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Recommencer à zéro après la fièvre porcine
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Recommencer à zéro après la fièvre porcine
Cela faisait treize ans qu?il avait fait grandir son cheptel à St-Martin. Mais cet homme, aujourd?hui âgé de 40 ans, a vu son travail détruit depuis l?année dernière, à cause de la peste porcine. Burty Lafolle ne désespère pas. Il entend bien tout recommencer ; surtout après l?annonce jeudi dernier d?une aide financière de Rs 100 millions octroyées aux éleveurs de porcs.
Pourtant, les 372 porcs qu?élevait Burty Lafolle, en collaboration avec sa nièce, ont été abattus par mesure de précaution à cause de la présence de la fièvre porcine. Son épouse Véronique, employée de bureau, se souvient encore des débuts de son mari. «On avait acheté deux mamans ?pleines? et avec le temps on en est arrivé à 372 animaux.»
«Li ti conten so elevaz plis ki so zenfan»</B>
Avec les mesures prises par l?Etat, Burty Lafolle reçoit en ce moment Rs 6 500 cha-que mois. Une somme qu?il partage mensuellement avec sa nièce. Il enchaîne aussi les petits boulots. «La mo travay couma manev mason pendan enn ou de zour. Me sa li pa mo profesyon», confie Burty Lafolle.
A l?origine, il prévoyait de rembourser ses dettes au mois de décembre dernier. «Mo ti ena enn loan bank developmen ek mo fini dir oficie la ki mo pou fini payy mo loan», explique l?éleveur. Au fil de ses treize années dans le secteur de l?agro-industrie, il avait déjà rencontré certaines difficultés. «Ek mo diabet, travayy ti tombe enn lepok ek nou tinn bizin pren loan lor nom mo madam.» Ajouté à l?emprunt pour le camion, les fins de mois sont devenues serrées.
Il est facile de deviner que son élevage manque à Burty Lafolle. Son épouse raconte en riant que «li ti pe pren cont so lelvaz plis ki so zenfan». Chaque jour, sans exception, il était déjà en route pour St-Martin à six heures pour ne rentrer chez lui vers 20 heures. «Ek si enn mama pe met ba, de zer ou trwa zer di matin, mo bizin ale», souligne l?éleveur. Sa femme et leur fille Bélagie, âgée de 11 ans, aidaient à St-Martin les week-ends.
<B>«On les prenait, les fouettait...»</B>
Avant d?être abattus par mesure de précaution, les animaux du couple Lafolle étaient en quarantaine. «Moi je n?ai pas pu y aller quand le camion ?à gueule? est venu les prendre. On les prenait, les fouettait dans un camion pour ensuite les jeter dans un trou», explique Véronique Lafolle qui ne s?est toujours pas rendue à St-Martin depuis. Son mari, lui, a dû être présent mais n?a «pas regardé». Au moment de l?abattage, l?élevage des Lafolle comptait 90 nouveaux-nés qui étaient toujours dans la section maternité.
Aujourd?hui, Burty Lafolle attend de reprendre sa vie d?éleveur. «Nous n?allons faire que de l?engraissage désormais. Et on attend les animaux de ceux qui font la reproduction», affirme-t-il. Véronique Lafolle, explique que «le secteur va être professionnalisé et les activités réparties».
Dans un premier temps, ils attendent que les «sentinelles» soient élevées. «Ce sont de petits animaux avec lesquels on pourra faire le test et savoir si la maladie est encore là», résume Burty Lafolle.
Avec le travail qui pourra bientôt reprendre, Burty Lafolle a du mal à cacher son soulagement. Une reprise de l?élevage représente la fin d?un épisode qu?il souhaite surmonter. «Tout ça, c?est beaucoup de stress. Tous les soirs, vous vous réveillez à onze heures, minuit. La journée vous voulez vous garder occupé et ne pas être seul parce que vous ne pouvez penser qu?à ça et qu?il n?y a que ça dans votre tête.» Croyant et pratiquant, il ne peut évoquer ces difficultés sans remercier Dieu. Il explique que c?est aussi un soutien offert au sein de la fédération des éleveurs de porcs qui l?a aidé. «Il faut absolument que je remercie Paul Raya et Danielle Turner, sans qui ça n?aurait pas été pareil», insiste Burty Lafolle qui ne cache pas non plus sa reconnaissance envers l?Etat.
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