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L?Histoire se répète : Miss France pourtant au poil, déchue

6 mars 2008, 20:00

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Il n?y a pas comme la relecture des journaux, d?il y a un quart de siècle, pour retrouver une brûlante actualité, contemporaine à notre année de grâce 2008. Un exemple parmi cent autres : les présents malheurs de la Miss France en titre (?), réunionnaise d?origine, répondant au doux nom de Bègue, Valérie. L?on ignore rien de ses tribulations avec l?intransigeante Dame au panama blanc, Mme de Fontenay. Son crime : avoir posé en tenue légère, pour dire le moins, avant son couronnement.

Cette faiseuse de reine (Queen Maker) veut bien la déchoir de sa récente royauté mais ne peut le faire car une once de démocratie, sinon davantage, s?est glissée dans cette royale désignation dans la République française, laïque, une et indivisible. Un sondage, sinon un mini-référendum, auprès, entre autres, des téléspectateurs et autres accrocs de la petite lucarne, aurait, dit-on, plébiscité l?accession de cette fille de Saint-Louis (la commune réunionnaise et non le saint patron du diocèse de Port Louis, connu pour son amour des croisades) au titre de Miss France. De ce fait, les partenaires de la Maison Miss France à ce concours de reines de beauté ont objecté à la destitution de cette Valérie Bègue, assez au poil pour attirer les paparazzi autant que les filles de Melpomène et d?Achélos (que nous confondons si aisément avec de simples mais troublantes sonneries d?alarme).

En mars 1983, une affaire semblable, à quelques détails près, se passe. Isabelle Turpault est la Miss France en titre, après avoir été Miss Paris. La voilà qui perd sa couronne, ou plus exactement son diadème. Les organisateurs de ce concours de beauté lui reprochent d?avoir posé dans la tenue de notre mère Eve, avant le péché originel. Aucune photo d?Isabelle Turpault, posant dans le plus simple appareil, n?est pourtant publiée. Mais, bien renseignés, ces organisateurs savent que leur Miss France a donné son royal agrément à leur publication. Trop c?est trop, disent-ils. Son agrément ressemble par trop au célébrissime «Prend ma couronne, je te la donne...» Ils prononcent donc sa déchéance, selon la formule rituelle, à demi-empruntée à Henri de Montherlant et de son talent : «La reine est morte !Vive la reine !» La nouvelle reine est Miss Bordeaux et se nomme Frédérique... Leroy. Cela ne s?invente pas. Elle a 19 ans comme la Turpault mais autant celle-ci est brune, celle-là est blonde à croquer.

Mais qui est ce garde des sots, ce premier Tartuffe d?une France assez pudibonde pour ne pouvoir contempler un sein même en photo ? Il s?agit tout bonnement de Xavier de... Fontenay, devant mourir par la suite. Son trépas donne droit alors à une passation de pouvoir conjugale, selon le rituel consacré : «Le Fontenay est mort ! Vive la Fontenay». Et voilà pourquoi l?histoire des Miss France, sinon bégaie, du moins se répète Valérie Bègue, qui ne crache pas sur les clips naturistes ou presque, sinon les poses dénudées, parvient mais de justesse à sauver son pot, contenant couronne, diadème, écharpe, mais pas son contenu, lait composé de toute la mise en valeur de ce titre (participation aux concours internationaux de beauté, promotions événementielles cum Miss France). En d?autres mots, là où est la De Fontenay, Miss France a intérêt à briller par son absence car celle-là ressemble davantage, en bordée d?insultes, au capitaine Haddock, sinon à son ancêtre Rackham Le Rouge, qu?à la Castafiore. En d?autres mots, la Bègue a du pot mais seulement du pot. Et qu?est-ce qu?un pot sans crème ?

L?histoire de France se répète. Nous en voulons pour preuve que notre Métropole pré-1810 est en pleine campagne électorale pour les municipales. Jean Delaître, directeur de la MBC déchu, en raison de l?opération lève paquet allé, chasse aux sorcières initiée dans les jours qui suivent la victoire militante du 11 juin 1982, se mue en journaliste à la pige pour couvrir, de Paris, ces élections municipales de France et de Navarre. Leurs premiers et seconds tours ont lieu les 6 et 13 mars (les fameuses ides, fatales à César). Quelque 36 390 communes sont concernées. Selon leur population, elles ont droit à entre neuf et 69 conseillers municipaux. Quelque 2 804 communes seulement ont une population supérieure à 3 500 habitants, soit l?équivalent d?un de nos villages les plus modestes. Paris a droit à 163 conseillers, Marseille à 101 et Lyon à 73. Jacques Chirac est de nouveau en lice pour la mairie de Paris. Paul Quilès ne fait pas le poids contre lui car n?ayant pas la popularité d?un Bertrand Delanoë. Notons qu?à Montmartre, Alain Juppé et Lionel Jospin s?affrontent. A Marseille, Gaston Deferre est debout face à Jean Claude Gaudin. Ce dernier compte sur les scandales à répétition sur la Cannebière pour s?emparer du fief defferriste. Dans l?espoir de sauver au moins les meubles, Gaston, comme Paulette, sillonne, à bicyclette, les ruelles de la ville de la Bonne Mère. Jacques Chaban-Delmas est donné indéracinable à Bordeaux, la ville dont la Miss, Frédérique Leroy, vient d?être couronnée Miss France. Souhaitons à celle-ci d?être moins déracinable que l?infortunée Isabelle Turpault.

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