrevue s?est déroulée dans des paramètres très stricts. Je me souviens de quelqu?un d?affable et de très prudent dans ses paroles.»

Pour beaucoup toutefois, Mbeki, c?est l?intellectuel lointain qui s?est d?abord préoccupé de la croissance économique avant de s?occuper de ses pauvres. D?ailleurs, Mbeki est vu comme un économiste conservateur doué pour la politique politicienne interne mais «loin d?être à l?aise avec les foules». Pour beaucoup, le chef de l?Etat privilégie une nouvelle bourgeoisie noire. C?est d?ailleurs du milieu des affaires et des classes moyennes que Mbeki trouve ses meilleurs alliés.

«Son profil en tant que ?façonneur de politiques? et médiateur dans l?ANC s?est construit durant son engagement.»

Une crise énergétique secoue le pays depuis l?an dernier ? et devrait se poursuivre jusqu?en 2013 ? la société nationale d?électricité ayant admis qu?elle ne pouvait répondre à la demande. Même les excuses publiques du président n?ont pas suffi à calmer les mécontents. Son refus de faire face au virus du sida, qui cause pas moins de 800 morts par jour dans le pays, en niant le lien entre le virus et la maladie, est encore une raison pour les Sud-Africains de le croire loin de leur réalité.

Après deux mandats consécutifs, Thabo Mbeki n?a pas cherché à prolonger son mandat cette fois, particulièrement après son échec à la conférence de Polokwane en décembre 2007, où les membres de son parti lui ont préféré Jacob Zuma comme président du Congrès national africain (ANC). Le même Jacob Zuma que Mbeki avait lui-même limogé comme vice-président en 2005 à la suite d?accusations de corruption et de viol dont il a fait l?objet.

Les dernières années du président sortant au pouvoir ont quelque peu déçu. Après avoir placé son premier mandat sous le signe de la «renaissance africaine» ? en rendant aux Africains leur fierté et leur indépendance et en établissant de nouvelles relations avec les pays développés ? les actions n?ont pas suivi. Les hôpitaux publics et les écoles se dégradent, la corruption s?étend?

En revanche, le président sud-africain a toujours respecté les institutions de son pays. De même, contrairement à beaucoup d?autres sur le continent africain, il n?a jamais fait face à quelque allégation d?enrichissement personnel.

Issu d?une famille d?activistes, Thabo Mbeki dit qu?il est «né dans la bataille». «Son profil en tant que ?façonneur de politiques? et médiateur dans le mouvement s?est construit durant son engagement d?une vie», peut-on lire sur le site de l?ANC. Son père était un diplômé de l?université et le petit Thabo a lu beaucoup de ses ouvrages dès son plus jeune âge. En fait, Govan Mbeki était une personnalité reconnue dans les activités de l?ANC. Aussi, sentant qu?ils pouvaient être arrêtés d?un moment à l?autre, les parents du président sortant demandèrent à leurs proches d?élever leurs enfants. C?est ainsi que Thabo Mbeki est longtemps resté loin de chez lui.

Né en juin 1942 à Idutywa, Transkei, il a fait son entrée en politique à l?âge de 14 ans en adhérant à la Ligue des jeunes de l?ANC avant de s?exiler du pays en 1962 à la suite de l?interdiction du parti. Après un court passage en Tanzanie, il s?envole pour la Grande-Bretagne où il en profite pour décrocher un diplôme en économie à l?université du Sussex avant de rejoindre Moscou pendant trois ans.

Son rôle est indéniable dans le combat contre l?apartheid en impliquant les médias internationaux ainsi que les Blancs sud-africains dans la bataille. C?est ainsi tout naturellement que Nelson Mandela le choisit comme premier vice-président du nouveau gouvernement d?unité nationale après les élections générales de 1994. Deux ans plus tard, Thabo Mbeki devint le seul vice-président après le retrait du parti national du gouvernement d?unité nationale.

Le président sud-africain est accompagné de son épouse, Zanele Dlamini, durant ce voyage officiel à Maurice. Marié depuis 1974 à cette militante anti-apartheid, Thabo Mbeki est père de deux enfants.

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