Publicité

Le choix

12 mars 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

La mission du FMI à Maurice tire à sa fin. Lors de sa conférence de presse, même si l?institution monétaire internationale n?a pas révélé son point de vue sur la roupie forte, tout laissait croire que Paul Mathieu et son équipe n?ont guère approuvé la politique de change de la roupie par rapport à certaines devises. La politique du FMI étant, dans la plupart des pays où il intervient, d?inciter à la dévaluation de la monnaie locale pour encourager la croissance par la relance de l?exportation et le rééquilibrage de la balance commerciale. Il faut dire qu?une roupie forte n?a jusque-là arrangé personne.

D?abord les exportateurs mauriciens ont été les premières victimes. Le textile, comme toute la zone franche, a vu ses produits devenir de moins en moins compétitifs comparés à ceux de ses concurrents. Les exportateurs de textile, pour ne citer qu?eux, craignent une baisse de leurs recettes face à l?agressivité de pays comme la Chine, l?Inde, le Bangladesh, la Turquie, le Maroc, Hong Kong, le Sri Lanka, avec lesquels ils sont en rude compétition.

Le tourisme non plus ne s?est pas réjoui de l?appréciation de la roupie. La dépréciation du dollar, de l?euro et de la livre sterling face à la roupie rend la destination Maurice plus chère et remet en question, l?objectif de croissance annuelle de touristes. Ces derniers devront débourser plus pour les mêmes biens et services qu?avant.

Les consommateurs mauriciens ne sont guère mieux lotis. Les prix des biens importés sont restés élevés malgré une forte roupie. Le contraire aurait été la chose la plus raisonnable. Mais les importateurs ne semblent pas pressés de partager leurs avantages de change avec les consommateurs. Par contre, ils répercutent promptement l?inflation importée sur les prix de leurs produits?

Face à cette situation, l?on se demande si la politique d?une roupie forte arrange la majorité des Mauriciens. Difficile de répondre, quand l?on remarque que certains secteurs ayant été à la base de la croissance économique l?année dernière sont en perte de vitesse et risquent d?affecter la croissance économique des années futures.

En définitive, une roupie stable profiterait mieux aux Mauriciens car elle relancerait les activités de la zone franche et fouetterait mieux le secteur touristique. Dans ces secteurs, de nouveaux emplois pourront être créés. L?épargne des ménages s?accroîtrait avec leur revenu. Même si la situation inflationniste ne s?arrange guère. Mais tant pis. Roupie forte ou pas, le pire fait déjà partie, de toute façon, du quotidien des consommateurs mauriciens.

Nico PANOU

Publicité